Arbrealettres

Poésie

LE VILAIN GAS ! (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
LE VILAIN GAS !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui dansez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Au temps des contes de grand’mères,
C’était un rustaud si laid,
Si laid, si pauvre, et si bête
Que, pour danser dans les fêtes,
Nulle fille n’en voulait !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez par couples roses,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Ses vingt ans murmuraient des choses
Et son cœur n’était point sourd.
Il en eut telle souffrance
Qu’il mourut, un soir de danses,
Au son des crincrins d’amour.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui savez les baisers tendres,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Le vieux sonneur alla descendre
Son méchant corps au tombeau.
Mais du froid cercueil de planches
Son cœur, au temps des pervenches,
Monta vers l’amour nouveau.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui passez, les gais dimanches,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Son âme prit corps de pervenche…
Et, comme une fille allait
Vers les danses coutumières,
Cueillit la fleur printanière
Pour la mettre à son corset…

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !…

(Gaston Couté)

 

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