Arbrealettres

Poésie

Nous nous retrouvions (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Zorn
    
Nous nous retrouvions au couchant.
Ta rame fendait l’eau du golfe.
Amoureux de ta robe blanche,
Je n’aimais plus l’élégance du rêve.

Retrouvailles muettes, étranges.
Devant nous — sur la langue de sable —
S’allumaient les cierges du soir.
On songeait à la pâle beauté.

Qu’on s’approche, s’effleure et se brûle —
Le silence d’azur n’entend rien.
Mais nous nous retrouvions dans les brumes,
Où l’onde frémit sous les roseaux.

Ni douleur, ni amour, ni offense,
Tout pâlit, tout s’en va, tout s’enfuit…
Ton image blanche, les requiems,
Et la rame d’or dans ta main.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

2 Réponses to “Nous nous retrouvions (Alexandre Blok)”

  1. Luciole said

    Superbe peinture pour une belle évocation!
    « Je n’aimais plus l’élégance du rêve. »

    • arbrealettres said

      oui je trouvais que ça allait bien ensemble…
      Ah le Temps…
      Tout pâlit, tout s’en va, tout s’enfuit…
      Merci Luciole de passer 🙂

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