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Poésie

Archive for 1 février 2018

Les Uns Contre Les Autres (Luc Plamondon)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Benoit Colsenet
    
Les Uns Contre Les Autres

On dort, les uns contre les autres
On vit, les uns avec les autres
On se caresse, on se cajole
On se comprend, on se console
Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde

On danse, les uns avec les autres
On court, les uns après les autres
On se déteste, on se déchire
On se détruit, on se désire
Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde

On dort, les uns contre les autres
On vit, les uns avec les autres
On se caresse, on se cajole
On se comprend, on se console

Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde

Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde
Toujours tout seul au monde

(Luc Plamondon)

 

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Plus près (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration
    
plus près:souffle de mon souffle:n’enlève qui fourmillent
tes membres:fais leur repas fou de ma souffrance
que tes tigres de lisse douceur lentement pillent
en des floraisons muettes aux nouveaux mélanges:
plus profond:sang de mon sang:avec de vifs replis
ascendants plonge ces léopards de rêve blanc
dans la chair ravie de ma peur:creuse plus nette
cette moelle d’obscurité:sculpte une fleur de folie
frangée de mal sur des lèvres grinçantes
et sur des yeux rampants crispés de lumière démente
cisèle l’assassine flamme qui saisit de vertige.

Des gris perplexes frisent avides entre de béantes

maisons. Les étoiles mortes puent. l’aube. Inepte,

la carcasse poétique d’une fille

***

nearer:breath of my breath:take not thy tingling
limbs from me:make my pain their crazy meal
letting thy tigers of smooth sweetness steal
slowly in dumb blossoms of new mingling:
deeper:blood of my blood:with upwardcringing
swiftness plunge these leopards of white dream
in the glad flesh of my fear:more neatly ream
this pith of darkness:carve an evilfringing
flower of madness on gritted lips
and on sprawled eyes squirming with light ins ane
chisel the killing flame that dizzily grips.

Querying greys between mouthed houses curl

thirstily. Dead stars stink. dawn. Inane,

the poetic carcass of a girl

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Entre les seins (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Alain Bonnefoit
    
entre les seins
de la sauvage
Marj reposent des hommes aux larges
épaules qui glorifient

le corps caressable aux angles arrondis
de Marj de ces hommes
les doigts balancent des coffres
déplacent des sacs roulent des barils ils

nouent
l’amour
autour
de bières

le monde possède
les mains de ces hommes mais leur
grand corps picoleur
appartient à

Marj
la verteplate bourse duquel –
visage s’ouvre
sur un grasgarnid’or

***

between the breasts
of bestial
Marj lie large
men who praise

Marj’s cleancornered strokable
body these men’s
forgers toss trunks
shuffle sacks spin kegs they

curl
loving
around
beers

the world has
these men’s hands but their
bodies big and boozing
belong to

Marj
the greenslim purse of whose
face opens
on a fatgold

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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D’après tes cheveux rougeoyants (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



    
D’après tes cheveux rougeoyants s’instaure
Un crépuscule,en gage de quelles perles implorantes;
D’après la vigne charnelle ta beauté se retord
Sur moi,avec des opiums aussi fourmillants
Qu’immobile attend ma chair littérale;
Déjà tournoie l’attentif vent spirituel
Sur le massacre des grives et des merles
De cette rapide forêt que ton sourire dévoile;

M’arrêtant,je lève les yeux du mieux que je puis,
Où se referme l’arc de deux bougies frêles
Au-dessus d’une cézannienne aquarelle.
Mais,d’amour assoiffée,tu souffles ce qui luit;
En totale terreur de l’obscurité réelle
Changeant l’équivalent timide d’un rêve.

***

After your poppied hair inaugurates
Twilight,with earnest of what pleading pearls;
After the camal vine your beauty curls
Upon me,with such tingling opiates
As immobile my literal flesh awaits;
Ere the attent wind spiritual whirls
Upward the murdered throstles and the merles
Of that prompt forest which your smile creates;

Pausing,I lift my eyes as best I can,
Where twain frail candles close their single arc
Upon a water-colour by Cezanne.
But you,love thirsty,breathe across the gleam;
For total terror of the actual dark
Changing the shy equivalents of dream.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Quand tu seras morte,morte (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



 

Illustration: Lionel Valot
    
Quand tu seras morte,morte,et loin du splendide péché,
Qu’une âme décharnée au bord du dernier abîme
Gémira de quitter son coeur froid dans la terre,

Quand,hors du corps qui aimait mon corps,son intime
Âme viendra,nue d’une métamorphose sans pitié,
Que dirai-je à la mienne,quand nous serons morts,morts?

(Quand je serai mort,mort,qu’ils t’auront enterrée,
Corps et lèvres aimées offertes aux baisers des vers,
Et la douce gorge fraîche,la blonde chevelure fine—).

***

When thou art dead,dead,and far from the splendid sin,
And the fleshless soul whines at the steep of the last abyss
To leave forever its heart acold in an earthy bed,

When,forth of the body which loved my body,the soul-within
Comes,naked from the pitiless metamorphosis,
What shall it say to mine,when we are dead,dead?

(When I am dead,dead,and they have laid thee in,
The body my lips so loved given to worms to kiss,
And the cool smooth throat,and bright hair of the head—).

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Je vais proférer un arbre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Lionel Valot
    
je vais proférer un arbre,Personne
ne m’arrêtera

mais d’abord
la terre,l’insouciante orale obscurité
se déchaînant en de fines impulsions

je ferai

un
rêve
je
pense qu’il sera de roses et
le printemps lui apportera
des vers se ruant dans le terreau.

(ensuite je
monterai
avec de longs muscles attentifs

dans un silence nerveux précis… Mais d’abord

tu)

presseras doucement
d’abord,ce sera les feuilles
et un peu plus fort

pour les roses
juste un peu plus fort

à la fin nous
dans le feu gémissant d’un net énorme
pataugeant baiser montant humide hideusement avec
de larges
minuscules
hanches,Oh

.presse

les vers se ruant lentement dans le terreau

***

i am going to utter a tree,Nobody
shall stop me

but first
earth ,the reckless oral darkness
raging with thin impulse

i will have

into nervous and accurate silence….But first
a
dream
i
think it shall be roses and
spring will bring her
worms rushing through loam.

(afterward i’ll
climb
by tall careful muscles

into nervous and accurate silence….But first

you)

press easily
at first,it will be leaves
and a little harder

for roses
only a little harder

last we
on the groaning flame of neat huge
trudging kiss moistly climbing hideously with
large
minute
hips,O

.press

worms rushing slowly through loam

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Sa chair est venue (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
sa
chair
Est venue
à

moiteldusabledé V
alantsuru
Ne
gouttière
j’avais du ciment pour elle,
joyeusement
nous nous sommes l’un
l’autre mélangés pour retomber

gâchis lorsqu’
un
rien
ouvrant les vannes

est sorti.

le béton

***

her
flesh
Came
at

meassandca V
ingint
oA
chute
i had cement for her,
merrily
we became each
other humped to tumbling

garble when
a
minute
pulled the sluice

emerging.

concrete

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Qu’est-ce que ta bouche pour moi? (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Qu’est-ce que ta bouche pour moi?
Un calice d’encens douloureux,
Un buisson de feuilles ardentes,
Un haut navire enthousiaste,
Un frisson de sublimes flèches.

Qu’est-ce que tes seins pour moi?
Une fleur de prière nouvelle,
Un poème de lumière solide,
Un puits d’oiseaux frais,
Un arc tendu qui tremble.

Qu’est-ce que ton corps pour moi?
Un théâtre de pur silence,
Un char de vitesse rouge;
Et oh,les pieds imprécis
Des désirs aux mains blanches!

***

What is thy mouth to me?
A cup of sorrowful incense,
A tree of keen leaves,
An eager high ship,
A quiver of superb arrows.

What is thy breast to me?
A flower of new prayer,
A poem of firm light,
A well of cool birds,
A drawn bow trembling.

What is thy body to me?
A theatre of perfect silence,
A chariot of red speed;
And O,the dim feet
Of white-maned desires!

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Il y a une lune seule dans la nuit bleue (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Alix
    
il y a une
lune seule
dans la nuit
bleue

amoureuse des eaux
tremblantes,
aveuglés de silence les
cieux ondulants se languissent où
dans une tension inétoilée
enduite d’ardeur
l’amoureuse jaune

se tient dans l’obscurité muette
svelte
et
pressée

(de nouveau
l’amour lentement
je cueille
de ta bouche langoureuse la

frémissante
fleur)

***

there is a
moon sole
in the blue
night

amorous of waters
tremulous,
blinded with silence the
undulous heaven yearns where

in tense starlessness
anoint with ardor
the yellow lover

stands in the dumb dark
svelte
and
urgent

(again
love i slowly
gather
of thy languorous mouth the

thrilling
flower)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Ouv’ les volets (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
ouv’ les volets
tu veux chéri?
la pluie
c’pas qu’ça

t’les casse mais
on s’en tape pas
vrai chéri la pluie
on s’en fout pas mal

hein
chéri?
tu sais
moi

j’les plains toutes ces
pauv’ filles qui
s’lèvent à dieu
sait quelle heure tous

les jours d’leur
vie
pas toi,

wha-hou. chéri

pas si
fort chéri

tu m’fais mal

***

raise the shade
will youse dearie?
rain
wouldn’t that

get yer goat but
we don’t care do
we dearie we should
worry about the rain

huh
dearie?
yknow
I’m

sorry for awl the
poor girls that
gets up god
knows when every

day of their
lives
aint you,
oo-oo. dearie

not so
hard dear

you’re killing me

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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