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Poésie

Archive for 4 mars 2018

LA SOLEA (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
LA SOLEA

Vêtue de voiles noirs
elle pense que le monde est bien petit
et que le coeur est immense.

Vêtue de voiles noirs.

Elle pense que le tendre soupir
et le cri, disparaissent
dans le courant du vent.

Vêtue de voiles noirs.

On a laissé le balcon ouvert,
et à l’aube, par le balcon
tout le ciel s’est jeté.
Aïe ! Aaah !…

Vêtue, oui, de voiles noirs !

(Federico Garcia Lorca)

 

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AÏE! (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Estrid Cortambert

    

AÏE!

Le cri laisse dans le vent
une ombre de cyprès.

(Laissez-moi dans ce champ,
pleurer.)

Tout s’est brisé dans le monde.
Il ne reste que le silence.

(Laissez-moi dans ce champ,
pleurer.)

L’horizon sans lumière
est mordu de brasiers.

(Je vous ai déjà dit de me laisser
dans ce champ,
pleurer.)

(Federico Garcia Lorca)

 

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CARREFOUR (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration

    

CARREFOUR

Vent de l’Est;
un réverbère
et le poignard
dans le coeur.
La rue vibre
comme une corde
tendue,
elle vibre
comme une mouche énorme.
De toutes parts
je vois le poignard
dans le coeur.

(Federico Garcia Lorca)

 

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ET APRÈS (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
ET APRÈS

Les labyrinthes
que crée le temps
s’évanouissent.

(Seul reste
le désert.)

Le coeur,
fontaine du désir,
s’évanouit.

(Seul reste
le désert.)

L’illusion de l’aurore
et les baisers,
s’évanouissent.

Seul reste
le désert.
Un désert
onduleux.

(Federico Garcia Lorca)

 

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LES SIX CORDES (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
LES SIX CORDES

La guitare
fait pleurer les songes.
Le sanglot des âmes
perdues
s’échappe par sa bouche
ronde.

Et comme la tarentule,
elle tisse une grande étoile
pour chasser les soupirs
qui flottent dans sa noire
citerne de bois.

(Federico Garcia Lorca)

 

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SÉRÉNADE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
SÉRÉNADE
(Hommage à Lope de Vega.)

Sur les bords de la rivière
voyez la nuit qui se baigne
et sur les seins de Lolita
meurent d’amour les bouquets.

Meurent d’amour les bouquets.

La nuit nue chante à voix basse
sur les ponts du mois de mars.
Lolita au bain se pare
dans l’eau saline et le nard.

Meurent d’amour les bouquets.

La nuit d’anis et d’argent
luit sur les toits de la ville.
Argent des eaux miroitantes.
Anis de tes cuisses blanches.

Meurent d’amour les bouquets.

(Federico Garcia Lorca)

 

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A L’OREILLE D’UNE JEUNE FILLE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
A L’OREILLE D’UNE JEUNE FILLE

Je n’ai rien voulu
rien voulu te dire.

J’ai vu dans tes yeux
deux jeunes arbres fous
de brise, de rire et d’or,
qui remuaient.

Je n’ai rien voulu
rien voulu te dire.

(Federico Garcia Lorca)

 

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VÉNUS (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Julien Bourdon
    
VÉNUS
Ainsi t’ai-je vue.

La jeune morte
sur la nacre de sa couche
nudité de brise en fleur
surgissait au jour éternel.

Le monde qui restait,
iris d’ombre et coton,
regardait à la croisée
l’écoulement sans fin des choses.

La jeune morte
creusait l’amour en son tréfonds.
Entre l’écume de ses draps
se perdait sa chevelure.

(Federico Garcia Lorca)

 

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C’EST BIEN VRAI (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



 

Illustration: Edvard Munch
    
C’EST BIEN VRAI

Ah, qu’il me coûte de peine
à t’aimer comme je t’aime!

Amoureux, l’air me fait mal,
mon coeur
et mon chapeau même.

Qui donc voudra m’acheter
ce galon tressé de soie
cette tristesse de fil
blanc à faire des mouchoirs ?

Ah, qu’il me coûte de peine
à t’aimer comme je t’aime!

(Federico Garcia Lorca)

 

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PASSAGE DE LA SÉGUIDILLE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
PASSAGE DE LA SÉGUIDILLE

Parmi des papillons noirs,
va une fille brune
à côté d’un blanc serpent
de brouillard.

Terre de lumière,
ciel de terre.

Elle est enchaînée au frémissement
d’un rythme qui jamais n’arrive;
elle a un coeur d’argent
et un poignard dans la main droite.

Où vas-tu, séguidille,
avec un rythme sans tête?
Quelle lune recueillera
ta douleur de chaux et de laurier-rose?

Terre de lumière,
ciel de terre.

(Federico Garcia Lorca)

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