Arbrealettres

Poésie

Le Silence dans une église (Jules Verne)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
Le Silence dans une église

Au levant de la nef, penchant son humide urne,
La nuit laisse tomber l’ombre triste du soir ;
Chasse insensiblement l’humble clarté diurne ;
Et la voûte s’endort sur le pilier tout noir ;

Le silence entre seul sous l’arceau taciturne,
L’ogive aux vitraux bruns ne se laisse plus voir ;
L’autel froid se revêt de sa robe nocturne ;
L’orgue s’éteint ; tout dort dans le sacré dortoir !

Dans le silence, un pas résonne sur la dalle ;
Tout s’éveille, et le son élargit sa spirale,
L’orgue gémit, l’autel tressaille de ce bruit ;

Le pilier le répète en sa cavité sombre ;
La voûte le redit, et s’agite dans l’ombre…
Puis tout s’éteint, tout meurt, et retombe en la nuit !

(Jules Verne)

 

Une Réponse to “Le Silence dans une église (Jules Verne)”

  1. Église ambivalente
    ———-

    C’est sur l’emplacement d’un temple de Saturne
    Qu’est un clocher sonnant notre Angélus du soir ;
    Cette église est à Dieu pendant les heures diurnes,
    Mais un démon s’y loge aussitôt qu’il fait noir.

    Or, ce diable est vraiment modeste et taciturne,
    Il est plein de sagesse, il est plaisant à voir ;
    Nous lui pardonnerons ses intrusions nocturnes,
    S’il ne se sent pas bien dans son autre dortoir.

    Il fait brûler un cierge, il marche sur les dalles,
    Ou bien sur la muraille, il trace une spirale,
    Lui qui fait tout cela sans produire aucun bruit.

    Ce natif d’inframonde, avec son habit sombre,
    On peut malaisément le distinguer dans l’ombre ;
    Le curé dit de lui «C’est mon veilleur de nuit.»

    =====================================

    Jules voit un acrostiche
    ————

    Comme la cendre vaine emprisonnée dans l’urne
    Oublie ce qu’elle fut, comme l’oiseau du soir
    Retourne vers son nid aux derniers rayons diurnes,
    Nous nous dirigeons tous vers le grand séjour noir.

    Et cela suffit à nous rendre taciturnes,
    Guettant cet ennemi que l’on ne saurait voir ;
    Il semble nous parler en des instants nocturnes,
    Disant : « Tu dormiras bientôt dans mon dortoir ».

    Ombre noyant parfois le sol de froides dalles,
    Un souffle froid qui va le long d’une spirale,
    Il ne se fait point voir, il n’émet aucun bruit ;

    L’adversaire est partout, dans chaque recoin sombre,
    Le froid de sa présence est ressenti dans l’ombre
    Et rappelle aux mortels l’approche de la nuit.

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