Arbrealettres

Poésie

FLORENCE (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Florence 1

FLORENCE

I
Meurs, Florence, ô Judas,
Disparais dans les ténèbres séculaires !
A l’heure de l’amour, je t’oublierai,
A l’heure de la mort, je ne serai pas avec toi !

O belle, moque-toi de toi-même,
Car tu as perdu ta beauté !
Un rictus putride, un rictus de mort
A défiguré tes traits !

S’égosillent tes automobiles,
Sont hideuses tes maisons,
A la jaune poussière européenne
Pourquoi donc t’es-tu livrée !

Dans la poussière, tintent les vélocipèdes,
Là, où le saint moine fut brûlé,
Là, où Léonard a su percer les ténèbres,
Où Fra Beato un rêve bleu a rêvé !

Tu réveilles les Médicis somptueux,
Tu piétines tes propres lis,
Mais tu ne sais pas te faire renaitre,
De la poussière, de la cohue des boutiques !

Le long gémissement nasillard de la messe
Et l’odeur de cadavre des roses dans tes églises,
Tout le poids de la tristesse séculaire,
Disparais donc dans les siècles purificateurs !

IV
Les pierres surchauffées brûlent
Mon regard enfiévré.
Les iris brumeux, dans la fournaise
Semblent vouloir s’envoler.

O tristesse sans issue,
Je te connais par coeur !
Dans le ciel noir de l’Italie
Je mire mon âme noire.

(Alexandre Blok)

 

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