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Poésie

Archive for 28 novembre 2017

La Carte Du Tendre (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
La Carte Du Tendre

Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d’émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S’ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le coeœur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d’écueils et de mirages
De l’amour et de ses tourments

Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d’infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C’est le désert de l’habitude
L’ennui y a tout dévasté

Quand la route paraît trop longue
Il y a l’escale du mensonge
L’auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l’on s’enivre d’amertume
L’orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l’on repart à l’infini
Où l’on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l’on peut s’étendre
La terre promise de l’oubli

(Georges Moustaki)

 

 

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Il y avait un jardin (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Michèle Tahon   adam et eve

Il y avait un jardin

{Parlé}
C´est une chanson pour les enfants
Qui naissent et qui vivent entre l´acier
Et le bitume entre le béton et l´asphalte
Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin

Il y avait un jardin qu´on appelait la terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n´était pas le paradis ni l´enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu

Il y avait un jardin une maison des arbres
Avec un lit de mousse pour y faire l´amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours.

Il y avait un jardin grand comme une vallée
On pouvait s´y nourrir à toutes les saisons
Sur la terre brûlante ou sur l´herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n´avaient pas de nom.

Il y avait un jardin qu´on appelait la terre
Il était assez grand pour des milliers d´enfants
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus,
Où est cette maison toutes portes ouvertes
Que je cherche encore et que je ne trouve plus.

(Georges Moustaki)

Illustration: Michèle Tahon

 

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Ma solitude (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (61)

Ma solitude

Pour avoir si souvent dormi
Avec ma solitude
Je m´en suis fait presqu’une amie
Une douce habitude
Ell’ ne me quitte pas d´un pas
Fidèle comme une ombre
Elle m´a suivi ça et là
Aux quatre coins du monde

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Quand elle est au creux de mon lit
Elle prend toute la place
Et nous passons de longues nuits
Tous les deux face à face
Je ne sais vraiment pas jusqu’où
Ira cette complice
Faudra-t-il que j´y prenne goût
Ou que je réagisse?

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Par elle, j´ai autant appris
Que j´ai versé de larmes
Si parfois je la répudie
Jamais elle ne désarme
Et si je préfère l´amour
D´une autre courtisane
Elle sera à mon dernier jour
Ma dernière compagne

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude
Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

(Georges Moustaki)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

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Sans la nommer (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Igor Morski (10)

Sans la nommer

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d´elle
Comme d´une bien-aimée,
D´une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
A des lendemains qui chantent
Sous le soleil.

{Refrain:}
C´est elle que l´on matraque,
Que l´on poursuit que l´on traque.
C´est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C´est elle qu´on emprisonne,
Qu´on trahit qu´on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu´au bout, jusqu´au bout.

Je voudrais, sans la nommer,
Lui rendre hommage,
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui trame en liberté
Ou bon lui semble.

{Refrain}

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d´elle.
Bien-aimée ou mal aimée,
Elle est fidèle
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l´appelle
Révolution Permanente!

{Refrain}

(Georges Moustaki)

Illustration: Igor Morski

 

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L’homme au cœur blessé (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Pablo Picasso - The Old Guitarist (1903) 00

L’homme au cœur blessé

Jour après jour, les jours s´en vont,
Laissant la vie à l´abandon.

Dans le jardin de l´homme au cœur blessé,
L´herbe est brûlée. Pas une fleur.
Sur l´arbre mort, plus rien ne peut pousser.
Rien que les fruits de sa douleur.

Les quatre murs de sa maison
N´abritent que l´absence
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?

Parfois, des larmes viennent abreuver
L´herbe brûlée du souvenir
Mais quel soleil pourra-t-il réchauffer
Les jours enfuis ou à venir?

Les quatre murs de sa maison
N´abritent que l´absence
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?

Jour après jour, les jours s´en vont,
Laissant la vie à l´abandon.

(Georges Moustaki)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Les muses (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Abdalieva Akzhan -  19

Les muses

Elles passent dans notre vie
Elles s´endorment dans nos lits
Nos amantes nos égéries
Les Muses

Qu´elles soient là pour un soir
Un mois un an ou pour toujours
Elles s´offrent avec amour
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Et nous donnent bien des idées
Les Muses

Elles hantent tous nos couplets
Nos guitares
Nos chevalets
Et font de nous ce qui les amuse

Par elles naissent des chansons
Des vagues à l´âme des passions
Des bonheurs et des grands frissons
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Et nous donnent bien des idées
Les Muses

Si par disgrâce elles s´enfuient
On peut sombrer dans l´insomnie
Le désert le vice et l´ennui
Qui usent

Mais à nous voir désespérés
Prises de remords et de regrets
Elles reviennent nous inspirer
Les Muses

Elles se laissent regarder
Elles se laissent dénuder
Elles nous donnent bien des idées
Les Muses

C´est à elles que je dédie
Ces mots cette mélodie
A mes amantes mes amies
Les Muses

(Georges Moustaki)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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La dame brune (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Barbara

La dame brune

Pour une longue dame brune, j´ai inventé
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets.
Si jamais elle l´entend un jour, elle saura
Que c´est une chanson d´amour pour elle et moi.

Je suis la longue dame brune que tu attends.
Je suis la longue dame brune et je t´entends.
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi.
Ta guitare, orgue de fortune, guide mes pas.

Pierrot m´avait prêté sa plume ce matin-là.
A ma guitare de fortune j´ai pris le la.
Je me suis pris pour un poète en écrivant
Les mots qui passaient par ma tête comme le vent.

Pierrot t´avait prêté sa plume cette nuit-là.
A ta guitare de fortune, tu pris le la,
Et je t´ai pris pour un poète en écoutant
Les mots qui passaient par ta tête comme le vent.

J´ai habillé la dame brune dans mes pensées
D´un morceau de voile de brume et de rosée.
J´ai fait son lit contre ma peau pour qu´elle soit bien,
Bien à l´abri et bien au chaud contre mes mains.

Habillée de voile de brume et de rosée
Je suis la longue dame brune de ta pensée.
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi.
A travers les monts et les dunes, j´entends ta voix.

Pour une longue dame brune, j´ai inventé
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets.
Je sais qu´elle l´entendra un jour, qui sait demain,
Pour que cette chanson d´amour finisse bien.

Bonjour, je suis la dame brune, j´ai tant marché.
Bonjour, je suis la dame brune, je t´ai trouvé.
Fais-moi place au creux de ton lit, je serai bien,
Bien au chaud et bien à l´abri contre tes reins.

(Georges Moustaki)

 

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Danse (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Danse

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Libre comme un poisson dans l´eau, comme un oiseau dans l´air,
Léger comme le vent qui danse dans les arbres
Ou le mât d´un bateau qui danse sous la vague.

Danse tant que tu peux danser sur les pavés, sur l´herbe,
Sur une table de bistrot, à l´ombre des tavernes.
Viens, laisse-toi porter par toutes les musiques
Qui sortent d´un piano ou d´un vieux tourne-disque.

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Danse dans les bras de Margot ou Julie de Nanterre,
Danse pour retrouver l´amour et la folie,
Danse pour éblouir ton âme qui s´ennuie.

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Pour ne plus porter sur ton dos la mort et la misère
Et tu verras jaillir les sources souterraines,
Et les torrents de joie qui coulent dans tes veines.

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Danse pour qu´un printemps nouveau balaye les hivers.
Danse comme l´on vit, danse comme l´on aime,
Danse comme on écrit sur les murs un poème.

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Danse tant que tu peux danser. Viens, le bal est ouvert!
Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Danse tant que tu peux danser. Viens, le bal est ouvert!
{Ad lib}

(Georges Moustaki)

Illustration

 

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Ce soir mon amour (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Kathryn Jacobi 09

Ce soir mon amour

Ce soir mon amour je ne t´aime plus
Tu es plus loin que la distance qui nous sépare
Et d´autant plus absente que tu n´es nulle part
Plus étrangère que la première venue

Ce soir mon amour je ne te cherche plus
Parmi mes souvenirs au fond de ma mémoire
Je ne t´attends plus sur le quai d´aucune gare
Je me souviens à peine t´y avoir attendue

Je sais que nous buvions du vin après l´amour
Que nos nuits commençaient quand se levait le jour
Comme un torrent d´ébène tes cheveux sur ton cou
Et ton regard meurtri quand tu fais les yeux doux

Ce soir mon amour je ne te trompe plus
Avec cette fille qui dort à mes côtés
J´étais seul je lui ai demandé de rester
Je suis seul très souvent et je m´y habitue

Ce soir mon amour tu ne me manques plus
Tu ne me manques pas il me manque d´aimer
De ne plus être inutile inanimé
De n´avoir rien à perdre et d´avoir tout perdu

Je connais ta folie je connais ta pudeur
Je sais qu´on se ressemble comme frère et sœur
Je connais ton odeur je connais ton parfum
Je te connais par cœur et je ne sais plus rien

De toi mon amour que je n´aime plus
Sans arriver à me sentir enfin libre
Pareil à un danseur qui perdrait l´équilibre
Comme un prince en disgrâce comme un ange déchu

(Georges Moustaki)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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Avec ma gueule de métèque (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

georges moustaki-en-1972

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Avec mes yeux tout délavés
Qui me donnent l´air de rêver
Moi qui ne rêve plus souvent
Avec mes mains de maraudeur
De musicien et de rôdeur
Qui ont pillé tant de jardins
Avec ma bouche qui a bu
Qui a embrassé et mordu
Sans jamais assouvir sa faim

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
De voleur et de vagabond
Avec ma peau qui s´est frottée
Au soleil de tous les étés
Et tout ce qui portait jupon
Avec mon cœur qui a su faire
Souffrir autant qu´il a souffert
Sans pour cela faire d´histoires
Avec mon âme qui n´a plus
La moindre chance de salut
Pour éviter le purgatoire

Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Je viendrai, ma douce captive
Mon âme sœur, ma source vive
Je viendrai boire tes vingt ans
Et je serai prince de sang
Rêveur ou bien adolescent
Comme il te plaira de choisir
Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d´amour
Que nous vivrons à en mourir

Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d´amour
Que nous vivrons à en mourir

(Georges Moustaki)

 

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