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Poésie

Archive for 10 avril 2018

APPAREIL DE LA TERRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration
    
APPAREIL DE LA TERRE

Les fondations
pleines de bêtes
de la maison du bord de route
font résister ses murs loyaux
poulaillers, clapiers
ruches pleines ou veuves
s’étendent au fond des horizons
amis, ennemis et des indifférents
égarés, réunis par leurs pas
retrouvent détours feuillus
raccourcis de prudence
carrefours à l’herbe haute
et parfois cherchent au grand soleil
la bravoure.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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PAROLES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

Illustration 
    
PAROLES

Une voix au détour du sentier
ayant prononcé les outrages
se tait par lassitude.
Sur une place où resplendit l’usure
des invités à gants blancs
écoutent un orateur
que l’on sait exilé.
Le sel s’est déposé
sur le galet ovale.
On entendra un jour l’histoire
de cet homme qui se dit heureux.
Au long du chemin de traverse
se courbent des branches
sans qu’il y ait de tombe à ombrager.
Deux vieillards se parlent enfin.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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JASON (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

Illustration: Lady de Sontay
    
JASON
A Jean Cocteau.

Quand les douaniers l’arrêtèrent,
Il fumait une pipe en terre.

Il leur dit, le rire mauvais :
« Si l’on vous demande où je vais,
Vous direz que je suis Jason. »

— C’était l’Homme de la Toison. —

(Mais, sans carte d’identité,
Il fut tout de même arrêté).

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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CANAUX (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Suzy Dohollo
    
CANAUX

La péniche berce
La mule aux grelots,
Au gré du falot
Le bois d’une perche.

— La lune au loin cherche
Son chemin sur l’eau —

Le marinier dort
Sous le faix du ciel.
De l’écluse au port,
Émeraude et miel :
(Du canal au ciel),
Le marinier dort…

Dérive des rives
Le bateau s’en va,
Mais un ange est là,
Debout sur l’avant
Et les mains au vent.

Ainsi ma vie coule,
Traverse la foule.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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IL EST UN AIR… (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
IL EST UN AIR…

Repoussant les forêts de l’encre
Où l’on entend bâiller les loups,
Pour vous, ce soir, je veux écrire
Un clair poème comme vous.

Margoton s’accoude à la broche
De puits; les étoiles y font
Un autre ciel. Passe. Obéron
Fait tinter les clés dans nos poches.

Nos coeurs sont las; une fontaine
D’où la bonté ne jaillit plus,
La pluie m’a cloué sur la plaine
Où ruissellent mes membres nus.

— Survint un immense amour.
Ce n’est qu’en tournant autour
Que j’en connus l’étendue. —

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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AMOUR DE MAI (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
AMOUR DE MAI

Le chien du boulanger
Est maigre comme un clou,
Mais celui du boucher
Est gras et rond comme une pomme de terre.

Petite mère, prenez garde à vous,
Petite mère, prenez garde à vous.

Ô que la vie est douce
Sur ce vieux banc de frêne.
Qu’il me soit pardonné,
J’y ai beaucoup aimé :

Un visage si pur,
Des yeux clairs, une eau calme,
Un moineau sur un mur…

Petite mère, prenez garde à vous,
Petite mère, prenez garde à vous.

Mon coeur est si léger
Que je l’entends à peine,
Mon coeur est si léger
Quand il n’a pas de peine;

— Mais il n’est plus tout, tout à vous
Petite mère, prenez garde à vous —

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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SORTILÈGES VUS DE LOIN (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
SORTILÈGES VUS DE LOIN

Choses pleines de douceur,
Choses pleines de tendresse,
— Les grenouilles, les souris —
Je songe à vous quand m’oppressent
Les caresses de Paris.

Aux poissons dans les clairières
Et dans l’aube des rivières,
Au bruit des écluses d’eau…
Les cloches au bord du soir
Et les forêts immobiles
Où chassent trop de regards.

Cette mer des sortilèges
A tant baigné mon enfance
Que je reste sans défense
Devant ses bateaux de liège,
Contre ses armées de roses,
Sur ses abîmes où rôde
Une salamandre d’or…

Une chanson d’étincelles
Naît du feu, monte et s’endort.
Les roses tremblent dans l’eau,
Sur ce jardin qu’elle émeut,
En riant de ses pieds nus
Et de barques sur les fleuves
Fraîches de chants reconnus.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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AGONIE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Jacqueline Fabbri
    
AGONIE

Au chevet du sommeil c’est la porte du mort
Par où l’âme s’en va sans bruit.
Une agonie d’aigles de feu
S’ébat sur la blancheur des draps.
Il faudrait un peu d’eau fraîche;
Il faudrait qu’une main
Caresse ce visage
Déjà mordu, la peur au coeur et l’angoisse à la gorge.
Il faudrait qu’un soleil le prenne dans ses yeux,
Il faudrait qu’une mer l’arrose de ses cruches,
Il faudrait qu’un buisson de nos prairies mortelles
Le cache à son regard anxieux.

Songe aux fumées perdues dans la douceur des soirs,
Blé du ciel immobile et fauché par les cloches;
Songe aux bruits de la vie, songe à l’amour, ô coeur,
Ô coeur qui ne veut pas se rompre, ô coeur de proie.

Mais te voilà déjà tout blanc, comme un baigneur
Pris dans les harpes d’eau, la lumière éternelle.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON DU LOUP ET DE LA BERGÈRE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
CHANSON DU LOUP ET DE LA BERGÈRE

Les guitares, les cithares
Les tambours et le printemps,
Les vielles, les violes…
Mais la reine d’un sourire
Brise ces vergers chantants :

« Ta chèvre est dans le trèfle, Maria,
Ta chèvre est dans le trèfle
Dans le trèfle du roi, Maria,
Dans le trèfle du roi. »

« Va la chercher, ma chèvre,
Mon beau chien de berger.
Tu auras du pain d’orge
Et des os à ronger. »

Quand il fut à la chèvre
Les loups l’avaient mangée.
Ma bergère, bergeronnette,
Ma bergère en a pleuré.

Ma bergère, bergeronnette,
Ma bergère en a pleuré.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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SIGNES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



    

SIGNES

Je reconnais la saison
A la fumée, aux nuages,
Aux rives de l’horizon,
A la douceur des visages.

Je retrouve ta présence
Un peu, tout près, partout,
Comme une grande innocence,
Comme une étrange rivière,
Qui se jouerait de ses bords
Et traverserait la mort
Sans toucher aux cimetières.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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