Arbrealettres

Poésie

Archive for 16 novembre 2017

Le soleil mollement surgit… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
Le soleil mollement surgit…

Le soleil mollement surgit et se dilate
Comme une énorme fleur qui lentement s’étale
Et qui soudain parmi les prés mouillés éclate,
Eparpillant au loin ses rougeâtres pétales.

Le marais fume où l’eau mélancolique râle
Etendant sous les joues une moire écarlate,
Et la confuse vase intensément exhale
Dans le vent une odeur de baume et d’aromate

Puissante et qui vous met des baisers sur les lèvres.
Le paysage est plein de langueur et de fièvre
Ainsi que mon désir de troubles rêveries;

Et le songe est si doux dont la langueur m’obsède,
Que je me sens dans la nuit, avec leur parfum tiède,
S’effeuiller sur mon coeur des roses attendries.

(Marie Dauguet)

 

 

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L’odeur de délices (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Vincent van Gogh
    
L’odeur de délices

L’odeur de délices
S’évapore et glisse
Des bois qui pourrissent,

Odeur ténébreuse
Des glèbes tourbeuses
Que l’averse creuse,

Parfum lourd d’extase
Qui lent s’extravase
Des prés pleins de vase.

Secret qu’on épelle,
Rousse odeur d’aisselle,
Planez comme une aile.

Folle odeur d’étreinte
Qu’octobre suinte,
Je bois ton absinthe

Emdolorissante;
Dans ma chair fermente,
Odeur éloquente.

Désir, Désir, est-ce,
Subtile rudesse,
Ton geste qui blesse?

Divines blandices,
Odeur de délices
Des bois qui pourrissent,

Jusqu’à la torture
J’aime ta brûlure,
Volupté obscure.

(Marie Dauguet)

 

 

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Et ces odeurs… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration
    
Et ces odeurs…

Et ces odeurs où la divinité habite,
Odeur de sombre mousse, odeur de scolopendre
Près des ruisseaux vaseux, odeur autant qu’un mythe
Transparente, dont l’âpreté nous vient surprendre

Et violer! Bras noués, torse, cheveux rudes
Sur mes lèvres, chair folle à la mienne enlacée,
Fauve évocation peuplant la solitude
Pour une feuille d’or que le vent a froissée.

Pourquoi ce baiser lourd et qui me martyrise
Reste-t-il à ma bouche embaumé et tenace
Parce que dans la brume où la lande s’enlise
Un peu d’herbe se fane? Ame sanglante et lasse

Autant que la nature ensanglantée et lasse,
Ame avide, à travers ces parfums je devine
Les soupirs du Désir, je le sens qui m’embrasse
Comme un amant pressant son front sur ma poitrine.

(Marie Dauguet)

 

 

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Bien que déjà ce soir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Albert Ritzberger
    
Bien que déjà ce soir

Bien que déjà, ce soir
L’automne
Laisse aux sentes et aux orées,
Comme des mains dorées,
Lentes, les feuilles choir,
Bien que déjà l’automne,
Ce soir, avec ses bras de vent,
Moissonne,
Sur les rosiers fervents
Les pétales et leur pâleur,
Ne laissons rien de nos deux âmes
Tomber soudain avec ces fleurs.

Mais tous les deux, autour des flammes
De l’âtre en or de souvenir,
Mais tous les deux, blottissons-nous,
Les mains au feu et les genoux.

Contre les deuils cachés dans l’avenir,
Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin,
Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin,
Blottissons-nous, près du foyer,
Que la mémoire en nous fait flamboyer.

Et si l’automne obère
A grands pans d’ombre et d’orages planants,
Les bois, les pelouses et les étangs,
Que sa douleur du moins n’altère
L’intérieur jardin tranquillisé,
Où s’unissent, dans la lumière,
Les pas égaux de nos pensées

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

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