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Poésie

Archive for 29 mars 2018

J’ai vu (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
J’ai vu non pas l’ombre,
mais entre l’ombre des barreaux
la douce lumière du vide

(Bernard Noël)

Découvert ici: http://www.arthesee.org/

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LA MADONE (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
LA MADONE

I

Vous m’avez donné, Madame,
Un étrange chapelet
Qui m’a pris le coeur et l’âme
Comme un agile filet !

Où sont mes goûts de naguère ?
On me disait libertin !
Aujourd’hui je n’ai plus guère
Que des soifs de sacristain.

Je me prosterne et je prie,
Chaque jour à deux genoux,
La bonne Vierge Marie
Qui, d’en Haut, veille sur nous.

II

Je récite l’Angelus,
Brûlant d’une ardeur nouvelle !…
Mais ne vous étonnez plus…
Mon secret – je le révèle !

Au fond du ciel étoilé
La Vierge m’est apparue
Découvrant son front, voilé
Par un grand manteau de nue !

J’ai cru… N’ai-je point rêvé ?
Oui j’ai cru… Dieu me pardonne !
En bredouillant mes Ave
Que c’était vous la Madone.

(Guy de Maupassant)

Découvert ici: https://nicole-pessin.com/

 

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Nous aimerions Dieu (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
Nous aimerions Dieu
si le cristal de nos yeux
était convexe et non concave.

Nous verrions les étoiles
non dans l’air
mais en nous-mêmes.

Nous aimerions Dieu
si le coeur, grotte de l’âme,
était en eau, au lieu de chair.

Nous verrions dans cet aquarium
les hommes, la monstrueuse
faune des péchés.

(Federico Garcia Lorca)

 

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CHANSON BRUNE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration: Achille Devéria
    
CHANSON BRUNE

Je me perdrais bien
dans ton pays brun,
Maria del Carmen.

Je me perdrais bien
dans tes yeux déserts,
jouant au clavier
de ta bouche ineffable.

Dans ton étreinte sans fin,
je verrais l’air brun
et la brise aurait
le duvet de ta joue.

Je me perdrais bien
dans tes seins tremblants,
dans les profondeurs noires
de ton corps suave.

Je me perdrais bien
dans ton pays brun,
Maria del Carmen.

(Federico Garcia Lorca)

 

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MONDE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration: Octavio Ocampo
    
MONDE

Angle éternel,
la terre et le ciel.
Pour bissectrice, le vent.

Angle immense,
le chemin tout droit.
Pour bissectricee, le désir.

Les parallèles se rencontrent
dans le baiser.
Ô coeur
sans écho,
c’est en toi que commence et s’achève
l’univers.

(Federico Garcia Lorca)

 

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LE POÈTE DEMANDE À SON AMOUR DE LUI ÉCRIRE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration: Andrzej Malinowski

    

LE POÈTE DEMANDE À SON AMOUR DE LUI ÉCRIRE

vive mort, amour de tout mon être,
j’espère vainement ton signe écrit
et pense avec la fleur qui se flétrit
que si je vis sans moi autant te perdre.

Oui, l’air est immortel. La pierre inerte
ne connaît l’ombre et non plus ne l’évite.
Coeur intérieur, de rien ne lui profite
le miel glacé que la lune lui verse.

Mais moi je souffre et j’ai ouvert mes veines
dans un tourment de lys et de morsures,
tigre et colombe au-dessus de ton sein.

Apaise donc d’un mot cette brûlure
ou bien laisse-moi vivre en ma sereine
nuit de l’âme à tout jamais obscure.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Tant qu’on sent le tremblé (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration
    
tant qu’on sent
le tremblé léger
le battement régulier
au fond de la caisse
on ne s’en fait pas

on n’avance pas plus
que l’herbe ou l’arbre
c’est tout

on n’est pas perdu
juste suspendu
par l’hiver

il n’y a rien à craindre

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Pas d’envie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration: Alphonse Osbert
    
pas d’envie
dans le lent la mémoire
flanche
doucement

cinq heures
et déjà presque un soir

on attend quoi

peut-être des mots
qui ouvriraient

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Regard frais (Jean Esponde)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration: René Magritte
    
regard frais,
étranger de souche,
et partout
essayer de
se sentir chez soi
comme les efforts
de la bûche
pour s’enflammer
toute seule.

(Jean Esponde)

 

Recueil: COULEURS HARAR et autres sujets d’inquiétude
Traduction:
Editions: Atelier de l’Agneau

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C’est enjamber (Éric Ferrari)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
C’est
enjamber sa propre agonie.
Désaveugler l’instant. La légèreté
d’un mouchoir blanc jeté dans
le fleuve.

(Éric Ferrari)

 

Recueil: Les Inventions
Traduction:
Editions: Cheyne

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