Arbrealettres

Poésie

Archive for 4 juin 2018

La nature est morose (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
La nature est morose
Souvent, pour l’homme fourvoyé.
Si l’on est baisé par la rose,
Par l’épine on est tutoyé.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard
Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE ALCÔVE AU SOLEIL LEVANT (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: John Everett Millais
    
UNE ALCÔVE AU SOLEIL LEVANT

L’humble chambre a l’air de sourire ;
Un bouquet orne un vieux bahut ;
Cet intérieur ferait dire
Aux prêtres : Paix ! aux femmes : Chut !

Au fond une alcôve se creuse.
Personne. On n’entre ni ne sort.
Surveillance mystérieuse !
L’aube regarde : un enfant dort.

Une petite en ce coin sombre
Était là dans un berceau blanc.
Ayant je ne sais quoi dans l’ombre
De confiant et de tremblant.

Elle étreignait dans sa main calme
Un grelot d’argent qui penchait ;
L’innocence au ciel tient la palme
Et sur la terre le hochet.

Comme elle sommeille ! Elle ignore
Le bien, le mal, le cœur, les sens.
Son rêve est un sentier d’aurore
Dont les anges sont les passants.

Son bras, par instants, sans secousse,
Se déplace, charmant et pur ;
Sa respiration est douce
Comme une mouche dans l’azur.

Le regard de l’aube la couvre ;
Rien n’est auguste et triomphant
Comme cet œil de Dieu qui s’ouvre
Sur les yeux fermés de l’enfant.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À la belle impérieuse (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Joane Michaud
    
À la belle impérieuse

L’amour, panique
De la raison,
Se communique
Par le frisson.

Laissez-moi dire,
N’accordez rien.
Si je soupire,
Chantez, c’est bien.

Si je demeure,
Triste, à vos pieds,
Et si je pleure,
C’est bien, riez.

Un homme semble
Souvent trompeur.
Mais si je tremble,
Belle, ayez peur.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




Illustration
    
L’amour, où glissent les âmes,
Est un précipice; on a
Le vertige au bord des femmes
Comme au penchant de l’Etna.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je dis au sphinx formidable (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
Je dis au sphinx formidable:
Je parle à la rose, va-t’en

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Psyché (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Zinovy Shersher
    
Psyché dans ma chambre est entrée,
Et j’ai dit à ce papillon :
– « Nomme-moi la chose sacrée.
« Est-ce l’ombre ? est-ce le rayon ?

« Est-ce la musique des lyres ?
« Est-ce le parfum de la fleur ?
« Quel est entre tous les délires
« Celui qui fait l’homme meilleur ?

« Quel est l’encens ? quelle est la flamme ?
« Et l’organe de l’avatar,
« Et pour les souffrants le dictame,
« Et pour les heureux le nectar ?

« Enseigne-moi ce qui fait vivre,
« Ce qui fait que l’oeil brille et voit !
« Enseigne-moi l’endroit du livre
« Où Dieu pensif pose son doigt.

« Qu’est-ce qu’en sortant de l’Érèbe
« Dante a trouvé de plus complet ?
« Quel est le mot des sphinx de Thèbe
« Et des ramiers du Paraclet ?

« Quelle est la chose, humble et superbe,
« Faite de matière et d’éther,
« Où Dieu met le plus de son verbe
« Et l’homme le plus de sa chair ?

« Quel est le pont que l’esprit montre,
« La route de la fange au ciel,
« Où Vénus Astarté rencontre
« À mi-chemin Ithuriel ?

« Quelle est la clef splendide et sombre,
« Comme aux élus chère aux maudits,
« Avec laquelle on ferme l’ombre
« Et l’on ouvre le paradis ?

« Qu’est-ce qu’Orphée et Zoroastre,
« Et Christ que Jean vint suppléer,
« En mêlant la rose avec l’astre,
« Auraient voulu pouvoir créer ?

« Puisque tu viens d’en haut, déesse,
« Ange, peut-être le sais-tu ?
« Ô Psyché ! quelle est la sagesse ?
« Ô Psyché ! quelle est la vertu ?

« Qu’est-ce que, pour l’homme et la terre,
« L’infini sombre a fait de mieux ?
« Quel est le chef-d’oeuvre du père ?
« Quel est le grand éclair des cieux ? »

Posant sur mon front, sous la nue,
Ses ailes qu’on ne peut briser,
Entre lesquelles elle est nue,
Psyché m’a dit : C’est le baiser.

(Victor Hugo)

 

Recueil: La chanson des rues et des bois
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La beauté ne vaut rien (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
la beauté ne vaut rien
si elle ne se donne

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Ah ! si seulement (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Christian Girault
    
Ah ! si seulement je te trouvais là, seule avec moi !
Je te dirais un peu de tout ce que j’endure.
Ô Dieu, ménage-moi ce jour qui me verra gémir de trop aimer
et mes larmes jaillir comme autant de témoins !

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah ! Dis-moi ton bonjour, au moins de temps en temps (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
D’entre tous les mortels, c’est à toi que tend mon bonheur,
c’est toi, jour après jour, qui occupes mes rêves.

Chaque fois qu’un souci vient assaillir mon âme,
ton souvenir suffit à ma joie, à ma vie.

Me passer de toi, qui m’es tout ?
Autant, assoiffé, me passer d’eau claire

[…]

Je vois le soleil perçant sous ton voile
et, dans ton corps qui ploie, une branche de saule.

Ah! Si mon désir pouvait m’emporter jusqu’à toi !
Et comment voler, quand on vous a coupé les ailes ?

Mais peu m’importe d’être avec toi ou loin,
peu m’importe le jour, de rencontre ou d’exil :

Il me suffit que mon rêve te voie,
où que tu sois, matin ou soir.

Je te dois cette âme jamais exempte de tristesse,
ce coeur jamais libéré de l’amour.

Ah ! Dis-moi ton bonjour, au moins de temps en temps,
et quand ce ne serait qu’en un souffle du vent !

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

O musc parsemé (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Alexandre Cabanel
    
O musc parsemé, soleil du matin,
rameau de saule, blanche gazelle du désert,
Je n’ai pas d’autre espoir que celui de te plaire,
et de tout autre espoir je m’interdis l’accès.

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :