Arbrealettres

Poésie

L’ÉQUINOXE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018




    
L’ÉQUINOXE

Un coq à d’autres coqs répond. Le temps est gris,
L’équinoxe roulant ses tonneaux à grand-peine
Depuis la mer du Nord jusqu’aux bords de la Seine
À travers les odeurs, les éclairs et les cris.

Le corps décapité de l’évêque Denis
Saigne avec les raisins d’Argenteuil et Suresnes.
On enchaîne à des chars des héros et des reines.
Les temples, un à un, croulent sur les parvis

Mais, tout à l’heure encore, un arc-en-ciel de nuit
Enjambait la vallée et la lune vers lui
Roulait. Le jour parut et tout ne fut que brume.

Mérite-t-il vraiment le nom de jour, ce jour
Dont s’encrasse la ville et la vie et l’amour ?
Oui, car la flamme enfin, dans le brouillard s’allume.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

2 Réponses vers “L’ÉQUINOXE (Robert Desnos)”

  1. Crosse de sable
    ———-

    J’appartiens au primat d’une terre étrangère,
    Des portraits de démons sont en ses livres saints ;
    Il en a mille et un sur sa grande étagère,
    Dont sa main reproduit, certains jours, les dessins.

    Ne me prenez pas pour une canne légère,
    Je sors de l’atelier d’un habile voisin ;
    Héphaïstos, qui est du prélat le cousin,
    En son antre me fit, que sagement il gère.

    L’évêque aime Lilith, plus que sa cousine Eve ;
    Il aime l’inframonde où jamais ne s’élève
    La voix d’un célébrant qui les prières lit.

    Il se montrait jadis avec sa crosse mauve
    Qui fut abandonnée en une sombre alcôve,
    Et le primat n’est point retourné dans ce lit.

    • Felix Episcopus
      ——–

      Repose en paix, bienheureux Dupanloup,
      Et que ton âme en Paradis frétille ;
      Bien entouré d’angelettes gentilles,
      D’être passé ne t’ennuie pas beaucoup

      Devant Marie tu te mets à genoux,
      Qui du Seigneur est la plus noble fille ;
      Pou tes péchés, pour ces quelques broutilles,
      Ils sont cléments, elle et son tendre époux.

      Ton corps défunt qui repose en la fosse
      Ne goûte plus les viandes ni les sauces ;
      Son bel organe, il ne peut en user.

      Mais quant à l’âme, elle brûle, au contraire,
      D’un vif désir, et ne s’y peut soustraire ;
      Mais elle a soin de n’en pas abuser.

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