Arbrealettres

Poésie

Le Martinet (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017



Illustration
    
Le Martinet

Martinet aux ailes trop larges, qui vire et crie
sa joie autour de la maison. Tel est le coeur.

Il déssèche le tonnerre. Il sème dans le ciel serein.
S’il touche le sol, il se déchire.

Sa répartie est l’hirondelle. Il déteste la familière.
Que vaut dentelle de la tour ?

Sa pause est au creux le plus sombre. Nul n’est plus
à l’étroit que lui.

L’été de la longue clarté, il filera dans les ténèbres,
par les persiennes de minuit.

Il n’est pas d’yeux pour le tenir. Il crie, c’est toute
sa présence. Un mince fusil va l’abattre. Tel est le coeur.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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