Arbrealettres

Poésie

Les pierres du chemin (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



    

Les pierres du chemin, ah comment se fait-il
Qu’elles soient devenues
Les yeux des cerfs errants, des biches et des loups,
Et les yeux du cheval qui s’en allait sans ruses
Se peut-il que ce soient deux cailloux dans le fleuve?
Tournez-vous par ici, mes bêtes galopantes,
Au secours, j’ai besoin de chacune de vous,
Troupeau de taurillons, chevaux faiseurs d’espaces,
Personne n’est de trop pour consoler un fou,
Ah j’ai même besoin des bêtes qui se cachent
Et du grain de maïs au fond d’un sac perdu.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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