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Poésie

Archive for 1 mai 2018

DE LA FENÊTRE OCCIDENTALE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
DE LA FENÊTRE OCCIDENTALE
Ouan-Tchan-Lin

A la tête de mille guerriers furieux, au bruit forcené des gongs,
mon mari est parti, courant après la gloire.

J’ai d’abord été joyeuse de reprendre ma liberté de jeune fille.
Maintenant, je regarde de ma fenêtre les feuilles jaunissantes du saule ;

à son départ, elles étaient d’un vert tendre.
Serait-il joyeux, lui aussi, d’être loin de moi ?

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LES ADIEUX (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    LES ADIEUX
Li-Oey
Le grand Chef est parti pour la guerre ;
avant le premier mouvement de son cheval, sa femme lui a donné une étoffe de soie.

« Emporte, en souvenir de moi, cette étoffe où j’ai brodé des caractères,
et ne t’attarde pas trop longtemps ;

Car voici le moment de la pleine lune, et chaque jour lui ôte un morceau de sa rondeur ;
Ainsi le temps cruel fera décroître ma beauté.  »

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LA CONDUITE DE LA BÊTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Illustration: Catherine Herbo
    
LA CONDUITE DE LA BÊTE

On vient enfin sortir
de sa bauge assombrie
la bête sans remords
au poil lissé et lustré
son oreille a frémi
et des milliers comme elle
ont traversé les siècles avec lenteur
il a gelé à pierre fendre
au plus noir des celliers
et même dans les chambres
mais un soleil pâle
va bientôt se montrer
sur l’immense route de l’hiver.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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SAULE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Illustration: Dominique TREMOIS-CHAZOT
    
SAULE

Le miroir au fond des chambres
voit s’écheveler dehors
un saule en proie à l’ondée.

Un miroir au fond du coeur
voit s’agiter les futurs.

Mais le passé dort
comme un vieillard sur un banc,
comme un soldat tué.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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DRAPS (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
DRAPS

Les draps sur la corde,
le vent le long des rosiers.
Le vent vient rider les draps.

Il querelle les marguerites,
Il va chercher un nuage,
des nuages.

Noir le ciel sur l’horizon.
L’averse à grands pas.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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SILENCE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
SILENCE

L’ombre tourne sous le hêtre
sans que le soleil descende.
Le soleil stagne au zénith,
les pommiers plient sous leur charge.

La respiration d’une herbe,
le chemin secret des taupes,
la fumée droite et tranquille
d’un hameau qui brûle au loin.

Sous le silence on entend
un autre silence.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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RESPIRE ENCORE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
RESPIRE ENCORE

La trahison sait emmurer le coeur
mais les prés et les bois là-bas sont libres.
Les soirs sont les barreaux de ta cellule
mais l’air t’apporte encor l’odeur des roses.

Respire encore, ô coeur, comme un feuillage
qui se balance à peine avant l’orage
ou qui s’égoutte après l’assaut des pluies.

Ou laisse au moins s’effeuiller ce langage
longtemps dans l’ombre ainsi qu’au loin les roses.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Présente Eternité (Pedro Salinas)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Illustration: Oleg Zhivetin
    
Présente Eternité

Peu importe que tu ne sois pas là,
peu importe que je ne te voie pas.
Avant je t’embrassais,
avant je te regardais,
dans l’attente de toi
dans la faim pressante de toi.
Aujourd’hui je n’attends rien
des mains ni des yeux :
quelle dernière preuve ?
Etre à tes côtés
c’est ce que je voulais de toi,
oui, près de moi,
oui, mais au dehors.
Il me suffisait
de sentir tes mains
dans le don de tes mains,
de sentir un présence
de tes yeux à mes yeux.
Ce qu’à présent je veux de toi
c’est autre chose, tout autre chose
qu’un baiser, qu’un regard :
c’est que tu sois plus proche
de moi, au-dedans de moi.

(Pedro Salinas)

 

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Dans une maison grise (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
Dans une maison grise et la clarté d’une chambre
elle vit, elle marche en silence, respire en silence,
ses regards allument la clarté des jours
dans la chambre, la nuit la maison a l’air sévère.

Elle rougeoie dans cette lumière opaline
qui vacille le jour sur les maisons de la ville,
visage et chevelure encadrés par la fenêtre
comme une fleur rouge de feuille et de lumière.

Le soir dans le noir souvent elle pleure,
heureuse de la chaude obscurité.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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Tu vois je t’aime (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
Tu vois je t’aime,
je te trouve si gentille, si légère —
tes yeux sont si lumineux,
je t’aime, je t’aime.

Et ton nez ta bouche et tes cheveux
et tes yeux et ton cou avec
ton petit col et ton oreille
et la mèche devant.

Tu vois j’aimerais tant
être toi, mais c’est impossible,
la lumière t’entoure, tu es
tellement ce que tu es.

Oh oui, je t’aime,
Je t’aime tant,
Je voulais tant te le dire —
Mais je n’y arrive pas.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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