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Poésie

Archive for 2 avril 2018

Dieppe (Samuel Beckett)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



Dieppe plage  3

Dieppe

encore le dernier reflux
le galet mort
le demi-tour puis les pas
vers les vieilles lumières

***

Dieppe

again the last ebb
the dead shingle
the turning then the steps
towards the lights of old

(Samuel Beckett)

Illustration

 

 

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Partout où je vais (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018


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Dans la rumeur du fond
se fond notre propre souffle
Partout où je vais le silence
malgré tout m’accompagne

(Michel Camus)

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CHORAL (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

CHORAL

Henni par le silex,
au train de rêve qui te faisait galoper
sur le champ
envahi de trèfle :

le peu de
terre qui remonte péniblement
vers nous brisé
par l’aigre stridence du fifre
qui te fouaille, des millions de fois,
dans ton ultime
parole hérétique.

Lentement,
tu enfonces ton doigt dans la plaie
d’où ma voix
s’échappe.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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« Gardez la monnaie » (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

« Gardez la monnaie »
dit la poussière à l’or
et tout le monde dans la rue se retourna
comme s’il était arrivé quelque chose d’irrémédiable

(Georges Henein)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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À l’abri de l’insistante grisaille du brouillard (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

À l’abri de l’insistante
grisaille du brouillard, la haine, criée
sur les toits, au long
du jour, t’est restée proche. Nous
savions que le soleil
s’était insinué par les carreaux fermés
dans l’ébriété
seulement. Nous savions qu’un vide plus profond
était construit
par les goélands à grand renfort
de cris. Nous savions qu’ils
savaient que l’accostage était un mirage.
Et attendait,
depuis la première heure
où j’étais venu vers toi. Ma peau,
frémissante sous la lumière.
La lumière, se brisant au bout de mes doigts.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Les morts meurent encore (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

Les morts meurent encore : et en eux
les vivants. Tout l’espace,
et les yeux, pourchassés
par des objets fragiles, réduits
à leur usage.
Respirer est accepter
ce manque d’air, le souffle unique,
recherché dans les fissures
de la mémoire, dans l’écart qui sépare
cette langue de dissensions, sans laquelle la terre
aurait considéré sous de meilleurs auspices
l’aplanissement des vergers
de pierre. Même le silence
ne me traque pas.

(Paul Auster)

Illustration: George Woolliscroft Rhead

 

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Aveugles (André de Lorde)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

Nous sommes plus aveugles de tout ce que nous avons
que de tout ce que nous n’avons pas.

(André de Lorde)

Illustration

 

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Emotion (François David)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018




J’ai regardé dans “ émotion ”
et j’ai vu qu’il y avait mot
Ça m’a ému.

(François David)


Illustration retirée sur demande de l’auteur

 

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Police sécrète (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



Toute anguille
conduit

à la police sécrète
des eaux.

(Gérard Le Gouic)

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Nomade (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

Nomade —
jusqu’à ce que nulle part, fleurissant
dans la prison de ta bouche, devienne
tout lieu où tu es : tu
as lu la fable
qui était écrite dans les yeux
des dés : (c’était
le mot-météore, griffonné par la lumière
entre nous, cependant que nous, à la fin,
n’avions aucune preuve, ne
pouvions pas produire
la pierre). Les dés
maintenant reconnaissent ton nom. Comme pour dire,
où que tu sois
le désert est avec toi. Comme,
où que tu partes, le désert
est nouveau,
est en marche avec toi.

(Paul Auster)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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