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Poésie

Archive for 1 avril 2018

Cet amour (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018


 

Cet amour – je le surestime peut-être
Faisant de n’importe quelle femme une déesse
Aux cheveux et aux dents admirables,
Et de ses gestes vides un monde de signification,
Et de son sourire, la fidélité même,
Et de sa moindre parole
L’immortalité.
Je suis trop gai peut-être,
Trop solennel, insincère,
Noyé dans mes pensées
Affamé d’un amour que je sais vrai
Mais trop beau
Trop d’amour affaiblit,
Tous mes gestes
Dérobent mes grandes forces
Et les offrent
A ta main, à ta lèvre, à ton front.

(Dylan Thomas)

 

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Néant en soi (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Positivité absolue du néant en soi.
Non par la conscience du non-être
mais le non-être de la conscience.

(Michel Camus)

Illustration

 

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L’émerveillement (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Martin Dammann

L’émerveillement

Nos bouches d’ombres,
nos heures noires,
nos puits d’angoisse,
seul l’émerveillement
peut les combler
de lumière

(Michel Camus)

Illustration: Martin Dammann

 

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A la croisée (Joseph Brodsky)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

A la croisée

L’humidité se glisse dans la chambre, crispant les épaules
de la belle qui dort sourde à tout appel.
Ainsi se crispe la perdrix quand craquent les branches,
l’ange quand il voit le péché.
A la croisée le coton subtil frémit au rythme alterné des haleines.
L’écume de la soie pâle éclabousse, légère
chaises et miroir, issue vitrée par où les choses
sortent de toute impasse.

(Joseph Brodsky)

Illustration: Zinaida Serebryakova

 

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Silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018


silence

Et si le poème s’écrivait sans sortir du silence
Le silence s’écrirait sans sortir du poème

(Michel Camus)

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La magnificence (Maître Eckart)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Toute la magnificence de la fille du Roi
vient de son intériorité

(Maître Eckart)

 

 

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« Nature morte », quel drôle de nom ! (Christophe André)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

« Nature morte », quel drôle de nom !
L’appellation anglaise still life – vie immobile -,
et l’allemande, et la flamande, qui disent la même chose, sont bien plus proches de la réalité :
ces peintures montrent une vie silencieuse, calme, apaisée.
Qu’elles nous invitent et nous incitent à rejoindre.
Dans ce monde en mouvement, dans ce monde utilitaire,
la nature morte nous arrête : vie immobile, vie inutile.
Inutile ? Parce qu’elle n’a rien à montrer que de l’ordinaire ?
Mais justement : ce qu’elle nous montre, c’est l’ordinaire qu’on ne regarde jamais.

Et si l’on regarde, on voit : de la simplicité en majesté.
Une présence intense derrière l’immobilité.
Si l’on regarde, on voit que même ce qui ne clignote pas, ne bouge pas, ne scintille pas, ne fait pas de bruit,
peut avoir de l’intérêt et de l’importance.
Si l’on regarde, on voit qu’il y a de la beauté, de l’intelligence et même de la grâce
dans le simple, l’accessible, le disponible.

Je me souviens d’une discussion, un jour, avec un moine Zen qui me recommandait de toujours respecter l’inanimé.
Mais qu’est-ce que l’inanimé ? C’est, me disait-il «ce qui ne crie pas quand on le frappe».
Les choses, les objets, tous ces bouts de matière, qui ne crient pas, jamais.
Mais qui parlent parfois…

(Christophe André)

Son site ici

Illustration: Jean-Baptiste Chardin

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Le corps borde l’âme (Carole Darricarrère)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Le corps borde l’âme.
Il est fidèle à ses propres rêves.
Ainsi le souvenir d’une volupté,
est encore une volupté.
Le corps n’oublie jamais.

Oublier, c’est trahir.

(Carole Darricarrère)


Illustration: Arnold Böcklin

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Entre le moineau et l’oiseau sans nom (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Entre le moineau et l’oiseau sans nom :
sa proie.
La lumière s’échappe par l’interstice.

(Paul Auster)

Illustration

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Le silence est l’acte de présence du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Au regard de Narcisse, le silence est mortel.

Au regard du bavard, insoupçonnable.

Au regard du profane, calamiteux.

Seul celui qui se tait,
ressent l’identité infinie
du « QUI? » et du « QUOI? ».

Fulguration de la vie nue,
poussière et cendre des mots.

Le silence est l’acte de présence du silence.

(Michel Camus)

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