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Poésie

Archive for 19 avril 2018

Que c’est touchant! (Kamakura Udaijin)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



En ce monde,
Puisse-t-il en être toujours ainsi!
Que c’est touchant! Avec un câble de halage,
Le petit bateau que les pêcheuses
Font avancer en ramant le long du bord!

(Kamakura Udaijin)


Illustration: Hokusaï

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Soleil levant (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



 

ombre-arbres

Les herbes
ont des ombres d’arbres.
Soleil levant

(Anne Tardy)

Illustration

 

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Echassiers (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



 

grues

Echassiers
pris au piège,
grues dans la ville

(Anne Tardy)

 

 

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Même les regards humains (Minamoto no Muneyuki Ason)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Dans un village des montagnes,
La solitude de l’hiver
S’augmente encore,
Si l’on songe qu’ont disparu
Même les regards humains, même les herbes.

(Minamoto no Muneyuki Ason)


Illustration: Hokusaï

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Mer couleur de terre (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



 

 

estampe

Mer couleur de terre
ciel couleur de fer
et en plus le vent!

(Anne Tardy)

Illustration

 

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Le bruissement polyglotte (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



 

Le bruissement polyglotte
des prières
incompréhensibles et ferventes

(Anne Tardy)

Illustration: © Lara « Tous droits réservés »

 

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Je nage ou je vole? (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



M. Alberich Mathews  qhrz

 

Eau claire,
ciel clair,
je nage ou je vole?

(Anne Tardy)

Illustration: M. Alberich Mathews

 

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NOCTURNE (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



 

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NOCTURNE

J’habite les reflets d’un vieux canal qui tremble
Fenêtres sans rideaux faites de frissons d’eau
Palpitations des murs couverts de grands lambeaux
De dentelle menue que percent les oiseaux
Hirondelles d’été qui deviendront mouettes

On a levé le pont pour que le soleil passe
L’horizon comme un mort laisse un monde d’encens
Quelques notes
des gouttes
lentes à nous atteindre
A travers les rumeurs mal éteintes du jour
Un remorqueur entraîne les dernières lueurs

On n’allume plus les fanaux tout autour
De l’endroit où viendra se refléter la lune
Quand les arbres éteindront leur torche dans la brume

Comme un coucher de voiliers noirs au fond des eaux
La nuit n’a plus de mâts pour promener ses lampes
On tend partout des chaînes dont sonnent les anneaux

C’est la nuit le canal déjà rêve plus haut
Des noyés de naguère atteignent la surface

O nuit je sais qu’au loin la houle infranchissable
Qui errait sur les mers est maintenant en rade
On ne peut plus partir le canal est réduit
A cette flaque étroite égout du clair de lune
Beaux bateaux échoués dans la boue du port
Vous êtes condamnés ne cherchez plus le nord
Grands coquillages noirs on entend dans vos cales
Non le chant du travail mais la rouille qui râle

Le désespoir est une retraite salutaire
Un sommeil volontaire aux rêves dirigés
On ferme les yeux le temps d’y voir plus clair
On ouvre les yeux le monde est transformé

L’abîme s’ouvre à pic au bord de la fenêtre
Le balcon ne domine que le vide ou peut-être
Deux fleuves l’un de nuit l’un de lait l’un est mort
L’autre naît à peine ce n’est qu’un brouillard qu’une haleine
De la mer traversant tout le pays qui dort

Ces fleuves sont unis où l’homme en lui les mêle
Pour t’embellir ô nuit d’un pavillon rebelle

(Ernest Delève)

Illustration

 

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PÈLERINAGE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




PÈLERINAGE

J’ai appelé, appelé comme l’heureuse naufragée
appelle les vagues tortionnaires
qui connaissent le nom véritable
de la mort.

J’ai appelé le vent,
je lui ai confié mon désir d’être.

Mais un oiseau mort
vole vers le désespoir
au milieu de la musique
lorsque sorcières et fleurs
coupent la main de la brume.
Un oiseau mort appelé bleu.

Ce n’est pas la solitude avec des ailes
mais le silence de la prisonnière,
mais le mutisme des oiseaux et du vent,
mais le monde fâché de mon rire
ou les gardiens de l’enfer
qui déchirent mes lettres.

J’ai appelé, j’ai appelé.
J’ai appelé vers jamais.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: René Magritte

 

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AVOIR (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Oleg Korolev - (57)

AVOIR

Je puise un fleuve à la fontaine
Je traîne un désert dans la ville
J’ai un émetteur de mirages
Où s’affranchissent les esclaves
Dès qu’ils boivent de mon eau

J’ai des ombres qui lessivent
Dans les étoiles des lavoirs
Toutes les traces de sang d’homme
Le sang des femmes des enfants
Je n’ai rien pour l’effacer

J’ai des remords un peu partout
J’ai des larmes dans les yeux
J’ai un recueil de désespoirs
D’un temps dont j’ai séché les fleurs

J’ai des refuges secrets
Pour les ennemis de la misère
J’ai des lieux de réunions sûrs
Pour les conjurés

J’ai un choeur de neuf sibylles
Pour prédire le beau temps
J’ai des observatoires
Pour le monde nouveau

J’ai des formules de pacte
Pour lier l’homme à ses semblables
Et des oubliettes absolues
Pour tous les parjures

J’ai des lampes pour déchiffrer
Les faux contre l’homme
J’ai assez d’amour
Pour supporter la vie

J’ai dans mon paradis
Les battements de cils
Qui arrêtent les larmes
Des femmes indomptables
Sous l’humble tablier
Dans leur patience d’ange
Mortes en captivité

J’ai un pape dans mes étables
Des rois des banquiers des faux frères
J’attends un fleuve salutaire
Pour nettoyer toute la terre

J’ai un phare qui éclaire
Si loin le profond avenir
Qu’on voit même les plus humbles
Devenir les égaux des plus grands

(Ernest Delève)

Illustration: Oleg Korolev

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