Arbrealettres

Poésie

L’Âme par moments a besoin d’un Pansement (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018




L’Âme par moments a besoin d’un Pansement —
Quand trop terrifiée pour bouger —
Elle sent monter une Peur horrible
Qui s’arrête pour la regarder —

Et la salue, avec ses longs doigts —
Caresse ses cheveux qui se glacent —
Bois donc, Lutin, aux lèvres
Qu’a survolées — l’Amant —
C’est indigne, qu’une pensée si mesquine
Aborde un — si — beau Thème —

L’âme par moments s’échappe —
Quand brisant toutes les portes —
Elle danse au large, comme une Bombe,
Et se balance sur les Heures,

Comme fait l’Abeille — portée par son délire —
Longtemps Emprisonnée loin de sa Rose —
Qui touche la Liberté — puis ne sait rien de plus —
Que le Midi, et le Paradis —

Les moments où l’Âme se fait rattraper —
Quand, telle une Criminelle on l’emmène,
Des fers à ses pieds ailés,
Et des cadenas, à sa chanson,

L’Horreur l’accueille, à nouveau,
Ces choses-là, la Langue se garde de les braire —

***

The Soul has Bandaged moments —
When too appalled to stir —
She feels some ghastly Fright come up
And stop to look at her —

Salute her, with long fîngers —
Caress her freezing hair —
Sip, Goblin, from the very lips
The Lover — hovered — 0’er —
Unworthy, that a thought so mean
Accost a Theme — so — fair —

The Soul has moments of escape —
When bursting all the doors —
She dances likes a Bomb, abroad,
And swings upon the Hours,

As do the Bee — delirious borne —-
Long Dungeoned from his Rose —
Touch Liberty — then know no more —
But Noon, and Paradise —

The Soul’s retaken moments —
When, Felon led along,
With shackles on the plumed feet,
And staples, in the song,

The Horror welcomes her, again,
These, are not brayed of Tongue –

(Emily Dickinson)


Illustration: William Blake

 

9 Réponses to “L’Âme par moments a besoin d’un Pansement (Emily Dickinson)”

  1. Clara said

    Bonjour et bonne année 2015 !
    Votre blog est très joli mais j’aurais une question : d’où viennent les traductions, est-ce vous qui traduisez ? Car il y a des choses assez imprécises, voire « fausses »…

    • arbrealettres said

      Poétique Année 2015 !
      Non non ce n’est pas moi mais ici une version bilingue et le traducteur poète ou pas à interprèter sans doute à sa manière
      Ce qui compte c’est que « quelque chose » de « vrai » soit passé entre le poème et vous
      j’espère que c’était le cas malgré tout 🙂

      • clara said

        Mais qui est ce traducteur ?…

        • arbrealettres said

          Je pense que c’est Françoise Delphy 🙂
          Vrai, Faux … je pense que le traducteur/trice doit être poète et réinterpréter même s’il semble s’éloigner du texte originel .. mais bon pas assez doué en anglais-américain pour juger …

          • clara said

            J’ai vérifié la traduction de Delphy sur ce poème-ci : elle ne traduit pas du tout cela comme ça, et j’ai demandé à une amie anglaise le poème ne peut pas être traduit ainsi même si on considère qu’il réinterprète car le mot en anglais ne signifie pas du tout ça, voilà, sachez le et peut-être ne mettez pas en ligne des sources peu fiables …

          • arbrealettres said

            merci de me proposer une traduction que je mettrai en ligne avec plaisir … 😉

  2. Bon cette fois c’est bien la traduction de Françoise Delphy 😉
    Ci-dessous la version d’un autre traducteur dont je retrouverai le nom…
    Satisfaite Clara ? 😉

    L’Âme connaît des moments de Garrot —
    Où figée par l’effroi —
    Elle sent qu’une Horreur sans nom approche
    Et s’arrête pour la fixer —

    La saluer, de ses longs doigts —
    Caresser ses cheveux froids —
    Boire, Gnome, aux lèvres mêmes
    Sur quoi — planait — l’Amant -—
    Une infâmie, que si vile pensée
    Aborde un si — beau — Thème —

    L’Âme connaît des moments d’évasion —-
    Où enfonçant toutes les portes —
    Elle danse, dans les airs, comme une Bombe
    Et se balance sur les Heures,

    Comme, longtemps Cloîtrée loin de sa Rose –
    L’Abeille — en son vol de délire –
    Touche à la Liberté — oubliant tout —
    Sauf Midi, et le Paradis –

    Mais les moments de reprise —
    Où, Criminelle qu’on emmène,
    Avec des fers à ses pieds emplumés
    Et des rivets, dans son chant,

    L’Horreur l’étreint à nouveau, ces moments
    Quelle Langue peut les hurler —

    • clara said

      Désolée c’était juste pour ne pas trahir la traductrice elle-même… Bonne journée à vous encore !

      • arbrealettres said

        j’avoue que je n’ai pas le courage de nommer le traducteur même si c’est vrai cela peut changer tout un poème 😉
        Vive la Poésie !! 🙂

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