Arbrealettres

Poésie

SANS CONSISTANCE (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



SANS CONSISTANCE

Femmes de ma tendresse évadées
Femmes qui restez des proies
mais n’êtes plus pour mon désir
qu’inaccessibles damnations
Je me vieillis de vous

Femmes dont les formes parlent
un langage qui me veut sourd
Femmes dont le dédain fait ma faillite
Femmes accumulées dans mes silences
et dont la flamme brûle en moi
je me vieillis de vous

Graines qui ne naîtrez plus de mes mains
et dont les moissons m’échappent
Aurores dont l’indifférence m’ouvre la nuit
et qui mourrez impénétrées
ou mal serties
Aurores qui ne vivrez plus de ma lumière
je me vieillis de vous

Femmes avares gonflées de dons
Généreuses dont les mains sont prisonnières
d’une vertu ou d’un devoir
Femmes en marche vers d’autres hommes
et que le viol de mon regard
ne trouble plus
je me vieillis de vous

Femmes emportées sur des cycles
qui prenez le vent pour amant
Femmes dont les cheveux sont des sillages
me voici pour vous devenu
le fantôme d’un homme
je me vieillis de vous.

(Pierre Béarn)

Illustration

 

 

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