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Poésie

Archive for 25 février 2018

C’est entre nous (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
C’est entre nous
L’air entre les mains salut
Et la main entre les saluts
Et le salut pur intervalle
Rien avec rien jouant à
S’envoyer la belle apparition

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Par où commencer? (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
Par où commencer?
Tout craque et ploie
L’air frémit de comparaisons
Pas un mot ne vaut mieux que l’autre
La terre gronde comme une métaphore

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Différence implacable (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
différence implacable des sexes,
herse où s’agripper ensemble.
adieu langage amour à refaire toujours

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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LE VERSANT D’EN FACE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration
    
LE VERSANT D’EN FACE

Arrivés tard dans la nuit
et le matin encore couchés
tous les bruits du dehors
(la montagne les arbres les oiseaux
peut-être même le ciel)
nous les écoutions sans bouger.

Nous n’avions rien encore revu
dans les phares du chemin
mais maintenant tout se mettait en place
derrière les volets par-dessus les tuiles
à partir du vieux lit :

un geai était parti sur le versant d’en face
la vigne caressait le mur
le silence passait entre deux vagues de vent
et cette tourterelle — nous ne la connaissions pas —
où pouvait-elle être ?

Nous restions allongés dans la chambre du fond
avec seulement la minuscule fente de lumière
qui tenait tout l’ensemble
en tremblant légèrement derrière le rideau.

Mais qui de nous irait ouvrir ?
Et pourquoi tant attendre ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LE CLOU QUE J’ENFONCE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Jane Palmer 
    
LE CLOU QUE J’ENFONCE

Ce ne sont pas de grands poèmes
mes petits vers.
Tout au plus des impressions
que j’ai du fond de moi
laissées venir sur du papier
— et quand je le pouvais.

Aujourd’hui
je scie des planches
(vous êtes dans la petite chambre)
je rafistole des chaises
(et je vous entends rire)
je débroussaille je fais des tas
(le mistral fait tout voler).

Je note cela sur un coin de la table
et quand le marteau tape
toute la montagne résonne
sur le clou que j’enfonce
au coeur de cette matinée bleue.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LES PETITS RIENS (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
LES PETITS RIENS

Et si c’était cela
en écoutant Mozart
ce qui filait derrière la fenêtre
devant la mer
entre le soleil et les nuages
et les vagues et les voiles
« les petits riens » ?

Au fond d’une poche
au creux d’un rocher
au bord du ciel
dans l’air de ce jour-là
tout au bout de juillet
et si c’était cela
« les petits riens » ?

Rangés dans un placard
galets morceaux de bois
ossements coquillages
plumes de mouettes
pinces de crabes

Et si c’était cela
en écoutant Mozart
derrière la fenêtre
à partir de ma vie
que je voyais passer

— senza indicazione di tempo —

« les petits riens » ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

  

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Et d’espaces en feuillages (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
Et d’espaces en feuillages,
et de ciels en adieux,
des mains qui cherchent encore.

Silences au-dessus des nuées,
si doucement élancés,
que la nuit peu à peu s’éloigne.

Sous l’aile, ton regard
ensemence mes pas.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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UN CAMÉLIA (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Charles Gleyre 
    
UN CAMÉLIA

Elle s’approche du soir, lentement,
un camélia blanc sur l’épaule accroché.
Bruits de soie noire, plis sous les branchages,
dans l’ombre calme et du cercle entier de la nuit,
tandis que sur le visage et le flux des miroirs,
court le parfum fidèle, froissé, des sels dorés.

Errance de ce visage, clair et ardent,
qui, à travers l’orage inespéré d’août,
éclaire, et fait l’obscurité plus douce.

Elle peut passer, se couvrir d’ombre.
Qu’importe !
Elle a sur sa robe et dans ses doigts,
les clartés célestes pour refleurir,
plus haut, après la nuit.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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DERRIÈRE LA FENÊTRE (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Francisco Bajén
    
DERRIÈRE LA FENÊTRE

Derrière la fenêtre, il s’esquisse un visage,
puis une main, toute blanche, qui dit adieu.

Est-ce le matin, le soir ? Ou toute autre lumière,
doucement inquiète, qui allège son ombre.

Derrière la fenêtre, s’efface l’absence, rose,
de ces yeux sans cesse présents.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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J’ai ton absence (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Annick Prod’Homme
    

J’ai ton absence,
couleur cendre,
sur la langue.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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