Arbrealettres

Poésie

ANÉMONES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



ANÉMONES

Se faire ensorceler – il n’y a rien de plus simple.
C’est un des plus vieux trucs du printemps et de la terre :
les anémones. Qui sont inattendues, d’une certaine manière.
Elles surgissent des frémissements brunis de l’année écoulée,
en des lieux négligés où sinon le regard ne s’arrêterait jamais.
Elles flambent et elles planent, oui, c’est ça, elles planent,
ce qui est dû à la couleur.
Cette-ardente teinte violacée qui n’a plus de poids à présent.
Car ici, c’est l’extase, même si elle est assourdie.
«La carrière» – chose déplacée! « Le pouvoir » et «la publicité » – choses ridicules !
Certes, ils avaient arrangé une grande réception, là-haut à Ninive, fait ripaille et moult ribotes.
Rutilants – au-dessus des têtes, les lustres en cristal flottaient, tels des vautours de verre.
À la place d’une pareille impasse, encombrée et bruyante,
les anémones ouvrent un couloir secret vers une fête authentique, d’un silence absolu.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

2 Réponses vers “ANÉMONES (Tomas Tranströmer)”

  1. Lara said

    Il a raison Nous sommes tous à un moment donné envoûtés malgré nous

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