Arbrealettres

Poésie

Archive for 13 décembre 2017

LENTILLES VERT ÉMERAUDE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
LENTILLES VERT ÉMERAUDE

Au marché je lis
Lentilles vert émeraude

je reviens sur mes pas
et je lis
Lentilles vertes Eure-et-Loir

une troisième fois
qu’aurais-je lu
je ne sais pas

(Raymond Queneau)

 

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

DITES-MOI ZOÙ (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017



Illustration
    
DITES-MOI ZOÙ

Où sont les porteurs d’eau ?
où sont les petits savoyards ?
un jour on demandera où sont les mécanos
les motards les chauffards

ils seront tous partis
dans le passé

(Raymond Queneau)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CRIS DE PARIS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
CRIS DE PARIS

On n’entend plus guère le repasseur de couteaux
le réparateur de porcelaines le rempailleur de chaises
on n’entend plus guère que les radios qui bafouillent
des tourne-disques des transistors et des télés
ou bien encore le faible aye aye ouye ouye
que pousse un piéton écrasé

(Raymond Queneau)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VOIES (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017



Illustration
    
VOIES

Il y a des rues qui sont des tubes
et des qui sont des arceaux
y a des boulevards qui sont moches
d’autres des broches
sur quoi s’enfilent les autos
il y a des places dodécagonales
certaines proprement infernales
y a des avenues en forme de saucisson
quelques-unes où courent les hannetons
y a des canaux comme à Venise
des îles comme en Frise
des ponts des impasses des quais
des cours des chaussées des allées
quelle quelle quelle variété dans la voirie
de la ville de Paris

(Raymond Queneau)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PASSÉS FUTURS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017



Illustration: Antonio Quintana
    
PASSÉS FUTURS

Le repasseur de couteaux
existe encore avec sa petite cloche
le marchand de journaux
avec sa sacoche
un jour on ne les verra plus
encore des métiers foutus

(Raymond Queneau)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOCTURNE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
NOCTURNE

Quand j’ai dansé jusqu’à minuit
la cornemuse a mis ses bottes
quand j’ai payé pour un ouisqui
le revolver a mis sa cape
quand j’ai réclamé un taksi
le réverbère a mis son col
quand j’ai traversé tout Paris
la lune a mis sa veste blanche
et quand je fus près de Neuilly
je mis mes jambes à mon cou

(Raymond Queneau)

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE FACILITÉ DE PENSÉE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
UNE FACILITÉ DE PENSÉE

Toute rue est une caverne
aisément l’on s’en convaincra
en y réfléchissant une journée entière

toute rue est une grotte
aisément l’on s’en convaincra
en y réfléchissant une année entière

toute rue est une rue
aisément l’on s’en convaincra
en y réfléchissant un peu de temps en temps

(Raymond Queneau)

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RUE VOLTA (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017



Alessandro Volta

    
RUE VOLTA

La petite échoppe ancienne
au cinq de la rue Volta
rareté électricienne
dont le nom s’égara là
garala garala
garala pile à Volta

(Raymond Queneau)

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un vivant parle pour les morts (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Un vivant parle pour les morts

Doux avenir cet oeil crevé c’est moi
Ce ventre ouvert et ces nerfs en lambeaux
C’est moi sujet des vers et des corbeaux
Fils du néant comme est fils de roi

J’aurai bientôt perdu mon apparence
Je suis en terre au lieu d’être sur terre
Mon coeur gâché vole avec la poussière
Je n’ai de sens que par complète absence

(Paul Eluard)

 

Recueil: Derniers poèmes d’amour
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :