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Poésie

Archive for 6 novembre 2017

La tour Eiffel (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



La tour Eiffel

Mais oui, je suis une girafe,
M’a raconté la tour Eiffel.
Et si ma tête est dans le ciel,
C’est pour mieux brouter les nuages,
Car ils me rendent éternelle.
Mais j’ai quatre pieds bien assis
Dans une courbe de la Seine.
On ne s’ennuie pas à Paris :
Les femmes, comme des phalènes,
Les hommes, comme des fourmis,
Glissent sans fin entre mes jambes
Et les plus fous, les plus ingambes
Montent et descendent le long
De mon cou comme des frelons.
La nuit, je lèche les étoiles.
Et si l’on m’aperçoit de loin
C’est que très souvent, j’en avale
Une sans avoir l’air de rien.

(Maurice Carême)

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Seine, va (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



Seine, va

S’il faut que tu partes pars, pars mon ami(e)
Du jour où l’on vient le départ est promis
L’amour a glissé à travers mes anneaux
Je n’ai pas su fermer les doigts sur ton eau

Seine va
Tu me quittes déjà
Seine va
Je ne te retiens pas

Tu dois t’en aller quand moi je t’aime encor
Je suis dans ma barque enchaîné à ton bord
Je vois chaque instant t’éloigner de ma rive
La goutte est partie une autre goutte arrive

Sur ta peau je pêchais avec ce roseau
Cette canne que je glissais sur tes eaux
Après moi plus loin des pêcheurs inconnus
Dans ce même flot vont plonger leurs bras nus

Même en t’en allant tu sembles t’arrêter
Dis-moi si tu vas vraiment de ce côté
Dis-moi si tu vas un jour me revenir
Dis-moi si déjà tu n’es qu’un souvenir

Cette eau dans mes yeux cette eau sur mon visage
Vient-elle de toi vient-elle des nuages
Vient-elle du fleuve en larmes sous les cieux ?
Elle vient de moi cette eau-là dans mes yeux

Seine va
Tu me quittes déjà
Seine va
Je ne t’oublierai pas

(Guy Béart)

 

 

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Montmartre (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



 

moulin_rouge

Montmartre

Dans une bouteille de champagne
Pigalle:
Une rose de néon
A l’aube
Tombent
Les pétales.

***

Montmartre

Pigalle:
A neon rose
In a champagne bottle.
At dawn
The petals
Fall.

(Langston Hughes)

Illustration

Illustration: ArbreaPhotos

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SAINTE CHAPELLE (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017




SAINTE CHAPELLE

Monte la plus fine
Taille de Paris
Robe de dauphine
Le dessin suffit
Le geste d’ondine
La reine des gris

Ami, disait Blanche
Qu’amour ne t’enivre
Sourire de l’ange
Qui lit dans le livre
Louis fait vendange
Les oiseaux sont ivres

Sainte libellule
Le roi peut entrer
Sans lampe qui brûle
Mon coeur est gardé
Dieu dans ma cellule
Ne fait que chanter.

(Henry Bauchau)

Illustration

 

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Sonnet (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

C’est le temps de la ville. – Oh ! lorsque l’an dernier,
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J’entends encore au vent les postillons crier),

Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J’allais revoir l’hiver. – Et toi, ma vie, et toi !

Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme
Je saluais tes murs. – Car, qui m’eût dit, madame,
Que votre coeur sitôt avait changé pour moi ?

(Alfred de Musset)


Illustration: Robert Doisneau

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De sa grande amie (Clément Marot)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017




De sa grande amie

Dedans Paris, ville jolie,
Un jour, passant mélancolie,
Je pris alliance nouvelle
À la plus gaie damoiselle
Qui soit d’ici en Italie.

D’honnêteté elle est saisie,
Et crois, selon ma fantaisie,
Qu’il n’en est guère de plus belle
Dedans Paris.

Je ne vous la nommerai mie,
Sinon que c’est ma grand amie;
Car l’alliance se fit telle
Par un doux baiser que j’eus d’elle,
Sans penser aucune infamie,
Dedans Paris.

(Clément Marot)

Illustration: Robert Doisneau

 

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Une voix (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017


 


 

Temple_de_l'Amour_sur_Île_de_la_Jatte

Une voix

Un signal une voix opiacée
tombes
sans fleurs.
J’ai touché le fer noir
et l’acier
des carrosses aux chevaux
suspendus.
Paris ne se réveille pas
de cette nuit
où je t’ai attendu…
enchaîné à des gouttes de pluie
suspendu à l’oeil fixe
d’un pigeon.

(Balbino)

 

 

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Tout dort. Le fleuve antique … (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



Notre Dame

Tout dort. Le fleuve antique entre ses quais de pierre
Semble immobile. Au loin s’espacent des beffrois.
Et sur la cité, monstre aux écailles de toits,
Le silence descend, doux comme une paupière.

Les palais et les tours sur le ciel étoilé
Découpent des profils de rêve. Notre-dame
Se reflète, géante, au miroir de mon âme.
Et la Sainte-Chapelle a l’air de s’envoler ! …

Tout dort dans les maisons où regarde la lune.
Et ceux-là qu’éreinta la vie et son travail
Jouissent, poings fermés, leur somme de bétail
Ou galopent furieux la course à la fortune.

Pour moi, je veille, l’âme éparse dans la nuit,
Je veille, coeur tendu vers des lèvres absentes,
Parmi la solitude aux brises caressantes,
Et la lune à travers les arbres me conduit.

Paris est recueilli comme une basilique ;
À peine un roulement de fiacre, par moment,
Un chien perdu qui pleure, ou le long sifflement
D’une locomotive – au loin – mélancolique.

Le silence est profond, comme mystérieux.
La nuit porte l’amour endormi sous sa mante
Et je n’entends plus rien dans la cité dormante
Que ton haleine frêle et douce, ô mon amante,

Qui fait trembler mon coeur large ouvert sous les cieux.

(Albert Samain)

 

 

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A comme Love (Liska)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



A comme Love

Bitume aux semelles
Les yeux dans les nuages
Le coeur a l’abri
Sous le parapluie
De ton amour
Je bats la campagne
A Paris

(Liska)

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L’oiseau rare (Gérard Bialestowski)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



L’oiseau rare

Sur un banc devant la gare
du Nord
j’ai trouvé un oiseau rare
pas un ara en or
un oiseau de parade
ou de paradis
mais un oiseau de Paris
un pi un pi
un pigeon pardi

(Gérard Bialestowski)

 

 

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