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Poésie

Archive for 2 décembre 2017

L’Important (Robert Gélis)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Illustration: Antony Lelgouarch
    
L’Important, c’est d’accrocher des rires
Aux branches sèches de la vie

(Robert Gélis)

 

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A fleur de ciel à fleur de nerfs (Zéno Bianu)(André Velter)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



    

à fleur de ciel
à fleur de nerfs

le coeur s’étend
à l’infini

c’est un écho
sur la lumière

qui prend l’inconnu
au bond

c’est à rêver
plus haut que vie

à aimer
jusqu’au coeur
du jour

il n’y a plus
à fleur de ciel
à fleur de nerfs

que le grand départ
au-dedans

il n’y a plus
à fleur de vie

que le grand départ
vers la nuit

une merveille d’azur
et de bleu

où se reconnaît
ce qui passe

avec le sourire
de l’horizon

où se perd
ce qui n’a jamais compté

à fleur de ciel
à fleur de nerfs

oomme au pays
qui dépayse

comme au secret
qui nous disperse

comme au vrai tremblement
jusqu’à douceur
de chute en soi

il y a ce qui est
c’est la chance
et le feu

à fleur de souffle
à fleur de voix

à fleur de nerfs
à fleur de ciel

(Zéno Bianu)(André Velter)

Recueil: Prendre feu
Editions: Gallimard

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Pourquoi mangeons-nous et buvons-nous autre chose que lumière ou feu ? (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Illustration: Ethan Cranke
    
Les dieux n’ont pas eu d’autre substance
que celle que j’ai moi-même.

J’ai, comme eux, la substance de tout ce qui a été vécu
et de tout ce qui reste à vivre.

Je ne suis pas seulement un présent,
mais une fugue torrentielle, de bout en bout.

Et ce que je vois, de part et d’autre, dans cette fugue
(avec des roses, des ailes brisées, de l’ombre et de la lumière)
n’appartient qu’à moi, souvenir et désirs
bien à moi, pressentiment, oubli.

Qui sait mieux que moi, qui,
quel homme ou quel dieu peut, a pu, ou pourra me dire à moi
ce que sont ma vie et ma mort, ce qu’elles ne sont pas ?

Si quelqu’un le sait, je le sais mieux que lui,
et si quelqu’un l’ignore, mieux que lui je l’ignore.

Une lutte entre cette ignorance et ce savoir,
voilà ma vie, sa vie, voilà la vie.

Passent des vents comme des oiseaux,
des oiseaux comme des fleurs,
des fleurs soleils et lunes,
des lunes soleils comme moi,
comme des âmes comme des corps,
des corps comme la mort et la résurrection ;
comme des dieux.

Et je suis un dieu sans épée,
sans rien de ce que font les hommes avec leur science ;
seulement avec ce qui est le fruit de la vie, ce qui change tout ;
oui, de feu ou de lumière, de lumière.

Pourquoi mangeons-nous et buvons-nous autre chose
que lumière ou feu ?

Si je suis né dans le soleil, et si de lui je suis venu ici dans l’ombre,
suis-je fait de soleil et comme lui ai-je le pouvoir d’éclairer ?

Ma nostalgie, comme celle de la lune,
est d’avoir été soleil d’un soleil un jour et de le refléter, sans plus, maintenant.

Passe l’iris en chantant comme moi.

Adieu iris, iris, nous nous reverrons,
car l’amour est un et seul
et il revient chaque jour.

***

Los dioses no tuvieron más sustancia
que la que tengo yo. Yo tengo, como ellos,
la sustancia de todo lo vivido
y de todo lo por vivir. No soy presente sólo,
sino fuga raudal de cabo a fin. Y lo que veo
a un lado y otro, en esta fuga,
rosas, restos de alas, sombra y luz,
es sólo mío,
recuerdo y ansia míos, presentimiento, olvido.
¿Quién sabe más que yo, quién puede,
ha podido, podrá decirme a mí
qué es mi vida y mi muerte, qué no es?
Si hay quien lo sabe,
yo lo sé más que ése, y si lo ignora,
más que ése lo ignoro.
Lucha entre este saber y este ignorar
es vida, su vida, y es la vida. Pasan vientos
como pájaros, pájaros igual que flores,
flores soles y lunas, lunas soles
como yo, como almas, como cuerpos,
cuerpos como la muerte y la resurrección,
como dioses. Y son un dios
sin espada, sin nada
de lo que hacen los hombres con su ciencia;
sólo con lo que es producto de lo vivo,
lo que se cambia todo; sí, de fuego
o de luz, luz. ¿Por qué comemos y bebemos
otra cosa que luz o fuego? Como yo he nacido
en el sol y del sol he venido aquí a la sombra,
¿sol del sol, como el sol alumbro?, y mi nostaljia,
como la de la luna, es haber sido sol
y reflejarlo sólo ahora. Pasa el iris
cantando como yo. Adiós iris, iris,
volveremos a vernos, que el amor
es uno solo y vuelve cada día.

(Juan Ramón Jiménez)

 

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Solitaire est la solitude (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Illustration: Kupka Frantisek
    
Solitaire est la solitude
Seul la trouve qui, solitaire
trouve la vague solitaire
de l’océan où il se perd.

(Juan Ramón Jiménez)

 

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Descends vers le néant (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



 

Illustration: Marie-Claude Aubry
    
Descends vers le néant, avec mon amour
comme sur la pente douce et verte
de cette rive vers la barque du soir;
en souriant distraite par des oiseaux de lumière,
avec ta main amoureuse et déprise
parmi les petites fleurs
fraîches du soleil couchant

***

Baja a la nada, con mi amor,
como por la pendiente dulce y verde
de esta orilla, a la barca de la tarde;
sonriendo, distraída, por pájaros de luz,
con tu mano amorosa y desasida
entre las floercillas
fescas de sol poniente.

(Juan Ramón Jiménez)

 

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Je vis libre (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



 

Illustration: Philippe Legoubin
    
Je vis libre,
au centre
de moi-même
M’entoure un moment
infini, avec tout -sans les nombres
encore ou déjà-
Éternel !

***

Vivo, libre,
en el centro
de mí mismo.
Me rodea un momento
infinito, con todo -sin los nombres
aún o ya-.
¡Eterno!

(Juan Ramón Jiménez)

 

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N’y touche plus (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




    
N’y touche plus ;
telle est la rose !

***

¡No le toques ya más,
que así es la rosa!
(Juan Ramón Jiménez)

 

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Nous sommes tissés (Zéno Bianu)(André Velter)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



 

Illustration: Henri Matisse
    
Nous sommes tissés, entretissés de mots.
et de ces mots la poésie est le plus haut trait d’union,
celui qui entend leur faire dire
ce qu’ils ne semblent pouvoir dire.
La poésie sans fin, fusionne coup de poing et caresse.
Elle prend corps de toutes mains et de toutes empreintes.

(Zéno Bianu)(André Velter)

 

Recueil: Prendre feu
Editions: Gallimard

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Qui sommes-nous ? (Zéno Bianu)(André Velter)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




    
Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous vraiment, au plus intime de notre vacillement
Des grains d’étoiles jetés à l’orée du sens et du non-sens ?
De la poussière d’anciennes lunes en éclipse ?
Des copeaux de mémoires qui saignent ?
Des veilleurs aussi silencieux qu’intarissables ?
Des décrypteurs pulsant une même intensité d’altitude ?
Des voltigeurs d’extase ?

Pour celui qui n’a de cesse de recomposer son propre puzzle
en le tendant vers l’infini
le « qui suis-je » n’est plus une simple question,
mais un état, une implosion créatrice, une profession de foi.

Qui suis-je ?

Rien d’autre que le murmure polyphonique de cela.
Une onde en quête de droitures essentielles.

(Zéno Bianu)(André Velter)

 

Recueil: Prendre feu
Editions: Gallimard

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Un passage (Zéno Bianu)(André Velter)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Illustration: Ernest Pignon-Ernest
    
Un passage à travers soi.
Un émoi quantique.

(Zéno Bianu)(André Velter)

 

Recueil: Prendre feu
Editions: Gallimard

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