Arbrealettres

Poésie

Archive for 8 janvier 2018

Souvent je m’éveille à moi-même (Plotin)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration
    
Souvent je m’éveille à moi-même en m’échappant de mon corps ;
étranger à tout autre chose, dans l’intimité de moi-même,
je vois une beauté aussi merveilleuse que possible.

(Plotin)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Peur du déluge de chants et d’images (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration: Marie-Christine Thiercelin
    
— Peur du déluge de chants et d’images,
peur du torrent de mots et de cris,
peur du tourbillon de rêves et de désirs,
peur du vertige où mon corps se disloque,

Ô bien-aimé silence,
empare-toi de moi,
protège-moi des assauts incessants
des maîtres invisibles qui cherchent à soumettre
ceux qui osent résister aux défaites du temps,
aux paresses, aux lâchetés du monde,

Ô silence bien aimé,
envahis-moi de toi ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Du silence naît la parole (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



    

— Du silence naît la parole,
de lui elle se nourrit,
de lui elle reçoit ce qui la rend utile,
au silence elle confie ses déchets,
pour qu’il les recycle ;

Du silence naît le rêve,
de lui il se nourrit,
de lui il reçoit ce qui le réalise,
au silence il confie ses scories,
pour qu’il les régénère,

Du silence naît la vie,
de lui elle se nourrit,
de lui elle reçoit ce qui la sacralise,
au silence elle confie ses restes,
dont la mort s’empare ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mystère de l’aube (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



    

— Mystère de l’aube,
mystère de la beauté,
mystère du sourire,
mystère de la bonté,
mystère de la peur,
mystère du mal,
mystère de la vie,
il n’est que la mort à n’être pas mystère,

Je te regarde,
j’écoute tes paroles,
les battements de ton coeur,
seul, ton corps tient le mystère à l’écart,
donne à l’énigme une valeur réelle
qui la justifie ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Libère tes regards (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration: Suzanne Clairac
    
— Libère tes regards de tes pensées fanées,
libère ta voix de tes paroles fardées,
libère ton chant de ses harmonies usées,
libère ton corps de ses gestes habituels,

Tout ce que tu as vu, tout ce que tu as dit,
tout ce que tu as su, tout ce que tu as fait,
il te faut l’oublier, il te faut le renier,
si tu veux renaître dans une autre lumière ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu demandes (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



 Illustration
    
— Tu demandes pourquoi on peut jouer
le théâtre de Sophocle et d’Aristophane,
s’émouvoir du chant de Virgile et d’Empédocle,
des discours de Démosthène et de Cicéron,

On t’a souvent dit que le Progrès fait l’Histoire,
sauf en Art où le temps commence et pour toujours
au moment précis où l’expression le révèle,
et où siècle après siècle nous nous nourrissons,

Si Passé et Futur accompagnent les hommes,
l’Art est seul à connaître un éternel Présent ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui pleure donc ce soir (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




Illustration: Jill Greenberg

    
— Qui pleure donc ce soir quand le jour épuisé
ne montre aucun regret à déserter le ciel ?
qui pleure quand la nature se donne au silence,
trop heureuse d’accueillir la voix de la nuit ?

Qui pleure ? l’enfant qui avait voulu croire
que jamais la lumière ne disparaîtrait,
qui se voit obligé de suspendre ses jeux,
d’affronter les monstres que l’aube effacera ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je regarde (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




    
— Je regarde,
je te regarde,
je regarde ton corps,

Je cherche à savoir
pourquoi et comment,
présent ou absent,
il irradie ma pensée,
mon sang et mes rêves,

Pourquoi, envahisseur accueilli,
il occupe mon corps,
mes émotions, mes gestes,
pourquoi et comment,
il m’a fait naître
une seconde fois,

Né de ton corps choisi,
mon corps se transfigure,
Je regarde ton corps,
non pas comme je regarde la mer,
ses nuances, du gris sombre
au bleu translucide,
dont je goûte la fraîcheur, la saveur,
dont je suis le flux et le reflux,
Non, je regarde ton corps,
comme je ressens le vent,
réel car invisible,
qui rafraîchit mon visage,
dessèche ma peau,
fait trembler les feuilles,
fait voler les oiseaux,
qui, s’il s’emporte,
abat qui lui résiste,
siffle, souffle, s’apaise,
est présent, actif, toujours,
sait aussi être discret,
imperceptible presque,
au point de n’être plus
que l’idée du vent,

Je regarde,
je te regarde,
je regarde ton corps,
je lui confie le mien,
je lui confie la maîtrise
de mon désir de vivre,
le pouvoir ultime,
de ma mise à mort ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Garde les yeux secs (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration
    
— Garde les yeux secs pour regarder le monde
qu’inutiles les larmes déforment jusqu’au dégoût,
garde les yeux secs et sans aménité,
dépouille-le des hardes répugnantes
dont l’histoire et ceux qui l’élaborent,
pour cacher leur honte de ce qu’ils en ont fait,
faussaires, l’ont couverte avant de disparaître,

Garde les yeux secs et prohibe toute plainte,
admire sans honte ce monde où tu respires,
invente sans répit des raisons de l’aimer,
car il est le seul monde à te rendre vivant ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand ma main caresse ton visage (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



    
— Quand ma main caresse ton visage,
dans ma main toutes les mains,
dans ton visage tous les visages,
rien ne commence qui ne finit,
rien ne finit qui n’a commencé,
et le regard qui me fait voir tes yeux
naît des regards qui ont vu d’autres yeux,
fait naître les regards qui verront d’autres yeux,

Même le néant naît du néant,
et quand ma main caresse ton visage,
elle recueille les traces de toutes les caresses,
elle y laisse une trace qui ne s’effacera pas ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :