Arbrealettres

Poésie

SÉRÉNADE TRISTE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



SÉRÉNADE TRISTE

Comme des larmes d’or qui de mon coeur s’égouttent,
Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.

Vous tombez au jardin de rêve où je m’en vais,
Où je vais, les cheveux au vent des jours mauvais.

Vous tombez de l’intime arbre blanc, abattues
Çà et là, n’importe où, dans l’allée aux statues.

Couleur des jours anciens, de mes robes d’enfant,
Quand les grands vents d’automne ont sonné l’olifant.

Et vous tombez toujours, mêlant vos agonies,
Vous tombez, mariant, pâles, vos harmonies.

Vous avez chu dans l’aube au sillon des chemins,
Vous pleurez de mes yeux, vous tombez de mes
mains.

Comme des larmes d’or qui de mon coeur s’égouttent,
Dans mes vingt ans déserts vous tombez toutes,
toutes.

(Emile Nelligan)


Illustration: Francine Van Hove

Une Réponse vers “SÉRÉNADE TRISTE (Emile Nelligan)”

  1. filamots said

    Un très beau poème, triste en recherchant des pistes avec les mots équilibre, harmonie.
    Je ne connais pas l’auteur. Ce matin il fait trop gris pour s’attarder sur la tristesse, je préfère rester dans des visions plus ensoleillées.

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