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Poésie

Archive for 4 février 2018

Pour être heureux (Henri Troyat)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Pour être heureux,
il faut essayer de vivre chaque minute
au charme que nous lui trouverons
lorsqu’elle ne sera plus qu’un souvenir.

(Henri Troyat)

 

 

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Les mots (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Les mots

Mets les mots dessus dessous,
attrape-les par la queue
qu’ils couinent, ces pourceaux,
fouette-les,
gave-les de sucre,
gonfle-les comme des ballons, crève-les,
gobe leur sang, suce leur moelle,
fais-les sécher, fais-les castrer,
piétine-les, coq vert galant,
cuisinier, tords-leur le cou,
déplume-les,
taureau, étripe-les,
bœuf, traîne-les dans la boue,
refais-les, poète,
fais-leur avaler toutes leurs couleuvres.

(Octavio Paz)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Mémoire (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: René Magritte
    
Mémoire

De figues se nourrisse le coeur
en qui l’heure se souvient
de l’oeil-amande du mort.
Qu’il se nourisse de figues.

Escarpé,
sous le souffle marin,
le front échoué,
frère des écueils.

Blanche,
augmentée de tes cheveux,
la toison
du nuage paissant.

***

Remembrance

Nourished by figs be the heart
wherein an hour thinks back
on the deadman’s almond eye.
Nourished by figs.

Steep, in the seawind’s breath,
the shipwrecked
forehead,
the cliff-sister.

And full-blown by your white hair
the fleece
of the grazing cloud.

***

Andenken

Feigengenährt sei das Herz,
darin sich die Stunde besinnt
auf das Mandelauge des Toten.
Feigengenährt.

Schroff, im Anhauch des Meers,
die gescheiterte
Stirne,
die Klippenschwester.

Und um dein Weißhaar vermehrt
das Vlies
der sömmernden Wolke.

(Paul Celan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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L’amour est une source (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Edvard Munch   
    
l’amour est une source à laquelle
s’abreuvent ces fous qui ont grimpé
plus raides que les espoirs sont peurs
simplement pas toujours nommées
des montagnes plus si quand chaque
totalité connue s’évapore

insouciants sont les amants qui
plus haut que leurs peurs sont espoirs
sont les amants genoux à terre
eux dont les lèvres heurtent des cieux
inimaginés plus profonds
que le paradis n’est l’enfer

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Juste une étincelle (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
(juste une étincelle)

si des étrangers se voient
la vie commence—
ni riche ni pauvre
(seulement consciente)
douce non plus
ni cruelle
(seulement entière)
toi non ni moi
c’est impossible;
seulement sincères
—sans mentir,juste
si des étrangers (qui
au fond nous sont très
mêmes) se touchent:
à jamais

(et s’éteindra telle)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Le diable se faufile (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
le diable se faufile au jardin d’eden
(caresse-moi belle caresse-moi bien)
et voit qui errent deux êtres humains
—entends les arbres qui se plaignent

la femme et puis l’homme il mordille
(s’ouvrent magnifique s’ouvrent bien)
et leurs yeux sont humides et brillent
—sens un peu ce serpent qui grimpe

dieu il appelle et un ange vient
(baise-moi chéri oh baise-moi bien)
avec une longue large épée de feu
—et comme je jouis ô mon dieu

***

devil crept in eden wood
(grope me wonderful grope me good)
and he saw two humans roaming
—hear that tree agroaning

woman chewed and man he chewed
(open beautiful open good)
and their eyes were wet and shining
—feel that snake aclimbing

lord he called and angel stood
(poke me darling o poke me good)
with a big thick sword all flaming
—o my god I’m coming

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Ma môme est grande (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Oi-Oei    
    
ma môme est grande avec de longs yeux durs lorsqu’elle
se tient debout,avec de longues mains dures gardant
le silence sur sa robe,parfait pour le sommeil
est son long corps dur aussi rempli de surprise
qu’un électrique fil blanc,lorsqu’elle sourit
d’un dur et long sourire ça fait parfois gaîment
venir à travers moi de cruels chatouillis
et le bruit faible de ses yeux met aisément
mon impatience à vif—ma môme est grande,
la chair ferme,ses jambes aussi fines qu’une vigne
qui a passé sa vie sur le mur d’un jardin
et va mourir. Quand nous allons au lit sans joie
ces deux jambes elle commence à enrouler sur moi
et haletant,mes tête et visage elle étreint.

***

my girl’s tall with hard long eyes
as she stands,with her long hard hands keeping
silence on her dress,good for sleeping
is her long hard body filled with surprise
like a white shocking wire,when she smiles
a hard long smile it sometimes makes
gaily go clean through me tickling aches,
and the weak noise of her eyes easily files
my impatience to an edge—my girl’s tall
and taut,with thin legs just like a vine
that’s spent all of its life on a garden-wall,
and is going to die. When we grimly go to bed
with these legs she begins to heave and twine
about me,and to kiss my face and head.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Au Bon Vieux Temps De L’Été (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Au Bon Vieux Temps De L’Été.
Mon bel obus d’un jet d’intuitifs chatouillis
frappe,juste,simplement,dedans,elle. Assoiffée
s’agite. (Ça doit être l’été. Chut. La mort.)
C’est Mieux D’Être Au Lit
—hein? J’y suis

pas. Encore. Chut. Dieu. S’te Plaît tiens. Fort

***

In The Good Old Summer Time.
My gorgeous bullet in tickling intuitive flight
achesjust,simply,into,her. Thirsty
stirring. (Must be summer. Hush. Worms.)
But It’s Nicer To Lie In Bed
—eh? I’m

not. Again. Hush. God. Please hold. Tight

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Ma mortelle dame (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Katsushika Hokusai
    
ma mortelle dame au corps cadavérique

d’une douceur bête exquisément,équipée
(devenant exactement passionnée agrippe

Volontiers en des gloussements de suprême sexe

ma protubérance muette-articulée)
Désirant que mon bel obus vexe

l’intuitif sillon qui se moque…
Et le vif clapotis-de-son-cerveau me mord

tendrement,
comme la lente concession-de-chair

chaude me,Prend;en de plus folles vagues de lumière
sentantbon
parfumées :
d’éclats imprononçables
Arrachés,
au soleil immense(dont le jour bave
sur la nuit—)et l’abrupt navire-de-ses lèvres

se désintègre,en une explosion!mièvre

***

my deathly body’s deadly lady

smoothly-foolish exquisitely,tooled
(becoming exactly passionate Gladly

grips with chuckles of supreme sex

my mute-articulate protrusion)
Inviting my gorgeous bullet to vex

the fooling groove intuitive…

And the sharp ripples-of-her-brain bite
fondly into mine,
as the slow give

of-hot-flesh Takes,me;in crazier waves of light
sweetsmelling
fragrant:
unspeakable chips
Hacked,
from the immense sun(whose day is drooled
on night—)and the abrupt ship-of-her lips

disintegrates,with a coy!explosion

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Jamais (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Karen L’Hémeury
    
Jamais un arc-en-ciel ne ment

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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