Arbrealettres

Poésie

Marée (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Marée

La vie se retire,
Tire ses galets:
Par cette marée
Le désert empire.

Epaves, larcins,
Monstres affalés,
Feuillages brûlés
Des arbres marins

S’entassent, s’emmêlent
Dans les plis salés
Du sable léché
Par l’ennui du jour.

L’ombre défendue.
Le chant qui défaille.
Une coque bâille
Au vent qui la tue.

Le soleil dévore
De pâles méduses.
La mer au loin s’use
En jeux incolores.

Trop tard si la force
Un instant perdue
S’amasse et reflue
Vers la rive sèche:

La vague ne sent
A ses lèvres bleues
Que le baiser creux
De mille ossements.

(Jean Joubert)

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