Arbrealettres

Poésie

Les demeures (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Les demeures

Je dors dans un palais de marbre et d’ambre,
le jour n’a pas soulevé ma paupière.
J’entends rôder tes pas de chambre en chambre
comme y rôdaient les matins de septembre
et mon sommeil s’emplit de ta lumière.

Mais t’entendrai-je encor si tu m’éveilles,
si tu m’ouvres les yeux pour ne rien voir?
Mes yeux ne sont pas faits pour le soleil.
Mon lendemain vaudrait moins que la veille
si tu montrais sans précaution ta gloire.

Puisque j’étais convié à tes demeures
je n’avais peur ni de toi ni des anges
mais je suis si peu fait pour ta splendeur
qu’il m’eut suffi d’être le maraudeur
qu’on laisse asseoir sous ton portail de grange.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :