Arbrealettres

Poésie

Sonnet 89 (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Alexis Becard 
    
Sonnet 89

A ma mort tu mettras tes deux mains sur mes yeux,
Et que le blé des mains aimées, que leur lumière
Encore un coup sur moi étendent leur fraîcheur,
Pour sentir la douceur qui changea mon destin.

A t’attendre endormi, moi je veux que tu vives,
Et que ton oreille entende toujours le vent;
Que tu sentes le parfum aimé de la mer,
Et marches toujours sur le sable où nous marchâmes.

Ce que j’aime, je veux qu’il continue à vivre,
Toi que j’aimais, que je chantais par dessus tout,
Pour cela, ma fleurie, continue à fleurir,

Pour atteindre ce que mon amour t’ordonna,
Pour que sur tes cheveux se promène mon ombre,
Et pour que soit connue la raison de mon chant.

(Pablo Neruda)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: La Centaine d’amour
Traduction: André Bonhomme et Jean Marcenac
Editions: Gallimard

2 Réponses vers “Sonnet 89 (Pablo Neruda)”

  1. Merci pour le lien ! Bonne journée !

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