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Poésie

Archive for 27 avril 2018

J’ai rêvé ma vie (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018




J’ai rêvé ma vie

J’ai rêvé ma vie
les yeux grands ouverts
me suis réveillé
quand c’était l’hiver

La neige était là
le ciel était gris
le vent était froid
je n’ai pas compris

Mes beaux soirs d’avril
que j’avais rêvés
où donc étaient-ils
j’en aurais pleuré

Faites-moi plaisir
commencez sans moi
laissez-moi dormir

… j’étais fait pour ça…

(Francis Blanche)

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L’enraciné (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Sophie Bazin
    
L’enraciné

Si ne s’ouvrent
Les ailes de ton coeur

S’il ne s’envole en toi
L’enraciné

Comment sauras-tu chanter ?

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Un seul bourgeon (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Laura Zollar
    
Un seul bourgeon
Nous fait renaître
En lui s’enclôt
Tout l’éternel

L’obscur jardin
De nos tendresses
Resplendit
D’enfants et de fleurs

L’ange dans l’arbre
Se redresse
Et regarde
A travers nos coeurs.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Lui et moi (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018




    
Lui et moi grandissons
D’une même espérance

A mon souffle il se mêle
Je suis sa sève
Il est mon sang

Je dors dans ses racines
Sous ma peau son cœur bat

Je suis sa voix
Il est mon chant.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Don Quichotte mon ami (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
Don Quichotte mon ami
Rejoins-moi à travers les années
Et que les eaux naïves s’écoulent
Aussi claires que tes paroles,
Inoubliable langage de joie.
Don Quichotte mon ami
Traverse l’automne avec ton printemps
Et la tristesse avec ton bonheur affligé
Qu’importe que ce soit difficile,
Pénible et douloureux, qu’importe !
Efface vite l’automne.
Et que les arbres les enfants
Se mettent à chanter comme des oiseaux,
Et qu’un joyeux tonnerre
Illumine notre maison.
Apporte-nous un peu de ta grandeur,
Tes lèvres ayant bu la vérité,
Et nous te pardonnerons ton air ridicule
Et d’avoir pris les moulins pour des géants.
Rejoins-moi Don Quichotte,
Nous boirons dans le même verre,
Et le ruisseau de tes paroles
Comme une eau vive ranimera les morts.
Un sapin m’a soufflé à l’instant :
Don Quichotte c’est le printemps.

***

Друг мой, Дон-Кихот,
Приди ко мне сквозь годы.
И побегут наивные воды
Светлые как твоя речь,
И запомнится радости речь.
Друг мой, Дон-Кихот,
Пронеси весну сквозь осень
И скорбную радость сквозь грусть,
Пусть это трудно, пусть!
Пусть это трудно очень
Вычеркни осень.
И пусть по-птичьи
Запоют деревья и дети,
И веселый гром
Озарит наш дом.
Принеси нам свое величье
И губы пившие правду,
И мы простым тебе смешное обличье,
И то что ты принял мельницу за великана.
Приди Дон-Кихот,
Мы выпьем из одного стакана.
Ручей твоих речей
Живой водою мертвого оживит.
Мне сказала сосна:
Дон-Кихот это весна.

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Les gerbes en chantant (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018




    
Les gerbes en chantant comme des filles
Marchent ou plutôt sont un rêve debout.
L’automne et la forêt vont en visite
Sans savoir si pleurer ou rire tout à coup.
Et le ciel aussi pur qu’une rivière,
La montagne le hisse puis le lâche sans bruit.
Alors ouvrant sa bouche moutonnière
La brebis fait mine d’avoir compris.

***

Снопы как девки в поле c песней
Идут и нет, стоят и снятся.
И осень c лесом в гости вместе
Не знают плакать иль смеяться.
И неба чистого как речка
Подняв, гора вот вот уронит.
A вот раскрыв свой рот овечий
Глядит овца как будто ей понять.

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Battant des ailes (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Battant des ailes un corbeau peint dans le ciel.
Guinzburg dans les buissons épie Arina avec ses jumelles.
Voici que son corps blanc tel un lit de plumes se révèle,
D’une main potelée elle a jeté son jupon dans la corbeille,
Voici que l’autre main gratte ses chaudes cuisses,
Voici qu’avec ses seaux dans la rivière elle se glisse,
Ondulant et s’ébrouant toute vive
Voici qu’elle ramène seaux et cuisses sur la rive.
Le corbeau peint toile sur toile avec ses ailes,
Guinzburg dans les buissons épie Arina avec ses jumelles.

***

Ворона взмахами крыла пишет в небе картину
Гинсбург в длинный бинокль смотрит в кустах на Арину,
Вот уж раздела белое тело Арина похожее на перину,
Вот уж сорочку сбросила пухлой рукою в корзину,
Вот уж рукою другого чешет жаркие бедра,
Вот уж в воду идет, неся c собою ведра,
Вот уж колыхаясь и фыркая бодро,
Из речки на берег выходят и ведра и бедра.
Ворона летая все пишет и пишет картину,
Гинсбург в длинный бинокль смотрит в кустах на Арину

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Les hommes qui hantent les rêves (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration
    
Les hommes qui hantent les rêves,
Les arbres qui n’ont pas sommeil,
Les fleuves qui ragent et ragent,
Les mains dont on tombe amoureux.
Ah, dévaler boule de feu,
Ou vers la trouée dans la glace.
Ou comme dans un choc de trains
Mourir oiseau contre un oiseau.

***

Люди, которые снятся,
Деревья, которым не спится,
Реки, которые злятся,
Руки, в которых влюбиться.
Мне бы c горы бы сгорая
Или в прорубь c сарая.
Мне бы как поезд об поезд,
Птицей об птицу разбиться.

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Quelle angoisse (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Guennadi Gor
    
Quelle angoisse dans un сoeuг simple.
Les oies mouraient dans le vent épais.
Sans branches les buissons semblaient humbles.
Les ponts indécents hors fleuve se suspendaient.
Alors la mer s’est éteinte.
Et je suis
Resté sans univers,
Comme une huile sainte.

***

Какая тревога на сердце простом.
Умерли гуси в ветре густом.
Остались без веток пустые кусты.
Висели без рек бесстыдно мосты.
Вдруг море погасло.
Ия
Остался без мира,
Как масло.

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Poèmes de nuit, poèmes de jour (Anjela Duval)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Anjela Duval
    
Poèmes de nuit, poèmes de jour

Si j’écris à l’ombre de ma lampe
Des vers maladroits et creux
Avec ce petit outil mal assuré dans ma main lasse
Si j’écris le soir au dos d’enveloppes
Des poèmes humbles : camelote
Où l’on ne trouve que des fleurs sauvages…
Et quelques miettes d’amour.
Car tout cela je le fais pour ceux que j’aime.

Mais j’écris, moi, d’autres poèmes
Et ce n’est pas à l’ombre de ma lampe
Mais à la lumière du soleil
Ce n’est pas au dos d’enveloppes
Mais sur la poitrine nue de Celui que j’aime
Sur la peau nue du Pays que j’aime
Ce n’est pas avec un outil que j’écris
Mais avec des instruments d’acier.
Je ne parle pas de lance ou d’épée
Mes instruments sont de paix et de culture.

Je n’écris pas des vers de douze pieds
En comptant sur mes doigts
Mais de douze fois douze enjambées… et plus.
Mes vers, je les écris avec l’acier tranchant de ma faux
Andain après andain dans les cheveux blonds de mon Pays
Le soleil en fait des poèmes aromatiques
Que mes vaches ruminent pendant les nuits d’hiver

Mes vers je les écris avec le soc de la charrue
Dans la chair vivante de ma Bretagne, sillon après sillon
— J’y dissimule des graines d’or —
Le Printemps en fera des poèmes :
Mers d’émeraude ondulant dans la brise
L’été en fera des étangs d’épis
Le vent d’août les mettra en musique
Et le chœur de la batteuse me chantera
Les journées ardentes du huitième mois
Les journées de peine de poussière de sueur.
Mes Poèmes sacrés et… méprisés !

(Anjela Duval)

Découvert ici: https://ael56.blog/

Recueil:
Traduction: Paol Keineg
Editions:

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