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Poésie

Archive for 6 mars 2018

La papillon monte au ciel (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
La papillon monte au ciel
en titubant comme un ivrogne.
C’est la bonne façon.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Dès que je les ai vus (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
Dès que je les ai vus, les nuages sont venus à mon secours.
Si vous saviez combien j’ai besoin d’aide.
Il n’y a pas un instant où je ne cherche une pierre
pour aiguiser l’oeil.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Je crois que tout souffre dans cette vie (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Je crois que tout souffre dans cette vie.
Ne soyez pas trop effrayé par cette phrase,
je pourrais aussi bien dire, et ce serait aussi vrai:
tout se réjouit dans cette vie.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Chaque objet séparé (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: Odilon Redon
    
Chaque objet séparé de son bruit, de son poids,
Toujours dans sa couleur, sa raison et sa race,
Et juste ce qu’il faut de lumière, d’espace
Pour que tout soit agile et content de son sort.
Et cela vit, respire et chante avec moi-même
— Les objets inhumains comme les familiers —
Et nourri de mon sang s’abrite à sa chaleur.
La montagne voisine un jour avec la lampe,
Laquelle luit, laquelle en moi est la plus grande ?
Ah ! Je ne sais plus rien si je rouvre les yeux,
Ma science gît en moi derrière mes paupières
Et je n’en sais pas plus que mon sang ténébreux.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nous sommes deux, nous sommes un (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: René Magritte
    
Nous sommes deux, nous sommes un,
Nos pas s’embrouillent, et nos coeurs.
Nous avons même vêtement
Quand nous allons chemin faisant
Sur la route qui sort de nous
La seule que nous puissions suivre.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Visages de la rue (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




Illustration: François Contesse
    
Visages de la rue, quelle phrase indécise
Écrivez-vous ainsi pour toujours l’effacer
Et faut-il que toujours soit à recommencer
Ce que vous essayez de dire ou de mieux dire?

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE DÉSIR (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
LE DÉSIR

Quand les yeux du désir, plus sévères qu’un juge, vous disent d’approcher,
Que l’âme demeure effrayée
Par le corps aveugle qui la repousse et s’en va tout seul
Hors de ses draps comme un frère somnambule,
Quand le sang coule plus sombre de ses secrètes montagnes,
Que le corps jusqu’aux cheveux n’est qu’une grande main inhumaine
Tâtonnante, même en plein jour…
Mais il est un autre corps,
Voici l’autre somnambule,
Ce sont deux, têtes qui bourdonnent maintenant et se rapprochent,
Des torses nus sans mémoire cherchent à se comprendre dans l’ombre,
Et la muette de soie s’exprime par la plus grande douceur
Jusqu’au moment où les êtres
Sont déposés interdits sur des rivages différents.
Alors l’âme se retrouve dans le corps sans savoir comment
Et ils s’éloignent réconciliés, en se demandant des nouvelles.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elle n’est plus que du silence (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: Cécile Mendousse
    
Elle n’est plus que du silence
Tremblant à la pointe d’un cil,
Son être tient dans une larme
Et voudrait que cela suffit.

Comprenez-vous qui je désigne
Et je redoute de nommer?

Je pense à la pauvre Marie
Sans corps maintenant et sans yeux
Réduite à ce point lumineux
Derrière quelles jalousies

De bois peint ni de fer non plus,
Mais de ciel pur, de modestie.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE REGRET DE LA TERRE (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
LE REGRET DE LA TERRE

Un jour, quand nous dirons « C’était le temps du soleil,
Vous souvenez-vous, il éclairait la moindre ramille,
Et aussi bien la femme âgée que la jeune fille étonnée,
Il savait donner leur couleur aux objets dès qu’il se posait.
Il suivait le cheval coureur et s’arrêtait avec lui,
C’était le temps inoubliable où nous étions sur la Terre,
Où cela faisait du bruit de faire tomber quelque chose,
Nous regardions alentour avec nos yeux connaisseurs,
Nos oreilles comprenaient toutes les nuances de l’air
Et Iorsque le pas de l’ami s’avançait nous le savions,
Nous ramassions aussi bien une fleur qu’un caillou poli,
Le temps où nous ne pouvions attraper la fumée,
Ah! c’est tout ce que nos mains sauraient saisir maintenant. »

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’AME (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



    

L’AME

Puisqu’elle tient parfois dans le bruit de la mer
Ou passe librement par le trou d’une aiguille
Aussi bien qu’elle couvre une haute montagne
Avec son tissu clair,

Puisqu’elle chante ainsi que le garçon, la fille,
Et qu’elle brille au loin aussi bien que tout près,
Tantôt bougie ou bien étoile qui grésille
Toujours sans faire exprès,

Puisqu’elle va de vous à moi, sans être vue,
Et fait en l’air son nid comme sur une plante,
Cherchons-la, sans bouger, dans cette nuit tremblante
Puisque le moindre bruit, tant qu’il dure, la tue.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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