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Poésie

Archive for 1 mars 2018

Des brindilles (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
Des brindilles composent sur la neige
des suites de signes discontinues
ça et là sur le lac la glace fendillée
laisse affleurer une langue d’eau tremblante
le chuchotis des flocons couvre
l’étendue silencieuse
tout veut parler
tout se tait

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Claquemurée (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Juju Alishina

    
Claquemurée derrière une paroi de verre
et comme foudroyée
par une infiniment lente commotion
qui la dépouille de son tégument de larve
la danseuse buto
oppose à nos regards la pâleur de nacre
de ses yeux révulsés

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

  

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Tamisées par des vitraux mouvants (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
Tamisées par des vitraux mouvants
sous les croisées d’ogives de la forêt
des gouttes de lumière éclaboussent
un bloc de pierre que du lierre enlace
au pied duquel sous un gazon moussu
piqueté de graciles champignons mauves
un entremêlement de filaments et de racines
tresse le noeud du grand mystère

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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COMPLICITÉ (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Charles Edward Perugini
    
COMPLICITÉ

Le ciel s’est appuyé
De tout son poids de Juillet bleu
Sur les fragiles reins du toit
Pour voir ce que tu lis
Par-dessus ton épaule.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE CHANT REDÉCOUVERT (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



 

Illustration: Georges Jeanclos
    
LE CHANT REDÉCOUVERT

Le chant dormait sans grand litige
Dans le hamac de ses mesures.
Tu le pressens, tu m’encourages :
Traverse à cet endroit la mer.

Je m’endormais dans tes mains, douce barque.
Je voguais dans tes mains.
J’étais le matelot de ton ardeur.
Le chant habite un rythme de la mer.
Nouveau Jason, j’allais le conquérir.
Dans les sources cachées, sur les toitures.
Jour est le nom du chant et nuit sa musique.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES MONTS BLEUS (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



 

Illustration: Daniele Guido
    
LES MONTS BLEUS

Les monts bleus et le ciel songeur.
Toi
Dont les yeux ardents sont
L’abri du ciel et des monts.

Source, frisson, tristesse, joie.
Je baiserai de ma langueur
Ta bouche.

Je vois les mots se former
Dans tes pupilles, sur tes lèvres.
Et je respire ton haleine.

Je me raccroche à la vie,
Je sais l’existence du monde
Lorsque je tiens ta main.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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SECRET (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



    


    
SECRET

Plusieurs vies se sont partagé ma vie
Pendant que je ceinturais la terre.
Il ne sert à rien de rêver :
Je croyais étreindre les astres,
Sonder l’intensité de l’ombre.

Ciel où l’être perdure. Mer couleur de papier
D’emballage et le môle. Épervier d’une grue,
Drague épileptique avec son bruit de rouille
Dans le chenal. Mais le navire à quai
Pour l’aventure. Rien sans exil ni solitude.

Je ne chercherai plus dehors ce qui est au-dedans
Le convoi lent de la sagesse et les images.
Sur cette terre aux masques blancs
D’Hécate, aux sauvagines
Sur les marais que troue le groin des barques,
Je craignais de me perdre : loin de toi
Le monde est mort, halliers déserts.

Souris-moi, parle de ta voix
Grave et douce et légère, joyeuse,
Des profondeurs et de ce temps.
Tes pas traversent doucement
La neige du silence et l’ombre sous les arbres.
Ô fée vêtue de fleurs.
Ta main au feu des bagues.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN CHANT POUR ARRÊTER CELLE QUI PASSE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
UN CHANT POUR ARRÊTER CELLE QUI PASSE

Tes longs cheveux, tes yeux et ton sourire.
Car pour mieux consumer ma bouche sèche, tu souris
Arrête-toi, je me baigne, je meurs
Dans ce sourire. Et tes yeux rient. Tu me relèves,
Tu me fais naître enfin, tu fortifies
Mes forces. Je retourne à ces jours.

Errant alors avec la vanité des livres, le sortilège
Des pensées qui s’entortillent, les mots sans rémission
Une Sorbonne grise et gravitant
Au-dessus de la mort et des gloses, le désespoir
Au terme des tombeaux. Perdu
Parmi tant de concepts. Je n’avais pas vécu,
Je ne connaissais rien : inemployé, vide et de coeur étroit.
Ignorant l’art des mots, titubant de détresse. Tu m’inventais

Pour renaître à l’état de chant, comme la source,
Filant de sa quenouille tresse de jour
Et note pure, maintient la mélodie.
Je tiens de toi notes et mots, ce que je dois savoir.

Ô fruits ensoleillés des premières paroles
Pour nourrir en chemin nos bouches qui se cherchent.
Nos mains mêlées et nos coeurs assourdis,
Même pensée en même temps, et la lumière —
Mais d’où venue cette lumière ?
Pour nous creuser et nous étreindre.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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TA MAIN LÉGÈRE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
TA MAIN LÉGÈRE

Ta main légère et fine comme un oiseau
Sous mes doigts si craintifs : j’entends battre une veine
Au creux de ton poignet :
Ta veine bleue comme un fil de rosée.

Nos coeurs, timbaliers enivrés de leur rythme
Lorsque nos ciels se penchent se rapprochent
Comme l’eau fébrile et les arbres patients :
Que de choses graves et claires dans tes yeux.

Ô mon amie nous n’avons plus le temps mais ton haleine,
Tes chevilles pour traverser l’été : fines, vivantes.
Pieds dorés. Vigueur d’azur. Corps de lumière.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA FEMME (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
LA FEMME

Je poserai dans le panier les fruits du temps.
Prends garde à ceux qui ont roulé dans l’herbe :
Ce sont les plus chargés du sucre de nos joies.
Voici l’hiver aux arbres vides.

Ton sourire éclaire aux fenêtres
La tambourinade grise des pluies.
Tu regardes qui vient, la vallée sombre,
La ligne de cyprès qui dodelinent.

Tes mains ont charge d’éternel
Pour des paroles qui rassurent.
Ô joie que tu fais paraître, paisible,
quand la nature se confie.

Entends les pensées qui dérivent,
Les rêves. Que sais-tu de la nuit,
Parle, dis-moi, que sais-tu de la nuit ?
J’ai veillé jusqu’ici vainement,
Comme dehors l’hiver, la page est vide.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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