Arbrealettres

Poésie

Archive for 26 janvier 2018

Une autoprésentation (Kamala Das)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Illustration: Kamala Das
    
Une autoprésentation

Je ne connais rien à la politique, seulement les mots
Ceux du pouvoir, de l’ère de Nehru, et peux les répéter
Comme ceux des jours de la semaine, ou des mois.
Je suis indienne, très brune, née à Malabar,
je parle trois langues, j’écris dans
Deux, rêve avec une.
N’écris pas en anglais, disaient-ils, l’anglais n’est pas Ta langue maternelle.
Pourquoi ne me laissez vous pas
Seule, critiques, amis, cousins de passage,
Tous autant que vous êtes ? Pourquoi ne pas me laisser parler
Dans n’importe quelle langue que j’aime ? La langue que je arle
Devient mienne, avec ses déformations, ses étrangetés
Toutes miennes, et à moi seulement.
C’est moitié de l’anglais, moitié de l’Indien, drôle peut-être, mais c’est honnête
C’est humain, parce que je suis humaine,
Ne le voyez-vous pas ? Elle exprime mes joies, mes désirs ardents,
Mes espoirs, elle est aussi utile pour moi que les coassements
Le sont aux corneilles, les hurlements aux lions, c’est
Un langage humain, le langage d’un esprit qui est
Ici et pas là-bas, un esprit qui voit et qui entend, qui est conscient.
Pas le discours aveugle, sourd
Des arbres dans la tempête ou celui des nuages de la mousson, de la pluie
Ou bien encore les murmures incohérents du
Bucher funèbre. J’étais enfant, et plus tard ils
M’ont dit que je grandissais, puisque mes membres
Se gonflaient et qu’ici ou là mes cheveux poussaient.
Quand j’ai demandé l’amour, ne sachant pas quoi demander d’autre,
Il a traîné une jeunesse de 16 ans dans
La chambre et a fermé la porte, Il ne m’a pas battu
Mais mon triste corps de femme s’est senti si battu
Le poids de mes seins et de mon utérus m’ont écrasée.
Je me suis rétrécie pitoyablement
Puis… J’ai enfilé une chemise et des
Pantalons de mes frères, coupé mes cheveux et ignoré
Ma féminité. Porte des saris, sois une fille
Sois une femme, disaient-ils. Sois une brodeuse, sois une cuisinière,
Sois dure avec les domestiques. Coule toi là dedans. Oh,
Appartiens aux tiennes, criaient les normopathes. Ne t’assoies pas
Sur les murs où parviens le piaulement à travers nos fenêtres drapées de dentelles.
Sois Amy, ou sois Kamala. Et surtout
Reste une Madhavitutty. Le temps est venu de
Choisir un nom, un rôle. Ne joue pas la prétentieuse.
Ne joue pas la à la schizophrène ou à la
Nymphomane. Ne pleure pas trop fort quand
L’amour te quittera… J’ai rencontré un homme, l’ai aimé. Ne
L’appelle pas de n’importe quel nom, il est tous les hommes
Qui veut une femme, juste comme je suis toutes
Les femmes qui recherche l’amour. En lui… la rapidité affamée
Des rivières, en moi… l’océan infatigable
Attendant. Qui es-tu, je demande à chacun et à tous,
La réponse est, je suis moi. N’importe où et
Pourtant, je vois celui qui se présente comme Je
Dans le monde, il est étroitement empaqueté
Comme une épée dans son fourreau. C’est moi qui bois seule
Des boissons à 12 h, minuit, dans les hôtels de villes étranges,
C’est moi qui ris, c’est moi qui fais l’amour
Puis, qui se sent honteuse, c’est moi qui meurs
Avec un hochet dans la gorge. Je suis une pécheresse,
Je suis une sainte. Je suis l’aimée et
La trahie. Je ne ressens aucune joie qui ne soit la vôtre,
Aucune douleur qui ne soit la vôtre.
Et pourtant je me désigne comme je.

(Kamala Das)

Pas trouvé les poèmes en français 😦
mais en anglais:
https://www.poemhunter.com/kamala-das/poems/

 

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Comment le lui dire? (Fujiwara no Sanekata Ason)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Qu’il en est ainsi,
Comment le lui dire?
Du mont Ibuki
Au moxa
Egales, ne peuvent être connues
Mes pensées ardentes!

(Fujiwara no Sanekata Ason)


Illustration: Hokusaï

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Il n’y a plus que la lune (Go Tokudaiji no Sadaijin)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Quand je regarde
Du côté où a chanté
Le coucou,
Il n’y a plus que la lune
De l’aube!

(Go Tokudaiji no Sadaijin)


Illustration: Hokusaï

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Les pivoines (Buson)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



 

Les pivoines

entre les vagues de visiteurs
silencieuses
les pivoines

(Buson)

Illustration: Katsushika Hokusai

 

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Là où il y a des humains (Buson)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Là où il y a des humains,
vous trouverez des mouches
et des bouddhas.

(Buson)


Illustration

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Hélas! (Kentoku ô)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Celle qui devrait dire:
« Quelle pitié! »
Ne pensant plus à moi,
Pour moi, un rien
Je deviendrai, hélas!

(Kentoku ô)


Illustration: Hokusaï

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Si je dois longtemps vivre (Sanjô In)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Si je dois longtemps vivre
En ce monde changeant, contre
Mon coeur,
Combien je devrai languir,
Hélas! après cette lune de la mi-nuit!

(Sanjô In)


Illustration: Hokusaï

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L’automne est venu (Ekei Hôshi)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



A la solitude
De la maison couverte
De gaillets,
Bien qu’on ne voie personne,
L’automne est venu.

(Ekei Hôshi)


Illustration: Hokusaï

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Doit se réunir (Sutoku In)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Un torrent à cataractes,
Obstrué par un rocher
Dans son cours rapide,
Bien que divise, enfin
Doit se réunir: voilà ma pensée.

(Sutoku In)


Illustration: Hokusaï

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Pourquoi (Ki no Tomonori)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Pourquoi

Aux jours du printemps,
Où est si beau l’éclat
Du ciel éternel,
D’un coeur inquiet
Pourquoi les fleurs de détachent-elles?

(Ki no Tomonori)


Illustration: Hokusaï

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