Arbrealettres

Poésie

Je ne t’ai pas perdu, hideux instant (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



 

Hans Christiansen  _4

Je ne t’ai pas perdu, hideux instant,
comme je le croyais; non !
Près de moi voici les fleurs vénéneuses
que fit s’épanouir en moi la passion,
enracinées en mon sang convulsé,
si belles dans leur brûlante tristesse!
Les voici, les voici et me faisant pleurer,
je ne sais pas si c’est de les avoir faites,
ou de les avoir faites, hélas, si belles !

***

¡No te he perdido, instante feo,
como creía; no!
Aquí tengo las flores venenosas
que me abrió la pasión, con raíz en mi sangre
convulsiva,
¡tan bellas en su cálida tristeza!
¡Aquí están, aquí están, haciéndome llorar,
no sé si por haberlas hecho,
o por haberlas hecho ¡ay! tan bellas!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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