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Poésie

Archive for 18 mai 2018

Il est autour des êtres (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Il est autour des êtres une ligne secrète,
Épris ou passionné, on ne la franchit pas,
Les lèvres ont beau s’unir dans un silence terrible,
Et l’amour déchirer le coeur.

L’amitié même est sans pouvoir, ici, et les années
De grand, d’ardent bonheur,
Quand l’âme est libre, indifférente
Au lent abandon de la volupté.

Fous ceux qui cherchent à l’atteindre, et ceux
Qui l’ont touchée, la nostalgie les frappe…
Tu comprends maintenant pourquoi
Mon coeur ne bat plus sous ta main.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Chanson au noir de la nuit (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Chanson au noir de la nuit

Dans l’oeil de solitude
Du puits vide où je suis
Jamais âme n’élude
Ses aveux de minuit.

Chaque nuit, tu l’endeuilles
D’un crime, ô Barbe-Bleue.
Je ne dors que d’un oeil
Dans l’amitié d’un feu.

Cette chienne de nuit
Offerte aux chiens errants
Qui aboient au néant
Pue la souille et la suie.

Un iceberg de noir
Se dilue dans la pluie
L’aube qui s’y appuie
Le suce et va le boire.

(Bernard Lorraine)


Illustration

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Mon amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018


arton8036

Mon amitié est pour le narcisse
mais mon amour est pour une autre fleur
que je ne nommerai pas

(Adonis)

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La mélancolie de Pierrot (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



La mélancolie de Pierrot

Le premier jour, je bois leurs yeux ennuyés….
Je baiserais leurs pieds,
À mort. Ah! qu’elles daignent
Prendre mon coeur qui saigne!
Puis, on cause…. — et ça devient de la Pitié;
Et enfin je leur offre mon amitié.

C’est de pitié, que je m’offre en frère, en guide;
Elles, me croient timide,
Et clignent d’un oeil doux :
« Un mot, je suis à vous! »
(Je te crois) Alors, moi, d’étaler les rides
De ce coeur, et de sourire dans le vide

Et soudain j’abandonne la garnison,
Feignant de trahisons!
(Je l’ai échappé belle!)
Au moins, m’écrira-t-elle?
Point. Et je la pleure toute la saison….
— Ah! j’en ai assez de ces combinaisons!

Qui m’apprivoisera le coeur! belle cure …..
Suis si vrai de nature
Aie la douceur des soeurs!
Oh viens! suis pas noceur,
Serait-ce donc une si grosse aventure
Sous le soleil? dans toute cette verdure…

(Jules Laforgue)


Illustration: Antoine Watteau

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VIDONS NOS VERRES (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



trinquer

VIDONS NOS VERRES

Buvons ce soir tout notre soûl
Oublions demain devant la coupe
J’apprécie votre accueil si hospitalier
le gobelet rempli de votre amitié

Attention à ce que la nuit printanière soit courte
Les verres ne sont jamais trop pleins
Trinquons une fois encore
A notre vie qui passe comme l’éclair

(Wei Zhuang)

 

 

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AMIS D’AMOUR (Bernard de Naillac)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration: Odile Wysocki-Grec
    
AMIS D’AMOUR

Restons amis, veux-tu? Rien qu’amis. L’attitude
En vaudra mieux, crois-moi, que de trouver un jour
Le premier abandon qui fait la solitude,
Nos sentiments fanés, d’anciens rêves d’amour !

Je suis émerveillé d’un rêve, que j’ignore…
Je crois en toi, mais davantage en l’amitié.
Restons ainsi, pour être un peu pareils encore :
N’est-ce pas suffisant, le bonheur à moitié ?

Amis, n’est-ce pas beau? Le soir ardent qui frôle
M’émeut profondément, ô mystère caché !
J’ai posé doucement ma tête à ton épaule :
Ton visage n’en est plus doux ni plus fâché…

Et c’est un geste las dont l’amour est complice ;
Tout bas, nous nous disons : un geste indifférent !
Cela parait une eau qui se sille et se lisse,
Quand le désir, parfois, apporte son courant.

Puis nous disons des mots quelconques… Nonchalance
D’un langage d’amour, dans les soirs éperdus.
Et nous nous comprenons avec des yeux d’absence,
Et ces mots — semble-t-il — étaient ceux attendus.

(Bernard de Naillac)

 

Recueil: Etincelles

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La poésie n’aurait-elle plus rien à nous dire ? (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Zéno Bianu [800x600]

La poésie n’aurait-elle plus rien à nous dire ?
Ne serait-elle plus le lieu privilégié des interrogations humaines ?
D’Infiniment proche au Désespoir n’existe pas, dix ans ont passé.
Dix ans en prise avec le balancier de la vie.
Dix ans d’écriture.

Des poèmes de bord, comme autant de témoignages d’amitié, d’amour, d’admiration, de deuil.
Des poèmes animés par un pari farouche : transformer le pire en force d’ascension.
Des poèmes pour reprendre souffle et tenir parole.
Des poèmes pour ouvrir un espace aimanté, irriguer le réel dans une époque vouée à l’hypnose.

Transmettre quelque chose d’irremplaçable : une présence ardente au monde, une subversion féerique.
La poésie – ou la riposte de l’émerveillement.

(Zéno Bianu)

 

 

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Patience (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
Patience.

Aucune vision
Ne sera le havre.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et s’il ne s’accrochait plus à rien (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
Et s’il
Ne s’accrochait plus à rien,

A rien qu’à son désir
De s’accrocher.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chanteur (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration
    
Chanteur,
Il chante

Pour que de lui
Vienne sa lumière.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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