Arbrealettres

Poésie

Elles ne demandent que de l’aide (Salvador Espriu)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Fra Angelico
    
Elles ne demandent que de l’aide
pour la tâche compatissante :
oindre d’arômes ce corps
qu’elles savent au tombeau.

« Quels doigts bougeraient
le grand poids de la dalle
à l’arrivée de l’aube ? Que viennent
nous consoler
de ce vide par nous veillé
des voix pleines de pitié ».

Immobiles, épouvantées,
elles regardent, écoutent et après
s’en retournaient à la ville.
Mais celle qui l’aime le plus
ressent soudain subtile douleur
en perdant, le voyant devant elle,
de fins alambics de solitude.

***

Elles demanen sols ajut
per acomplir la pietat
d’ungir d’aromes aquell cos
que dins el vas saben posat.

« Quins dits mourien
el gran pes de la liosa,
quan es l’alba ? Que vinguin
a consolar-nos
de la buidor vetllada
unes veus compassives. »

Del tot immòbils, amb espant
miren, escolten i després
ja se’n tornaven a ciutat.
Però la qui l’estima més
sent un subtil dolor sobtat
quand perd, veient-lo al seu davant,
fins alambins de soledat.

(Salvador Espriu)

 

Recueil: Cimetière de Sinera
Traduction: Mathilde et Albert Bensoussan et Denise Boyer
Editions: Ibériques

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