Arbrealettres

Poésie

Archive for 9 mai 2018

Je crois qu’il en reste encore (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

de l’air
l’espace
enfant ma chambre était
un monde de lumière
une chaleur émanait en bulle
alors…
le temps n’existait que pour les autres
et un silence me remplissait la bouche
maintenant — est-ce ailleurs ? — la froidure
l’espace qui se fige où tout peut aller très vite
ma chaleur… la chaleur…
toute petite se concentre en mon être
dans ma tête

je crois qu’il en reste
encore

(Arthur Bidegain)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui es-tu qui remplis mon coeur de ton absence ? (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Un étranger est mon ami, quelqu’un que je ne connais pas.
Un étranger loin, très loin.
A cause de lui mon coeur est en détresse.
Parce qu’il n’est pas près de moi.
Parce que peut-être il n’est pas ?

Qui es-tu qui remplis mon coeur de ton absence ?
Qui remplis la terre entière de ton absence ?

***

En främling är min vän, en som jag inte känner.
En främling långt långt borta.
För hans skull är mitt hjärta fullt av nöd.
För att han inte finns hos mig.
För att han kanske inte alls finns ?

Vem är du som uppfyller mitt hjärta med din frånvaro ?
Som uppfyller hela världen med din frånvaro ?

(Pär Lagerkvist)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je ne foule pas la corolle de merveilles du monde (Lucian Blaga)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Je ne foule pas la corolle de merveilles du monde
et je ne tue pas
avec ma raison les mystères rencontrés
en chemin
dans les fleurs, les yeux, sur les lèvres ou les tombes.
D’autres avec leur lumière
anéantissent le charme caché dans l’insondable
obscurité des profondeurs,
mais moi,
avec ma clarté moi je fais croître l’inconnaissable
et comme la lune avec ses blancs rayons
loin d’amoindrir ajoute en tremblant
à l’envoûtement nocturne,
j’apporte moi aussi à l’horizon ténébreux
de vastes frémissement de mystère sacré,
et tout ce qui est incompris
se transforme en énigmes plus grandes encore
sous mon regard —
car mon amour englobe
les fleurs et les yeux, les lèvres et les tombes.

(Lucian Blaga)

Découvert ici: schabrieres

Illustration: Adrian Chesterman

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La violence de la poésie (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

La violence de la poésie
est calme et silencieuse
et pénètre loin —
jusqu’à l’os
jusqu’au blanc

***

The violence of poetry
is still
and goes deep —
to the bone
to the white

(Kenneth White)

Illustration: Adrian Chesterman

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’aime beaucoup les langues (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



J’aime beaucoup les langues,
mais celle que je préfère
c’est la langue des enfants
entre un et cinq ans.

(Alexandre Romanès)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Débris de coquillages bleus (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Débris de coquillages bleus
galets polis par les vagues
oyats des dunes
ne disent que l’essentiel —
l’esprit s’arrête

***

Blue shingle
smooth pebble
dune-grass
express only the essential
fix the mind

(Kenneth White)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

L’esprit se brouille de tant d’images (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

L’esprit se brouille de tant d’images
la plus haute poésie
est frappée
de pauvreté d’images
quand la lumière blanche
brille de son plus grand éclat
tous les objets s’effacent
le crâne comme un soleil

***

Many images blur the mind
the highest poetry
is stricken
with poverty of image
when the white light
is at its blindingest
all objects disappear
the skull like a sun

(Kenneth White)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Revient parfois la nuit (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Revient parfois la nuit

Celui qui meurt, il revient parfois
dans la nuit.

Il colle son visage près
du nôtre. il parle.

Mais on ne voit que ses lèvres
qui remuent, et son sourire.

Indéchiffrable.

Que fait-il ? flottant dans
l’idéal.

Près de l’oeil fermé, sous la peau très mince
du sommeil.

Entre la lumière et le noir.

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Alex Alemany

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Orfraie fou de bassan pétrel cul-blanc (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Orfraie
fou de bassan
pétrel cul-blanc
pélagiques et hyperboréens
mouettes tantriques
sur ces rives d’ascèse
ce sol abandonné
que nous hantons

***

Osprey
gannet
white-arsed petrel
pelagians and hyperboreans
tantric gulls
on this ascetic shore
the abandoned ground
we haunt

(Kenneth White)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un homme, il est mort (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Un homme, il est mort.
Sa barbe ne le sait pas.
Ses ongles s’allongent.

(Jorge Luis Borges)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :