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Poésie

Archive for 17 janvier 2018

Pauvre le temps s’en est allé (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Giorgio de Chirico
    
Pauvre le temps s’en est allé
Qui de joie tant s’en délectait.
Dites, le sens est-il perdu
De nous aimer et de comprendre?
Vainement je vous prie de m’entendre :
Demeure l’ombre où sombre tout savoir.

Pauvre où est le temps allé
Qui de joie tant s’en délectait?

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme la fable aux reflets de tendresse (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Gertrude Abercrombie
    
Comme la fable aux reflets de tendresse vous
Laisse un goût d’angoisse où vous étiez piégé,
Née du passé une ombre vient assiéger
Votre âme et passe et vous quitte défait.

Ombre ou fable vous noie dans son sillage
Car vous n’étiez allé soucieux en ce mirage
Qu’à pas de peur comme va un coupable.
Née du futur une ombre envahit tout miroir.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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En terre étrangère (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



    

En terre étrangère ici même
Quand verrai-je mon seul pays?
Je n’ai jamais d’aucun problème
Attrapé l’ombre ni la clef.
Voici que s’avance la fin
Avant qu’on n’achève de naître.
Que disent vos paroles secrètes?
Vos oeuvres tendent quel piège?
Mélancolie gracieux nom de l’exil.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Entre nos voix la nuit viendra dormir enfin (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
entre nos voix
la nuit viendra dormir enfin
tes mains seront presque aussi claires
que des larmes
d’un pas tout juste un peu plus jeune
nous irons consoler les rues inconsolables
nous traduirons en gestes invisibles
l’adieu du vent
nous jetterons des fleurs depuis les ponts
dans l’eau hâtive

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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IMPRÉVU (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



 

Illustration: Frida Kahlo
    
IMPRÉVU

il n’y a plus un seul sol pour les pas
déconcertés les visages s’effritent
toute aile soudain se fait paille

certains questionnent les cailloux
d’autres cherchent d’anciens atlas
les enfants mendient un peu d’air

je rencontre en rêve un vieux roi
qui me conjure de l’oublier
on dit que la mer se retire

ces seuls mots brûlants qu’à peine
un murmure oserait toucher
enfin nous rafraîchiront

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Par un cri d’hirondelle (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
par un cri d’hirondelle abritées
douleur et douceur se fiancent

sans cesse tremblent les lèvres de la mer
ta peau seule est l’impossible aveu

sois le rêve des arbres qui dorment
sois le havre des vents qui vont

ce qu’une vie ne suffit pas à voir
laisse l’acide nudité du matin le franchir

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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La nuit venait nager nue (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
la nuit venait nager nue
dans le golfe de nos gestes

elle ruisselait d’étoiles
qui tombaient dans nos yeux clos

si fatale était la douceur
nos souffles brisés s’enlaçaient pour renaître

nous restions seuls sous l’arche du silence
l’air se chargeait peu à peu de mémoire

nos mains jamais n’avaient assez d’oubli
un feu dansait dans l’été gémissant

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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NOCTURNE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
NOCTURNE

le vent plus sûr de nous que nous ne sommes
s’empara du trône de minuit

déjà l’écume avait franchi d’attendre
ébouriffés ses cheveux jubilaient

sachant souffrir le cri des grands lointains
même un brin d’herbe avait sa tâche

entre nous deux s’éboulaient tous les mots
si vif est le silence des yeux clairs qui nous lavent

tu rêvais de marcher sur les eaux
elles s’étaient portées garantes

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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CANTILÈNE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
CANTILÈNE

les doigts fuyants de la lumière
chaque jour tentent de nous apprendre
les rudiments du vrai deuil

vous mes muettes condisciples
tant usées que vous devenez pieuses
choses fêlées passées dépareillées
vous me devancez d’un souffle
pour savoir et pour oublier

qui fera boire les verres qui se brisent
crier la voix qui se manque

un soir tout juste un peu plus sombre
le silence aux yeux en amande
viendra vers notre amour sans geste
bénir en nous l’enfance errante
avec un léger tremblement

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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N’épelle pas les noms de l’origine (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
n’épelle pas les noms de l’origine
où ta nuit nue recevra son cri blanc
dans l’exténuation tout à coup de tes membres
sans recours sera son étreinte
les souvenirs n’auront laissé que la couleur de leurs ailes
d’impérieux flots de lave feront vapeur des mots
ton coeur presque battra plus clairement que l’aube

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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