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Poésie

Archive for 14 mai 2018

LE VÉSUVE (Emile van Arenbergh)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Pierre-Jacques Volaire _TheEruptionOfMountVesuvius1777 [800x600]

LE VÉSUVE

Le Vésuve, en la mer comme en un bleu miroir,
Mire son casque d’or aigreté de fumées,
Et le jet retombant des laves enflammées
Mêle une penne rouge à son panache noir.

Le Poète est semblable au volcan solitaire ;
En bas, la foule danse au bord des flots chanteurs,
Dans la blonde lumière et les molles senteurs,
Et demande à quoi bon ce stérile cratère.

Lui, que ronge en secret un feu toujours brûlant,
Sans cesse il sent la plaie ardente dans son flanc,
Il la sent jusqu’au fond de lui-même descendre.

Mais tout à coup, s’ouvrant dans l’ombre qui s’enfuit,
Et déchirant son sein, plein de flamme et de cendre,
Il allume, superbe, un soleil dans la nuit !

(Emile van Arenbergh)

Illustration: Pierre-Jacques Volaire

 

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C’est l’instant qui est éternel (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Jeanie Tomanek summoningthestorm

C’est l’instant qui est éternel

C’est l’instant qui est éternel : il n’a de fin
qu’hors de lui ; et en lui explosent
et les signes et les songes, de ce qui n’est pas
le temps dont l’auréole déjà s’atténue.

Le vent qui s’est fait impétueux
fond et le feu et la cendre, il tisse
dans son contre-instant le plus sec
son repos désormais impossible.

Je suis là, lui hurles-tu, je suis là
les nids sont pleins de déplumés
qui guettent leurs ailes à l’éclair
des tempêtes. C’est ce qui reste de moi

de ces instants fatals d’une fête
renfermé dans ses immortels numéros.
Le pied déjà, ne foule plus les traces
de sa dernière mue.

Tout est sommeil, jusqu’au bonheur
Dans cette métamorphose des formes
dans leur ultime réalité — qui sait ?

(Piero Bigongiari)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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MOURIR ENSEMBLE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Valentine Hugo

MOURIR ENSEMBLE

Ici dans ce lit
Creusé par l’amour
Pour qu’il puisse contenir le corps de l’amour
Qu’il soit comme un lit et comme une tombe

Ici je te ferai mourir, tu me feras mourir
Dans un profond baiser mortel

Ils viendront forcer la porte et nous trouver
Ils ne pourront pas relever les corps
Ils ne pourront pas ouvrir nos visages.

(Georges Themelis)

Illustration: Valentine Hugo

 

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Ils ne reviendront plus (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Ils ne reviendront plus

Quand reviendront les fossoyeurs devant la tombe d’Ophélie ?
Ophélie n’est pas encore dans son immortelle tombe ;
ce sont les fossoyeurs qu’on y mettra si le cheval blanc le veut.
Et le cheval blanc ? il vient chaque jour brouter les cailloux.
C’est le cheval blanc de l’auberge du Cheval-Blanc devant la tombe.
Il a trente six côtes. La tombe est une fenêtre ouverte sur le mystère.

(Max Jacob)

Découvert chez Lara ici

Illustration: John Everett Millais

 

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Au foyer de l’instant (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018


Bougie


Nous qui mourrons peut-être un jour
disons l’homme immortel
au foyer de l’instant

(Saint-John Perse)

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L’onde tremble comme une moire (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Nicole Helbig ca0

L’onde tremble comme une moire
De ténèbre à travers la nuit,
L’onde profonde, sourde et noire,
Où tout à coup la lune luit.

Du fond des eaux la lune attire
De pâles, longues, frêles fleurs,
Qui montent, s’ouvrent et se mirent
Dans son impalpable splendeur.

Mystérieusement écloses,
Comme un mortel pressentiment,
Dans l’onde et la lune elles posent
Leurs longs et pâles flambeaux blancs.

Il semble, au delà de la vie,
Et cependant à mon côté,
Que quelque être étrange m’épie,
Invisible dans la clarté.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Nicole Helbig

 

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Et qui donc pense à ton visage? (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Toutes les larmes sans raison
Toute la nuit dans ton miroir
La vie du plancher au plafond
Tu doutes de la terre et de ta tête
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d’ici
Et de l’espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible.

Et qui donc pense à ton visage?

(Paul Eluard)

 

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Les caresses des yeux (Auguste Angellier)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018


caresse

Les caresses des yeux sont les plus adorables ;
Elles apportent l’âme aux limites de l’être,
Et livrent des secrets autrement ineffables,
Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.

Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d’elles ;
Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;
Rien n’exprime que lui les choses immortelles
Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.

Lorsque l’âge a vieilli la bouche et le sourire
Dont le pli lentement s’est comblé de tristesses,
Elles gardent encor leur limpide tendresse ;

Faites pour consoler, enivrer et séduire,
Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !
Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?

(Auguste Angellier)

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DÉPASSER LE SILENCE (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

DÉPASSER LE SILENCE

Sous un envoûtement de ciel
rivalisant avec leurs dieux
d’intranquilles mortels s’avancent
en équilibre de passeurs
pas à pas risqué sur un fil

Dans l’enclos cerné de branchages
ils voudraient décrypter le sens
de l’intraduisible dialogue
qui vibre entre lumière et feuilles
aux seules sommations du vent

De nous que peut saisir un arbre
hors de la moindre appréhension
dans son mutisme enraciné
et son ruissellement de sèves
sous les nervures de l’écorce?

Grevé d’anneaux et d’années
en secret l’aubier se souvient
de chaque saison d’opulence
ou de rigueur et de disette
fibres criblées de mitraille

(Jean-Claude Xuereb)

 

 

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Broussaille (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Je m’enfonçai
vers l’heure mortelle.
Heure de l’agonie
et des derniers baisers.
Heure grave que rêvent
les carillons captifs
Coucous
sans coucou.
Etoile de rouille
énormes papillons
livides.
Par le bocage
des soupirs
vibrait
le violon
que j’avais enfant.

Il te faudra passer par là
mon coeur!
Par là
mon coeur!

(Federico Garcia Lorca)

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