Arbrealettres

Poésie

Libre passage (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Libre passage

Nue, elle était comme ces longues et lentes herbes,
immensément solitaires dans des savanes sans fin
que la mémoire ne sait plus où situer.
Toute la grâce était dans cette façon de plier une jambe,
dans cette douceur du fléchissement de la hanche consentante.
La nuque mystérieusement paraissait diriger un rituel
que le moment troublé ne traduisait que confusément.
Ses seins étaient des lampes que l’ombre de mes mains tempérait de tendresse.
La longue plage de son ventre ondoyait d’une houle intérieure…
Nous nous abimâmes souvent dans cette nuit d’éclairs et de vapeurs.

Il y a longtemps, bien longtemps, que nous nous sommes perdus de vue,
que nous ne savons plus nous rejoindre.
Parfois nous nous rencontrons, nous sourions, il reste une marge.
Mais maintenant pour combien de temps encore, pour combien de temps ?

(Robert Momeux)


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