Arbrealettres

Poésie

LA MORT PARLE (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



LA MORT PARLE

Quand, par l’inquiétude vaincu,
Dans l’angoisse devenu fou,
Il désapprend à glorifier Dieu
Et des chants profanes se met à chanter.

Et puis, saisi de stupeur,
Soudain, il recouvre la vue,
Et l’essaim confus des visions d’antan
Le poursuit encore par moment.

Epuisé, il perd la juvénile
Ardeur de son jeune temps,
La vanité des souvenirs sacrés
Se lève devant lui lentement.

Il ne croit plus à rien,
Il ne cherche plus qu’à se leurrer,
Et, de lui-même, vers ma porte bienheureuse,
Mollement, il cherche le chemin.

Il a bien assez glorifié Dieu ;
Il n’est plus une voix, mais un gémissement :
Je lui ouvrirai. Mais encore un peu
Qu’il souffre donc auparavant !

(Alexandre Blok)

 

 

 

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