Arbrealettres

Poésie

Images nuages (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



images nuages
tête pluie
le paysage est dedans
j’ai des collines dans les bras
la rivière
dort dans mes yeux
quand je me réveille j’ai
des oiseaux dans les cheveux

(Henri Meschonnic)

4 Réponses vers “Images nuages (Henri Meschonnic)”

  1. Lara said

    Il a fait beaucoup de recherches sur le rythme des mots Meschonnic
    Linguiste, philosophe,traducteur, enseignant,!! avec de riches racines russes juives, ..il n’avait pas peur de faire des vagues dans le milieu littéraire ..
    Une carrière des plus intéressantes
    http://www.arfuyen.fr/html/ficheauteur.asp?id_aut=1079

    • arbrealettres said

      GRAND merci Lara pour ce lien, un Grand Poète Meschonnic enfin un Poète comme moi je les aime! 😉
      Merci pour la bio mais aussi et surtout pour toutes ces belles et riches graines de Poésie que je vais m’empresser de porter sur le vent du Web lol!!
      J’adore plein de choses mais celle-ci quelle trouvaille! :
      « qui met son silence dans ses
      bras en dit plus que celui
      qui pousse les mots
      je l’entends je continue
      de l’entendre la voix qui
      s’ensilence
      est la plus forte »

      Bon wk… en Poésie! 🙂

      […] peut-être sans le savoir
      nous ne sommes que les syllabes
      de mots que nous commençons
      mais nul n’a la phrase entière
      le sens c’est seulement des bouts
      de sens que nous sommes ce qui
      manque
      pour faire la phrase c’est chez
      l’autre, l’autre l’autre
      ***
      partout où je me tourne je
      ne dois pas bien voir je ne
      vois pas ce que je vois je vois
      la joie de tout voir malgré
      tout ce que je ne veux pas voir
      j’ai quelque chose dans ma vue
      je ne vois que de la vie
      ***
      Je suis l’enfant je suis la
      foule qui pousse ses mains
      comme un arbre
      sort de moi
      et plein de cris je m’ouvre
      sans comprendre
      ce qui vient
      ***
      j’ai vu j’ai vu on était
      des petites parts du temps prises
      dans le soleil tant ce qui
      était à voir faisait de
      nous des fragments de lumière
      fondus l’un dans l’autre le
      paysage dans le corps
      le corps dans le paysage
      comme on n’avait jamais vu
      ***
      « j’entends/ce qu’on n’entend pas
      je sais qu’on ne l’entend pas
      que je suis seul à l’entendre
      ce sont les choses à venir
      et je les ai dans ma bouche
      mais je ne sais pas les saisir ».
      ***
      je ne sais plus qui parle
      qui couche se lève dans ma bouche
      se taire n’est pas assez
      parler est de trop
      je me cherche entre les deux
      comme pour voir les yeux se ferment
      mais je te trouve
      je n’ai plus besoin de dire
      ***
      plus il y a de
      silence dans un mot plus il
      va loin sous le bruit
      des langues
      ***
      je deviens
      ce que je vois
      les larmes du monde
      c’est moi
      ***
      le commencement du monde c’est
      nous en nous c’est tout ce qui
      se fait de nous sans que nous
      le sachions avec la fête
      dans les yeux dans les mains dans
      ce qui se passe de nous entre
      tout le temps de tous les corps ».
      ***
      et l’arbre
      c’est en moi
      qu’il pousse
      je continue
      en lui
      ***
      j’ombre en avançant dans la lumière
      ***
      je n’ai plus à chercher
      à comprendre
      puisque je suis
      moi-même
      l’inconnu qui arrive
      au sens ».
      ***
      moi la vie
      je marche
      de soleil en soleil
      ***
      se taire n’est pas assez
      parler est de trop
      je me cherche entre les deux
      ***
      pas tout entier visage
      non
      tout entier tous les visages
      je n’arrête pas de changer
      comme un instant met au monde
      son autre instant
      et j’ai du mal
      à vivre tant d’infini…
      ***
      seul je ne suis pas entier
      ***
      nous sommes en chemin
      de lumière
      ***
      j’étais juste sorti
      un instant
      et quand je suis
      revenu
      la terre
      n’était plus là
      ***

      même quand je marche
      je nous dors
      je marche parce que je
      sors de moi
      silence par silence
      notre chemin nous montre
      nous allons de nous en nous
      oui de rencontre
      en rencontre
      ***
      Je me connais
      c’est en toi
      je ne me répète pas puisque
      je vis
      de tous mes moi
      tous mes autres
      nous infiniment uniques
      ***
      La vie est la passante en nous
      ( …)
      la vie est « l’enfant dans nos yeux
      le sentir femme de l’homme en nous
      le sens de ce qui ne sait pas.
      ***
      aisser faire
      ne fait pas de bruit
      se taire
      ne fait pas de bruit
      mais tout ce silence
      de tous ceux qui se taisent
      fait un bruit à ne plus vivre
      mentir ne fait pas de bruit
      mais mentir mentir sur mentir
      finit par faire un bruit à ne plus
      s’entendre
      un bruit de fin du monde
      ***
      chacun
      est un soleil
      je le sais
      puisque je vais
      de lumière
      en lumière à
      chaque rencontre
      ***
      qui met son silence dans ses
      bras en dit plus que celui
      qui pousse les mots
      je l’entends je continue
      de l’entendre la voix qui
      s’ensilence
      est la plus forte
      ***
      Je suis vide
      pour t’accueillir
      je suis nu
      pour te vêtir
      j’ai des mots
      c’est pour me taire
      comment pourrai-je
      porte
      ouvrir
      à ce que je ne peux pas
      même
      nommer
      ***
      moi je sais
      le silence
      est celui qui joue
      musique
      ***
      ce n’est plus moi qui
      parle
      c’est l’inconnu
      en moi
      (…)
      la douceur de tenir
      l’inconnu main dans la main
      (…)
      l’inconnu que nous cachions
      et dont les visages des autres
      sont le visage
      celui
      que je cherche ou qui me cherche
      ***
      je suis devant un mur
      sur lequel je me déchiffre
      pierre après pierre
      je m’y reconnais
      j’y retrouve tous mes visages
      ***
      et toi en moi nous tournons!
      donnant le bras au soleil
      ***
      quand tu tombes
      je tombe aussi
      ***
      je parle en te dormant
      ***
      la vie je cours
      après une mèche de cheveux
      ***
      je touche une feuille
      toute la part de l’arbre
      passe en moi
      je sens avec
      je me déborde
      ***
      tu es là et je suis là
      les yeux fermés du bonheur
      ***
      la vie
      chaque moi elle est nouvelle
      chaque toi tu me recommences
      ***
      la vie
      qui nous passe
      demain dessus demain dessous
      sans savoir où nous allons
      ***
      Je crie et c’est toi qui sors
      De mon cri
      Je ne sais plus qui tombe
      Mes moins ne serrent
      Que du silence
      ***
      la ronde de la vie : « C’est quand elle s’arrête / Que je suis arrivé ».
      ***
      les arbres avancent
      Plus vite que moi
      je dors ma veille
      ***
      chaque passant et passante
      vit en moi
      quelque chose que je ne sais pas
      change en moi
      s’augmente en moi
      c’est ma foule en moi
      des flots de moi à sentir
      sentir
      ***
      je fais du feu
      quelque chose de moi
      est dans ce feu
      la flamme me monte
      ce feu c’est mon image
      c’est pourquoi je me regarde
      dans ce feu
      ***
      Puisque je suis ce buisson
      (extraits)

      je ne suis pas où je suis
      les choses en savent
      plus que moi
      je continue un passé
      je continue un futur
      le présent
      contraire à toutes
      les promesses tous les savoirs
      le présent s’est absenté
      il doit être à portée
      de souffle
      à toucher du doigt
      mais je n’y suis pas encore
      *

      aujourd’hui ce sont les mots
      qui se retirent et je reste
      au bord des mots je ramasse
      des cassures du temps roulées
      dans la mémoire
      lisses
      comme nous
      je les garde dans ma main
      pour me souvenir
      et nous

      Tout entier visage
      (extraits)

      c’était quoi
      comprendre
      une
      fois
      cet arbre me comprend
      et moi quand je prends des yeux
      j’ai mal aux autres
      loin n’est plus loin
      moins je sais
      mieux je comprends

      *

      la vie envoie de la vie
      à chaque regard chaque nouveau
      visage est le visage de
      notre vie les yeux partout
      des démesures du plaisir
      le monde
      s’endort
      dans mes yeux
      pas moi

      Et la terre coule
      (extraits)

      et nous avons mis le temps sous nos pieds
      et nous avons
      marché marché plus d’une vie
      une vie une vie plusieurs vies
      pas assez des yeux pour voir
      pas assez des mains pour prendre
      pas assez de nous pour vivre
      et nous avons trouvé des
      naissances sur des naissances
      c’était il y a un instant
      demain
      c’est là que nous sommes
      les visages se transforment
      si vite
      que les yeux mangent les lèvres
      je me rendors le visage
      mais je veille de toute ma peau
      et je sens dessus des mondes
      c’est la foule que nous faisons
      le chemin que nous devenons

      *

      j’ai tellement regardé regardé
      les autres qu’ils sont une part
      maintenant de mon regard
      ma peau tout entière est regard
      mes mains sont des yeux
      mes yeux
      sont des mains
      et je marche visage
      de vie en vie
      être le monde n’a pas de fin
      à mon plaisir
      j’avance sans savoir
      plus je suis en moi moins je
      me fais à l’idée que j’ai de moi
      tellement j’entre chez tous
      ceux que j’aime
      que je suis en chemin d’infini

      De monde en monde
      (extraits)

      tellement je suis
      dans tous les yeux où tu es
      je ne sais plus où je suis
      mes mains te suivent
      tu es habillée de mes regards
      nous sommes ensemble
      des patients de la vie
      c’est nous que nous attendons

      *

      je ne cours pas après la vie c’est elle
      qui me croise et me recroise
      à chaque regard chaque rencontre
      j’en ai dans toutes mes mains
      je la crie de tous mes yeux
      et elle s’endort dans mes bras
      j’en perds le compte du monde
      je ne fais plus de différence
      entre la mémoire et
      l’oubli

      *

      c’est à ne plus savoir ce
      qui sépare
      les grains de bonheur
      et les coulées de douleur
      et on attend ce qu’on ne sait pas
      on est du temps
      qui s’est arrêté

  2. Lara said

    Waouh ! quelle récolte fructueuse à faire passer !! 😀

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