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Poésie

Archive for 31 mars 2018

Parfois le jour se lève (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Josephine Wall 
    
Parfois le jour se lève
et voilà qu’est atteinte l’existence.

Au-delà des prières, nous sont révélés, comme une grâce,
les signes du monde et de la vie.

Peut-être alors, en ces instants, savons-nous notre place,
et partant l’Autre, et partant l’illimité, le don,

l’appellerait-on l’amour,
ce feu de joie qui toujours nous fonde et nous dépasse.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Je me souviens de ce qu’il faut (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Georges Jeanclos
    
Je me souviens de ce qu’il faut
d’amour, de brûlures et d’attentes
pour parler l’éternelle présence.

Cette demeure si nue
où la flamme habille, déshabille le corps,
et fait jaillir, gorgés d’étoiles,
un sein, un sexe où coulent
le plaisir et l’extase.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Est-il trop limpide et invisible (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Gérald Lefèvre

    
Est-il trop limpide et invisible à d’autres yeux
le secret qui remplit le panier de mes jours ?

Qui mangera avec moi les fruits dont il regorge ?
Ne sont-ils pas trop acides ou trop mûrs pour d’autres bouches ?

Leur odeur berce mon âme, lui donne saveur d’éternel et couleur d’amour.
Elle peut alors rejoindre le pré nourrissant et sauvage de l’enfance première,
l’ordre pur qui attire et délivre, première porte du paradis.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Le monde est peuplé de tremblements (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Le monde est peuplé de tremblements secrets, de brûlures
qui lui viennent d’un chant au coeur de notre vie.

Son lent égrènement, sans justification,
nous ouvre à l’autre lumière.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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L’humanité véritable (Denis Vasse)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

L’humanité véritable réside dans la dimension d’un désir tendu
vers un réel impossible à comprendre ou à se représenter.

Au coeur de son corps, comme au-delà de l’espace sidéral,
l’homme cherche le visage de ce qui lui donne corps.

(Denis Vasse)

 

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Il y a en nous (Armel Guerne)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Odilon Redon
    
Il y a en nous quelque chose qui sait.
Nous ne faisons que donner
et recevoir des signes.

(Armel Guerne)

 

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LE FORÇAT (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: La Rouille
    
LE FORÇAT

Je ne vois plus le jour
Qu’au travers de ma nuit,
C’est un petit bruit sourd
Dans un autre pays.
C’est un petit bossu
Allant sur une route,
On ne sait où il va
Avec ses jambes nues.
Ne l’interroge pas,

Il ignore ta langue
Et puis il est trop loin,
On n’entend plus ses pas.
Parfois, quand je m’endors,
La pointe d’un épi
Déserte mon enfance
Pour me trouver ici.
Épi grave et pointu,
Épi que me veux-tu?
Je suis un prisonnier
Qui ne sais rien des champs,
Mes mains ne sont plus miennes,
Mon front n’est plus à moi
Ni mon chien qui savait
Quand j’étais en retard.

Puisqu’au ciel grillagé
L’étoile des prisons
Vient briser ses rayons
Sans pouvoir me toucher,
Avec un brin de paille,
Un luisant bout de bois
Et le cil d’une femme
Approchons d’autrefois.
Mais vous vous en allez
Sans atteindre mon coeur,
Brindilles du bonheur,
Mes mains sont surveillées.

(Jules Supervielle)

 

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Vous dont les yeux sont restés libres (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

Vous dont les yeux sont restés libres,
Vous que le jour délivre de la nuit,
Vous qui n’avez qu’à m’écouter pour me répondre,
Donnez-moi des nouvelles du monde.
Et les arbres ont-ils toujours
Ce grand besoin de feuilles, de ramilles,
Et tant de silence aux racines ?
Donnez-moi des nouvelles des rivières,
J’en ai connu de bien jolies,
Ont-elles encor cette façon si personnelle
De descendre dans la vallée,
De retenir l’image de leur voyage,
Sans consentir à s’arrêter.

Donnez-moi des nouvelles des mouettes
De celle-là surtout que je pensai tuer un jour.
Comme elle eut une étrange façon,
Le coup tiré, une bien étrange façon
De repartir!
Donnez-moi des nouvelles des lampes
Et des tables qui les soutiennent
Et de vous aussi tout autour,
Porte-mains et porte-visages
Les hommes ont-ils encore
Ces yeux brillants qui vous ignorent,
La colère dans leurs sourcils,
Le coeur au milieu des périls?
Mais vous êtes là sans mot dire.
Me croyez-vous aveugle et sourd?

(Jules Supervielle)

 

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Et voici la muraille (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

Et voici la muraille, elle use le désir,
On ne sait où la prendre, elle est sans souvenirs,
Elle regarde ailleurs, et, lisse, sans pensées,
C’est un front sans visage, à l’écart des années.
Prisonniers de nos bras, de nos tristes genoux,
Et, le regard tondu, nous sommes devant nous
Comme l’eau d’un bidon qui coule dans le sable
Et qui dans un instant ne sera plus que sable.
Déjà nous ne pouvons regarder ni songer,
Tant notre âme est d’un poids qui nous est étranger.
Nos coeurs toujours visés par une carabine
Ne sauraient plus sans elle habiter nos poitrines.
Il leur faut ce trou noir, précis de plus en plus,
C’est l’oeil d’un domestique attentif, aux pieds nus.
Oeil plein de prévenance et profond, sans paupière.
A l’aise dans le noir et l’excès de lumière.

(Jules Supervielle)

 

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Ô montagnes décrépites (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018




    
Ô montagnes décrépites,
Quel mouvement vous agite
Et quel autre vous arrête
Quand vous sembliez être prêtes
A vous élancer au loin,
Lâches, lâches enjambées
Refusant votre destin.
Ô tristesse en plein soleil,
Même les herbes s’y mettent
Et chacun voudrait sa part,
Voyez, même le lézard.

(Jules Supervielle)

 

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