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Poésie

Archive for 15 février 2018

ÉLÉGIE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Illustration: François Boucher   
    
ÉLÉGIE

Je m’ignorais encor, je n’avais pas aimé.
L’amour ! si ce n’est toi, qui pouvait me l’apprendre ?
À quinze ans, j’entrevis un enfant désarmé ;
Il me parut plus folâtre que tendre :
D’un trait sans force il effleura mon coeur ;
Il fut léger comme un riant mensonge ;
Il offrait le plaisir, sans parler de bonheur :
Il s’envola. Je ne perdis qu’un songe.

Je l’ai vu dans tes yeux cet invincible amour,
Dont le premier regard trouble, saisit, enflamme,
Qui commande à nos sens, qui s’attache à notre âme,
Et qui l’asservit sans retour.
Cette félicité suprême,
Cet entier oubli de soi-même,
Ce besoin d’aimer pour aimer,
Et que le mot amour semble à peine exprimer,
Ton coeur seul le renferme, et le mien le devine ;
Je sens à tes transports, à ma fidélité,
Qu’il veut dire à la fois, bonheur, éternité,
Et que sa puissance est divine.

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le bleu le plus profond (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Au milieu des échafaudages et des oiseaux
des mouettes et des orangers.
Le fabricant de compas
et le plongeur au scaphandre de cuivre
monteront
mesurer le bleu le plus profond
celui qui ne laisse échapper
aucun son.

***

Entre andamios y pájaros
gaviotas y naranjos.
El fabricante de compases
y el buzo de la escafandra de cobre
subirán
a medir el azul más hondo
el que no deja escapar
ningún sonido.

(Luis Mizón)

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Par la porte ouverte (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Par la porte ouverte
entre l’odeur de midi
le linge sec danse dans le vent
à peine jaillies
tes paroles approchent sur la pointe des pieds
et m’embrassent

(Luis Mizón)

 

 

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Combien le vent est discret quand il le veut (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Combien le vent est discret
quand il le veut
il était là dans la forêt
et le voilà déjà parti
pour nous laisser écouter
ce qui chuchote en son absence

(Luis Mizón)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Fleur d’un jardin abandonné (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



fleur d’un jardin abandonné
poisson doré qui s’enfuit dans la rivière
ton regard
et ton sourire habitent
encore,mon coeur fermé à double tour

(Luis Mizón)

Illustration

 

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De la maison démolie (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

De la maison démolie
reste toujours
le chemin du puits
la plaie de la lumière
le tremblement d’une toile d’araignée
où le moustique et l’abeille
dansent avec la mort
dans la verrerie multicolore du figuier

nous arriverons toujours
en retard
pour semer la terre de nos cendres

(Luis Mizón)

Illustration

 

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Et le papillon s’arrêta sur mon doigt (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Et le papillon
s’arrêta sur mon doigt
et me montra
un instant
un coucher de soleil à midi
par la porte entrouverte
de ses ailes.

(Luis Mizón)


Illustration: ArbreaPhotos

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Aujourd’hui j’ai tout raconté à l’eucalyptus (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Aujourd’hui
j’ai tout raconté à l’eucalyptus
il m’a écouté en silence
a ridé son front
et a coupé pensif
des petits morceaux de ciel
avec un couteau vert.

Tes yeux
sont des bracelets d’eau
qui m’attachent
à la terre sèche.

(Luis Mizón)

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Dis-moi où vit le silence (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Le vent souffle et ma peau se ride
puits de l’oeil et de l’étoile aveugle
ma parole est regard et rire
je me nourris de silence.

Dis-moi où vit le silence
non ce que l’homme nomme
quand il dit silence ou le silence
mais ce qu’il regarde
avant de se jeter bras ouvert dans l’abîme
du haut d’une tour en flammes
dans la rupture de tous les mots
là où l’horizon pèse dans sa balance désarmée
la dernière goutte d’homme
qui tombe dans le vide.

(Luis Mizón)

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Il n’y a plus d’océans (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Il n’y a plus d’océans
chantant avec leurs îles
plus de villes ni de jardins
seulement des braises
des incendies intimes
smog et taches rouges
sur le manuscrit de mon retour
dans la paume de ma main
des écritures de pluie
de poussière et de sable
seule la lumière
de notre étreinte
illumine
la matière qui s’écroule
dans les catacombes de l’instant

(Luis Mizón)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

 

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