Arbrealettres

Poésie

À chaque jour (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
À chaque jour

A chaque jour son mourir. En silence,
le soleil mauve avale des corbeaux.
Je mime un cri. Tout avenir s’efface.
Que savais-tu des aubes d’un autre âge ?

Je n’écris pas, je suis écrit par l’ombre
et par la nuit, ces encres de l’aurore.

Ô souvenirs, la meute abominable
va me traquer, me parler d’autres soirs
où des couteaux déchiraient ma mémoire.

Sois cette lampe où s’abreuvent les heures.
Ne parle pas. La voix mange les voix.

Reste furtif. Il suffirait d’un geste
pour que le temps détruise ton horloge
dans le néant que simule la nuit.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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