Arbrealettres

Poésie

Archive for mars 2018

Dans la bouche (Stéphanie Ferrat)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Maria Amaral
    
dans la bouche

boire
pour donner à boire

espérer bien plus
que ne peut le corps

(Stéphanie Ferrat)

 

Recueil: Caillot
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Toujours à ouvrir (Stéphanie Ferrat)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    
toujours à ouvrir

la main

sera

(Stéphanie Ferrat)

 

Recueil: Caillot
Traduction:
Editions: La lettre volée

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MAISON À DEUX GENOUX (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Louise Bourgeois
    
MAISON À DEUX GENOUX

j’habite la maison à deux genoux
je hante sa hauteur et profondeur
et je monte âme et corps en tous sens
. mais je voudrais que profondeur soit haute
pour que je poursuive et habite l’air
respiré avec celle que je respire
. elle est demeure mouvante et célébrée
elle s’est ouverte à toute respiration
je la prends comme l’air et comme soif
. elle me donne soi et ce qui est
et pourtant n’est pas ce qui contente

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je m’éveille et vois (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
je m’éveille et vois les lignes du noir
et je les touche en sommeil dans la main
elles se retournent en douceur d’épaules
. et leurs mains me parlent et elles viennent
et me parlent par jambes entrelacées et sommeil
. de toison et de ventre et chaleur
qui se retourne encore et qui vient
s’envelopper de moi-même et de soi
. à perte d’ombre sans vue et sans mot

car vous êtes âme du corps et jouissance
du sommeil et d’éveil et d’enveloppement
et dans le gris de nuit flamme et brûlure
. et joie cri abrupt et geste d’écart
dans les jambes et retour des bras et des bouches
langue contre langue et mot dans le mot
. pour ne pas dire qui flambe
corps à corps en nuit
car vous êtes forme du corps

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le trait dessine leur corps (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
le trait dessine leur corps deux à deux
immergés l’un dans l’autre par la limite
mais distincts par désir de l’un vers l’autre
. et elle femme dessinée par la main de l’autre
il la regarde hanche et épaule et jambe dormante
le visage enfoui aux cheveux et nuque blanche
. les ombres fusain et sanguine vivante aux lèvres
et les lacunes ombrées aux plis et traces
elle dort ensuite dans le geste du coude
. respire dans la couleur de nuit

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

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L’absence ne résout rien (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration
    
L’absence ne résout rien

pourquoi, pourquoi ce désordre
de la mort
dans lequel bruit sans fin
l’indissoluble ?

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Souffre que je te parle (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
souffre que je te parle

dit la souffrance de la mère
à son enfant mort.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Ce qui s’inscrit sous les paupières de la passion (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

Ce qui s’inscrit sous les paupières de la passion,
qui saura m’en révéler la source ?

Une forme légère, et pourtant très certaine, moule son chemin en moi.
Elle chatoie, est-ce mon âme, et me tend, avide soudain du dévoilement
et du centre, sa musique qui résonne jusqu’en la plus secrète de mes ramures.

À travers elle, c’est le coeur de mes demeures coutumières que je vois,
et ce qui me guide n’est plus seulement cette ardente nudité de la chair
mais une marque inscrite qui dit : aucune porte ne se ferme,

Ô donnez-moi la grâce d’être toujours dans cette touche de la félicité.
Et ainsi se cherche le nom au creux d’un visage qui serait la lumière.
Et l’on ne voit dans son absence que flamme accrue de l’ombre.
Et l’on pressent, éblouie, sa forme parfaite.

Savoir où fixer son regard.
Ordonner cette quête,
quitter le tourbillon
de lumière et de nuit
qui nous enferme.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Quand trouverai-je la réponse (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018




    
Quand trouverai-je la réponse,
l’intimité d’une réponse au vide torturant qui m’entoure ?
Et comment survivre aux défaillances et aux peurs,
replis et troubles, ciels et pentes où l’esprit s’égare ?

Sans suite et sans retour, pourtant j’avance,
je ne peux m’arrêter sur ce chemin
où le mal me ressemble aussi,
où la vie perd sa substance,
où je deviens cet effacement progressif d’un moi
qui est figure dérisoire de souffrance.

Et c’est à la lisière des nuits que m’arrive le brin de connaissance,
le plus fragile des biens que mon coeur ait conquis par tant de peine.
Fermée aux larmes, lèvres serrées, et soulevant la tête,
j’entends ce cri semé de météores,
ce cri fort d’espérance qui lapide l’obscur.

Je me penche et reçois le reflet de sa lumière.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Je sais les labyrinthes (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Je sais les labyrinthes. Je sais.
On suit des routes à l’intérieur de soi pour retrouver le centre.
On pense qu’il ressemble au point ultime, sublime dit le poète,
où la vie rejoint la mort,
où se joue lumineux le fonctionnement de l’âme, au-delà.

Et l’on se retrouve à la croisée des chemins, une pierre, un instant,
le fil court de soi à soi.
Parfois l’Autre est là.
Puis il nous quitte.

Usés d’attente et de désert, nous renaissons en d’autres eaux,
nous nageons dans une autre écriture. Sans aucun oubli.
Nous traçons notre route au large
en sachant cette lumière qui fut, où nous baignâmes jadis.

Car l’amour est dans la perte et la ronce, dans l’obscur du torrent,
dans les fausses luisances et le vent des folies
mais l’on avance parés vers sa demeure
et les mots nous précèdent et l’éclairent.

L’impossible harmonie nous habite,
elle a le visage de l’innocence.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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