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Poésie

Archive for 23 février 2018

Les trottoirs s’épuisent (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018


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Les trottoirs s’épuisent
sous le souffle
des pas
Des gens s’arrêtent
parfois

(François de Cornière)

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Mes pas derrière mon cœur (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



 

Mes pas derrière mon cœur

Même si vous n’êtes plus
que des mots dans mes poèmes
– des pronoms personnels
qui pour moi ont des corps
des gestes des paroles –
c’était pour toi pour vous pour nous
ces phrases où j’ai laissé
mes pas derrière mon cœur.

Et si l’eau est venue tout recouvrir
ou de la terre la terre
et des ciels d’autres ciels
je n’oublie pas
– vous qui n’êtes plus que des mots
dans mes poèmes –
que sous l’eau la terre le ciel
je suis relié à vous
qui me reliez à moi.

Alors je continue
de vous parler
de t’embrasser
de nous croire mortels
et d’écrire quelquefois des poèmes
où mon corps mes gestes mes paroles
sont ces cendres encore chaudes
sous mes phrases où vos pas
c’est mon cœur.

(François de Cornière)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: John Everett Millais

 

 

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LE SABLE DANS LA MAIN (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
LE SABLE DANS LA MAIN

On le sentira toujours couler
le sable dans la main :
poing fermé
mince filet
petit tas.

Ce geste machinal
où file avec le sable
quoi d’autre d’exactement
il est toujours le même.

Sauf qu’aujourd’hui j’y pense
laissant couler du sable
de mon poing sur le sable
le plus lentement possible
avant d’ouvrir les doigts.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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QUAND UNE AMPOULE GRILLE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
QUAND UNE AMPOULE GRILLE

Quand une ampoule grille
il se passe un moment de gravité.

L’objet est encore chaud.
On le secoue près de l’oreille
et on entend le bruit
du petit fil qu’on voit.
Qui a lâché.

Alors on cherche dans un tiroir
et on monte sur une chaise
jusqu’à la lampe
au-dessus de la table.

Dans le silence des yeux levés
c’est la lumière qu’on cherche maintenant
« à rétablir ».

Mais autre chose nous a claqué
entre les doigts pendant ce temps.

Il reste à savoir quoi.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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ET ALORS ? (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
ET ALORS ?

Ce sont des détails
— comme vous dites —
des petits coins de ciel
des gouttes d’eau sur la vitre
ou des herbes qui plient.
Et alors ?

Ce sont mes marées hautes
mes rochers de juillet
mes ruisseaux du mois d’août
mes chemins mes épines
mes galets mes cailloux.
Et alors ?

Ce sont mes longs hivers
mes tiroirs et mes livres
mes cafés mes rencontres
mes amis mes amours.
Et alors ?

Ce sont mes certitudes
puisque vous êtes là
qui vivez tout comme moi de détails
— comme vous dites —
où va ma poésie.
Et après ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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TOUT TIENT (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
TOUT TIENT

C’est comme les noeuds du bois
dans les chambres mansardées
— autrefois le grenier —
quand nous dormons là-haut.

Dans la frisette je les regarde
toutes ces taches ces petits ronds
qui font des marques sombres
je les connais.

Parfois un trou près de la poutre
un espace fait d’un vide
impossible à boucher
on le sait.

C’est comme les noeuds du bois
sous le ciel bas qui craque
ces traces nos années.

Et tout tient.
Tout tient.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LE MOMENT BLEU (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



    

LE MOMENT BLEU

Quand un martin-pêcheur
à ras de l’eau était passé
on s’appelait on se criait :
« Tu l’as vu ?
Il vient juste de passer. »

Mais très souvent l’un d’entre nous
n’avait rien vu
et c’était l’un — ou alors l’autre —
qui gardait seul
le moment bleu.

Ce moment bleu du grand courant
(on remontait jusqu’à la nuit
on se perdait on s’attendait)
tu l’as sur toi.

Dans tes papiers
contre ta carte d’identité
la petite plume
tu l’as glissée.

Elle est pour toi
comme mon poème :
éclair reflet présence absence
doigt sur la bouche.

Nos moments bleus
ils ont filé.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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DE L’AUTRE CÔTÉ (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
DE L’AUTRE CÔTÉ

Un bourdon. Il est énorme.
Entre la vitre et le rideau !

Du bout de mes doigts
et dans ta voix cet instant-là
je sais qu’il est pour moi.

Le bourdon vibre
lentement glisse
de l’autre côté où tout s’en va.

Et le silence ferme nos bras
sur le frisson
ouvert en grand
qui nous prend là.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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UNE BRANCHE CASSÉE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



Illustration
    
UNE BRANCHE CASSÉE

Une branche s’est cassée.
Je la vois
prise entre les autres branches
ses feuilles déjà flétries.

Dans le jardin je sors
et je lève les yeux :
il faudra que je prenne l’échelle
pour dégager le bois
du bois enchevêtré.

Mais d’énormes nuages
bousculent parfois des pensées d’homme
et la branche
sous le ciel qui grince
devient une parole
dont je sens la terrible faiblesse.
Puisqu’elle vient de moi.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LE GRAND SILLAGE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LE GRAND SILLAGE

Pendant la traversée
nous restons accoudés
sans beaucoup parler.

Nous regardons derrière
l’écume impressionnante
et les vagues qui s’écartent
sous nos pieds.

Nous voyons loin le grand sillage.
Il semblait droit il ne l’est pas.
Il remuait il devient plat.
Il était fort il s’évanouit.

La large trace
la mer ouverte en deux
notre chemin
c’était le beau sillage.

Où étions-nous vraiment
pendant la traversée ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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