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Poésie

Archive for 7 novembre 2017

AU MILIEU DU FLEUVE (Tchang-Tsi)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



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AU MILIEU DU FLEUVE

Dans mon bateau, que le fleuve balance,
sans brusquerie, je me promène, tant que le jour dure.
Et je regarde l’ombre des montagnes, dans l’eau.
Je n’ai plus d’autre amour, que l’amour du vin,
et ma tasse pleine est en face de moi.

Aussi mon coeur est rempli de gaîté.
Autrefois, il y avait dans mon coeur plus de mille chagrins ;
mais à présent :
Je regarde l’ombre des montagnes, dans l’eau.

(Tchang-Tsi)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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JE PENSE A TOI… (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



Settei Hasegawa 1878 (DameJouantduKoto A

JE PENSE A TOI…

Je pense à toi, jeune fille aux belles joues,
et je ne dors plus.

Dans ma chambre, il y a une petite boîte de laque noire.
Combien de fois ai-je plongé ma bouche dans cette bouche d’ombre,
depuis que tes mains l’ont touchée!

Un jour de printemps, j’ai acheté cette boîte dans la boutique de ton père,
et c’est toi qui me l’as remise.

Je n’ignore pas que je suis laid.
Si je t’avouais mon amour, jusques à quand rirais-tu?

Je voudrais être la brise.
Je pourrais m’enrouler autour de toi,
sans que tu me reconnaisses

Comme je serais humble, et soumis, et tendre,
si tu me permettais de te parler!

(La Flûte de Jade)

Illustration: Settei Hasegawa

 

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L’OMBRE D’UNE FEUILLE D’ORANGER (Tin Tun Ling)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



L’OMBRE D’UNE FEUILLE D’ORANGER

Seule dans sa chambre,
Une jeune fille brode des fleurs de soie
Elle entend soudain le son d’une flûte lointaine…
Elle tressaille.
Elle imagine un jeune homme lui parlant d’amour

À travers le papier de la fenêtre,
L’ombre d’une feuille d’oranger se pose sur ses genoux…

Elle ferme les yeux.
Et rêve qu’une main déchire sa robe.

(Tin Tun Ling)

Illustration: Julie Grugeaux

 

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Une seule fois (Nuno Júdice)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



Aron Wiesenfeld l

 

Une seule fois

l’amour a suspendu sa phrase ;
une seule fois
le fleuve a débordé sur la berge ;
une seule fois
les astres se sont éteints ;
une seule fois
j’ai entendu le silence des vents.
Le hasard
ne conjugue pas les coïncidences :
il les résout
dans un échange de regards que les amants avaient cru
éternel
Et je descends cette page
jusqu’au bout de la rue
– en vain.

Le bureau de tabac
A fermé ce soir,
Seulement une fois
– la dernière fois.

(Nuno Júdice)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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L’OUTRAGE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



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L’OUTRAGE

Un soir de lune,
j’avais suspendu à sa porte une guirlande de fleurs de pommier,
puis j’avais fait exhaler à mon luth un chant d’amour.

Le lendemain, je l’ai rencontrée.
Des oeillets rouges, qui poussent dans le jardin de mon voisin,
paraient sa robe.

Je me suis enfermé dans ma demeure;
j’ai brisé mon luth, et j’ai pleuré

(La Flûte de Jade)

 

 

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Je ne suis qu’un murmure derrière tes pas (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

Je ne suis qu’un murmure
derrière tes pas
le bruit d’une guerre des fleurs
au milieu de la nuit
le silence qui ouvre
son tournesol géant
dans l’oreille du forgeron
la mousse verte obscure qui pousse
sur les moignons d’un arbre

si la grâce de vivre d’amour
me manquait un jour
la grâce de parler d’amour
serait mon offrande

(Luis Mizón)

 

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AU BAS DES JARDINS DE SAULES (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

AU BAS DES JARDINS DE SAULES

Au bas des jardins de saules je t’ai rencontrée, mon amour.
Tu passais les jardins de saules d’un pied qui est comme neige.
Tu me dis de prendre l’amour simplement, ainsi que poussent les feuilles,
Mais moi j’étais jeune et fou et n’ai pas voulu te comprendre.

Dans un champ près de la rivière nous nous sommes tenus, mon amour,
Et sur mon épaule penchée tu posas ta main qui est comme neige.
Tu me dis de prendre la vie simplement, comme l’herbe pousse sur la levée,
Mais moi j’étais jeune et fou et depuis lors je te pleure.

***

DOWN BY THE SALLEY GARDENS

Down by the salley gardens my love and I did meet ;
She passed the salley gardens with little snow-white feet.
She bid me take love easy, as the leaves grow on the tree;
But I, being young and foolish, with her would not agree.

In a field by the river my love and I did stand,
And on my leaning shoulder she laid her snow-white hand.
She bid me take life easy, as the grass grows on the weirs;
But I was young and foolish, and now am full of tears.

(William Butler Yeats)

Illustration: Claude Monet

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Je verrai dans tes yeux (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

(…)

Je verrai dans tes yeux l’universel amour,
Dans les miens tu liras la millénaire attente,
Nous sentirons en nous cette sève exaltante
Qui de chaque jour fait le jour.

Enfin nous comprendrons la splendeur de la vie,
Le besoin qui s’y vient confondre de la mort,
Et la marche éternelle — et dont rien ne dévie —
Vers un éternel âge d’or.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Alexander Sulimov

 

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Il suffit d’un rien (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

Il suffit d'un rien

Il suffit d’un rien

Il y a du merveilleux à voir
en allant voir derrière les yeux
Du silence à entendre en ouvrant l’oreille
entre rêve et sommeil
De l’infini à caresser dans la céleste
chaleur animale de l’amour

Il suffit d’un rien,
d’un éclair,
d’un instant toujours trop aveuglant,
toujours indéchiffrable

(Michel Camus)

Illustration

 

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Malheur à qui chérit sans qu’on l’aime en retour (Adam Mickiewicz)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

Malheur à qui chérit sans qu’on l’aime en retour;
Plus malheureux qui souffre en son coeur froid et vain;
Mais celui est surtout pauvre entre les humains
Qui, n’aimant plus, ne peut oublier son amour.

Dès qu’un rire effronté, d’impudiques atours
Éveillent son plaisir — le souvenir revient.
Et s’il rencontre un ange, il fuira son chemin,
N’osant lui faire don d’un coeur fané et lourd.

Ainsi — plein de mépris, de regrets qui le minent,
Fuyant l’amour profane et les amours divines,
A leur approche il sent tout espoir le quitter.

Et son coeur est pareil à ces temples en ruines,
Ébréchés par les vents, par les pluies effrités,
Où Dieu ne venant plus, l’homme n’ose habiter.

(Adam Mickiewicz)
Illustration: ArbreaPhotos

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